Entends-tu ?


Derrière mon rideau, j’entends les mouettes hurlant sur ce bateau de ville qui prend l’eau.

Je reste comme ma fenêtre : ouvert en silence et paupieres closes.

Se vit alors la poésie tels ces cris mais, en ce monde d’absences nous dévorant, entends-tu ?

Manques


Tu ne me manques pas

Tel ces jours de raisons

Qui ont effacé tes mots

Qui faisaient échos

Simples et nus dans le vent

Partagés jusqu’en sourires

Et qui bâtissaient sur le monde.

Tu me manques

Tels ces jours de poésie

Qui inscrivaient le monde

En caresse lucide

Belle et pure sur les êtres

Pour offrande devenue

Prétentieuse et politique.

Reluisante vie (2)


Loin des rigoles qui s’esclaffent de leur mystère,

Derrière la vitre d’où défile le temps à gagner,

Loin des gouttières qui se noient de leur regard,

Etirant le matin sur la parallèle du tien,

Tu habilles ta musique de silence de papiers.

.

Le regard sur l’endroit tendu comme tes cordes rangées,

Les notes défilent en poursuivant ton train,

Les mains apposées en derniers soupirs,

Ecoutant ton éveil sur son devenir,

Tu dévêts le bruit de chemin de métal.

.

Loin des rigoles qui se taisent honteuse à la lumière,

Devant les regards assis sur le temps à jouer,

Loin des gouttières qui s’abreuvent de rêves

Installant ton matin sur la croisée des instants,

Tu habilles ta musique de vie de poésie.

Reluisante vie (1)


Ce matin, la pluie bavarde avec la ville. Après s’être excusée de la colère des cieux de la veille, elle offre ses paroles en toilette des poussières qui troublent l’horizon et le souffle.

Elle glisse sur le temps qu’elle rend transparent telle la fenêtre figée en patience. Les minutes s’écoulent comme les souvenirs qui n’ont plus l’éclat des promesses et de leurs sourires pareils à la lumière de ce jour qui écoute.

Dans ce langage sur les matières, dans les rues que les passant étirent jusqu’au pareil lendemain, luit la poésie qui rend vie.

Lumière de poésie


Ce matin le soleil s’exprimait avec l’accent du printemps.

Il chuchotait le jour comme s’il voulait bercer la nuit
Pour conjurer ses cauchemars en rêves.
Le trottoir, reluisant de ses réminiscences,
Guidait les pas rapides vers les lumières de la ville.

Sans sourire et semblant déjà porter le poids de la journée,
Les passants le piétinaient de leurs secrets.
Puis, l’astre s’est alors habillé d’hiver et seul,
Comme après avoir lu un doux poème,

J’ai continué de sourire à la lumière.

Piège de paillettes


La poésie s’était prise en mon piège
D’un filet d’illusions pareilles à des paillettes,
Brillantes par dépendance de leurs lumières
Bruyantes et chatoyantes de couleurs de désillusions.

Un silence bien plus profond des larmes d’étoiles l’a délivré
Et leurs souffles scintillants se sont fait chants
Et chaleurs en soirées artistes
Réveillant la paix des mots.

De la sensation intense et gourmande
A l’émotion sage et profonde,
Dissociées et sans que rien ne soit oublié à vivre,
Devenu tel un hamac, le piège n’est plus.

Traversées n°87


Le numéro 87 de la revue Traversees est disponible. Dans ce numéro vous pourrez lire des poèmes de Barbara Auzou, que vous pouvez croiser aussi sur WordPress, et quelques poèmes de ma composition.

Bonne lecture.

https://revue-traversees.com/