Le vent


Le vent s’engouffrait dans la voile
Sans plus jamais en faire un ventre
Il se contentait de chanter.

Le vent a repris son souffle
Sur le mat squelettique
Il a offert un silence furtif.

Le vent s’est alors fait tempête
La voile s’est gonflée vers l’horizon,
Et se sont arrachées les amarres.

Le vent est le voyage,
Le choix rond de la voile
Loin des terres quadrillées.

Le vent ne mène à aimer
Que tous les rêves de la voile
Et j’oublie le gouvernail.

Le vent s’essouffle
Ici en un nouveau port,
Et s’effondre la voile.

Le vent emporte
Mes désirs et leurs prétextes,
Et m’offre d’envoutants parfums.

Le vent est le piège
Qui étire mon premier sourire
En langage de papillon.

Le vent est ignoré :
La caresse de bavardages
Fait les nouveaux nœuds.

Le vent de l’absence s’oublie :
Mais de toutes croyances d’amarres
Ne naitrons que de nouveaux espoirs…

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Illusions


Le brouillard au matin était la promesse
De L’éclat bleu du jour.

Amarrées aux plus hauts monuments de la ville,
Ses eaux ont noyé leur langage.

Les vapeurs n’empêchent l’éclat des cieux
Mais il ne semble briller qu’à blanc

Au soir, la couverture s’étale sur les fières lumières
Qui ne peuvent percer le symbole initial.

Je ne sais rien de ce jour,
Rien des eaux, rein des cieux.

Et sous l’éponge des heures, en silence
Rien ne change, pas même l’illusion.

Influences spontanées


Mon regard statique
S’offre les vagues blanches
Tandis que le soleil discute
Avec la mer de la fenêtre.

Voyelles de lumière
Et consonnes d’ombres,
Les murs écoutent
Cet instant des influences.

Légèreté de silence,
Abandon de l’heure,
Berceau de paupière,
La liberté est spontanée.

Dimanche


Sur le fleuve d’un dimanche
S’écoulent en paroles
L’apaisement de secondes.

Le courant par toutes ses eaux
Emporte les larmes
En s’étirant sur les heures.

Les berges observées
Sont délices des temps passés
Qui chantaient des jours à venir.

Bélandre sur l’onde
Raconte en l’instant
Ce qui devient intemporel.

Les reflets scintillent
En simples bavardages
Furtifs et comme éternels.

Et quand vient le ponton
La virgule de ce dimanche
Nous dépose en de nouveaux jours.

Alcool


Désastre à venir du silence
Par le sang des terres ensoleillées
Qui dénude sans charme l’âme
Et enferme le cœur
De fortes paroles
Aux ennemis improbables
Guerroyant sur l’idée
Comme s’il s’agissait de l’identité.

Ivresse pour fuite
Des murs devenus dès lors
Sourds à l’essence éclatante
A faire pâlir l’or,
Tu tacles l’invisible vivant
Et sombres entre deux Ô
En ta stupide certitude sur l’océan de ta croyance
De ton intouchable bonheur.

Remède des peurs,
Evasion d’un instant pour un autre,
Tromperie sur vérité,
Ennui exalté,
Prétexte d’instants,
Tonnerre de solitude en désamour partagé,
Avant leur heure
Tu bois tes étoiles en horreur.

Comme


« Oh mon dieu que c’est joli, la pluie »

« Pierre », Barbara

Comme autant de souvenirs d’étoiles
Qui s’effondrent sur la ville
Et ruissellent sur ses rues figées
Juste dans ce qu’on imagine être leurs passés,

Comme autant de poussières
Ramassées justifiant la fuite
Des flots unifiés vers les bouches
Promettant les chemins secrets de leurs avenirs,

Comme autant de virgules de silences
Qui giflent les habitudes
Et font autant de présents
Arrogants sur l’éternité,

Comme autant de mots
Transparents comme le besoin,
Euphorisant pareil à un chant,
Mais qui ne disent que trop l’envie sur la vie,

Comme autant de certitudes
Uniques mais éphémères
En dentelle ravissante sur l’instant
Ainsi déguisé en beauté,

Il pleut.

Aurore


Ta promesse habillée en voile de mariée
Est tel le sourire d’une belle inconnue.

Tu verses tous les bavardages de la nuit
Dans la tasse de l’amertume fumante.

Ma main tire et plisse ta longue robe blanche
Et tu t’endors comme enchantée par les rumeurs

Qui, mal retenues par la fenêtre, s’étalent
Sur tes draps emprunts de toutes solitudes.