Nuit


Il n’y a plus d’heure.
Les immeubles sont les ombres d’hier.
La chaleur s’accroche aux quelques nuages qui bavardent avec les étoiles sur le silence de l’instant.
Vaste sujet pareil au ciel que compliquent emmurés, les hurlements des rêves.

Unique (être)


La sage brise d’un printemps mûr souffle sur les nuages pour lever le voile posé sur les étoiles.

Il n’est plus temps d’avoir pour être sinon que les regrets de n’avoir pas su plus tôt l’essentiel du ciel.

Tout est multitude simultanée que chacun a sans détenir pour être.

Importance du doute


Que dire des nuages blancs sur ciel bleu et que nous disent -ils de leur légèreté faite d’essentiel ?

D’ici, la confiance en l’oubli fait taire le doute. Mais elle est grossière tandis que la mémoire cherche toujours le mot juste mais finit aussi par ne trouver que son doute.

On finit par vivre, confus, sous tous les cieux sans qu’aucun ne soit important.

Ciel des nuits d’été


Nous avons cherché du regard notre espoir et nous avons vu un ciel qui semblait promettre la pluie sans jamais s’écrouler.

Nous étions plus fort ensemble en batissant sur les menaces qu’aujourd’hui en larmes de soleil et sourires sincères, en paroles de paix et d’avenir en mots d’interdits que l’on croit en perfection tandis que nos batis ne s’élèvent qu’avec l’effet de l’abandon vers le ciel des nuits d’été qui reste le seul à parler vrai.

Des hauteurs


Photo Des Hauteurs

Photographie : Des hauteurs, Boris Sentenac, 2018 – Tous droits réservés

 

Réceptacle de poussière,
Les vents ne gonfleront rien de la façade lisse,
Ne feront aucune farine.
Même en clocher arrogant et muet
Aux vitres sombres de foi
Qui s’élèvent vers l’inaccessible ciel
Et lance son regard aux alentours
De toutes les fenêtres,
Qui, même au sein de leurs murs,
Retiennent leurs témoignages
De rires et de larmes sans écho,
Comme ce clocher arrogant et muet
Qui ne s’élève en témoin que des reflets.
En dépit de la différence de leurs natures,
Les silences ont tout de secret
Et rien de mystérieux.
Parlant tous de la réussite
Des vitres terreuses,
Toutes les lucarnes de tous les murs
Les regardent en murmurant à peine
Tous les échecs.

Regard sur le temps


Ma lucarne figée comme la saison scrute l’âge de l’abandon, le temps des promesses, la moitié de vie répétée.

Au loin, au-dessus des toitures présentant leur profil en parallélogramme de leur cadre régulier, l’hiver peigne les arbres et s’enfile dans les flammes froides des peupliers, tandis qu’auprès de tous les souvenirs élancés de feuilles, conversant sur le vent, s’égoutte le ciel de ses larmes.

La transparence des veines jusqu’à l’origine fera la couleur du printemps tombant en lumière pour l’heure grise, comme le silence sur fouillis de branches sombres de patience comblée de mots bruyants pour tous et brillants que pour soi, même pour toi.

Visite du ciel


Le ciel nous rend visite et boit les nuances
Ne laissant que quelques gouttes de silence.
Ne subsistent que les couleurs des toitures
Pourtant engourdies, en remparts des chaleurs
D’une quiétude sournoise qui ne parle
Qu’en fumée s’étirant en blancs sourires
Inconnus sur un ciel comme inachevé.
Le monde s’effondre tandis que chacun
S’élève en ce qu’il sait qui n’est, en ce jour,
Rien d’autre qu’épais brouillard de ce qu’il croit.

Paroles de lune


La lune s’était étalée sur la vallée.

Quel feu pouvait en avoir fait de telles cendres froides dont le soleil se moquait par son matin, avant qu’elle ne soit en larmes souillées de nos souliers ?

Rare neige en mots de calendrier, elle exprimait l’irréel en s’étalant sur la terre comme en son ciel.

Puis, elle a fondu comme son langage de cet instant et s’est écoulée, comme nous en notre jardin, en banal souvenir réel.

