Regard sur le temps


Ma lucarne figée comme la saison scrute l’âge de l’abandon, le temps des promesses, la moitié de vie répétée.

Au loin, au-dessus des toitures présentant leur profil en parallélogramme de leur cadre régulier, l’hiver peigne les arbres et s’enfile dans les flammes froides des peupliers, tandis qu’auprès de tous les souvenirs élancés de feuilles, conversant sur le vent, s’égoutte le ciel de ses larmes.

La transparence des veines jusqu’à l’origine fera la couleur du printemps tombant en lumière pour l’heure grise, comme le silence sur fouillis de branches sombres de patience comblée de mots bruyants pour tous et brillants que pour soi, même pour toi.

Tic – tac d’hiver


A la recherche d’un trésor, la nuit a fouillé les petits paradis clos délaissés pour le soleil du foyer.

Surprise par le matin, elle a fui en abandonnant les galaxies de pierres précieuses, faites de lumière, de froid et d’eau, répandues en poussière de lune.

Le soleil va les souffler pour les polir comme cristal de larmes avant que la nuit ne revienne pour tenter à nouveau de s’en emparer.

Le temps s’égrène en cavernes de tes oreilles endormies et s’écoule en transparence des heures.

Le temps est un voleur qui ne se dérobe pas.

Poésie 2


Iris gris

Pupille bleue

Larmes sur la ville

Comme autant d’armes tombées de leur cible

Et tandis que tu t’accroches sur chacun de mes mots,

Tu ne vois rien de mon regard qui glisse sur l’instant verni comme les toits de Paris.

Cycle


De deux étrangers

Qui n’avaient de cesse

De trop t’imager,

De leur népenthès,

 

Dans leur espérance,

Comme un voyageur,

Tu offres  silence

De toutes tes heures.

 

De l’eau et du ciel

Enfant de naguère

Vers l’éclat tel miel

Tu t’envoles des terres.

 

Te voici nuage

Couverture des cris

Libéré des âges,

Et l’escroquerie

 

Du profond souffle,

Par eux expirés,

N’est que mistoufle

Dès lors méprisée.

 

Pourtant à jamais

De mer vers lumière

Le mois de mai

Se souvient d’hier.

 

Vers des terres nouvelles

En couloir des vents

Tu pars blanche et belle

En espoir fervent

 

Pour alors donner

En larmes de vie

L’enfant des années

Des chants des envies.

 

Ancre de tes pages,

A ton tour deviens

Mère de ton ouvrage

Et lit des étoiles.

Ce qui se dit


Au tribunal des larmes, peu importe les mots

Puisque tous les spasmes sont les mêmes.

 

Il n’est que des juges de ta vérité

Faisant taire tous les autres chagrins.

 

Change le mot qui fait fond et tu verras :

Déplorable, la forme reste la même !

 

Les larmes comme brûlure de cire

Qui ne savent noyer la bougie,

 

Font le vacarme de leur feu

Jusqu’au juste silence.

Goudron de tes larmes


 

A quoi bon éjaculer l’essence de ta lanterne sur le pavé des rues brillantes à faire oublier les étoiles ?

 

Elles dévorent le chagrin du soleil dans leurs rigoles et reflètent l’éclat immobile qui salue, chatoyant et silencieux, le désintérêt du passant.

 

Derrière ta fenêtre, dans ta main la feuille impatiente de la caresse de la plume, pour enfanter la beauté à l’encre brune, restera vierge.

 

De la traversée immobile en regards courants sur ton allée pareille à toutes, maquillée pour rien et cadencée comme pressée par la mort que chaque figure lit sur le bitume, tes joues se font goudron de tes larmes.

Monde à venir


Photographie : Boris Sentenac (droits réservés)

Photographie : Boris Sentenac (droits réservés)

 

Phares endormis d’un temps de mémoire dans un océan du temps aveugle de lumière, l’éclat en silence habille en ombre la flèche s’étirant vers les étoiles invisibles.

 

Sur la lumière se dessine l’hiver où à chaque extrémité se disent toutes les promesses en solitude froide.

 

Le rempart des fenêtres, chacune unique pour le même reflet, fait secret les regards comme autant de vérités qui s’unissent dans le même mensonge, décrié mais consenti, de la cité.

 

Espoir perdu de bâtisseurs, on accuse le temps d’en être le voleur pour continuer la persuasion de la raison.

 

Océan du temps aveugle de lumière sur phares endormis d’un temps de cauchemar à venir, l’éclat en tintement n’habille qu’en nombre l’indice s’écrasant sur nos larmes d’étoiles.