Signe de l’éternel pourtant mourant


Tandis que l’hiver survole en son silence les terres de France jusqu’à la Normandie avant de s’effondrer sur le brouillard qui a déjà dévoilé l’horizon,

Le peuplier dépoussière comme il peut son ciel en bavardant avec la brise pendant que le cygne à son pied dessine son étang.

Tandis que chacun efface le silence en son lieu sans nom jusqu’à ses rêves avant de s’éveiller sur l’horizon qui a déjà dévoré le brouillard,

Le peuplier dépoussière comme il peut son ciel en bavardant avec la brise pendant que le cygne refait son dessin sur l’étang.

Ressources de poèmes


Les vagues inépuisables ne cessent de ranger leurs profonds secrets de toutes les origines. Elles sont les mots mystérieux d’hier prenant la couleur du vide vertigineux.

La nuit, le ciel ne dit que l’essentiel ponctué d’espoirs luisants.

L’horizon est la jonction du temps. Entre le passé et l’avenir, la falaise offre à mon regard la ligne du présent.

Chaque seconde que dit la mer au vent de l’éternité noire et ce souffle qui tente de lui couper la parole effritent ma roche.

Et de poussière en cailloux, transparent comme le temps, tombent des poèmes.

Révolution


Ce matin, le ciel a la couleur du journal

Survolé des certitudes de chacun.

 

Ce soir, la terre aura la couleur de la nuit

Enveloppante des rêves de tous.

 

Entre deux, l’essentiel : nos yeux verront,

Transparente, notre mémoire de l’un envers l’autre

 

Puis, comme planètes, ils révolutionneront,

Réunis à nouveau, le silence furtif.

Cycle


De deux étrangers

Qui n’avaient de cesse

De trop t’imager,

De leur népenthès,

 

Dans leur espérance,

Comme un voyageur,

Tu offres  silence

De toutes tes heures.

 

De l’eau et du ciel

Enfant de naguère

Vers l’éclat tel miel

Tu t’envoles des terres.

 

Te voici nuage

Couverture des cris

Libéré des âges,

Et l’escroquerie

 

Du profond souffle,

Par eux expirés,

N’est que mistoufle

Dès lors méprisée.

 

Pourtant à jamais

De mer vers lumière

Le mois de mai

Se souvient d’hier.

 

Vers des terres nouvelles

En couloir des vents

Tu pars blanche et belle

En espoir fervent

 

Pour alors donner

En larmes de vie

L’enfant des années

Des chants des envies.

 

Ancre de tes pages,

A ton tour deviens

Mère de ton ouvrage

Et lit des étoiles.

Ciel chocolat


Photographie : Jean – Michel MELAT – COUHET, tous droits réservés

 

calligramme : Ciel chocolat, Boris Sentenac, tous droits réservés.

calligramme : Ciel chocolat, Boris Sentenac, tous droits réservés.

 

Tandis qu’en cadavre de pluie

Passent des traces de vie,

 

De chez toi tu ne vois jamais

Que la lumière transparente

 

Et tu ne pourras jamais voir

Le ciel bleu chocolat.

 

Face à face en langage de volets

Dénué de vents, le temps s’est endormi

Au cœur de tous les secrets

 

Ils sont comme l’absence, regards vides

Car trop nombreux pour unifier en un sens

Les vérités de chaque fenêtre bien polie.

 

Découvrez le regard de Jean – Michel Melat – Couhet :

http://www.j2mc-photographie.fr/

Lucidité d’un dimanche


Tôt, la lumière se fatigue des ombres.

 

Qu’elle s’y lance !

 

Tire le ciel : ton brouillard des mots trop bavards du regard d’en face entend l’inaudible comme on croit savoir. L’éclat ne peut plus donner que sa prière au travers de ton goût suspendu qui l’agrémente de sa couleur. Tu caresses la poussière de l’instant, l’histoire d’hier et même d’avant qui, comme nous, se lance nue dans le bain du silence.

 

Ferme la nuit : tes persiennes blanches font cieux invisibles à ceux d’en face et jours d’étoiles sur les secondes dévoreuses de notre sommeil nocturne. La lumière s’étale en secret d’univers infini. Tu fais rire les heures tandis que les minutes se lancent distinguées en rondes de silence.

 

Tard, l’ombre s’éveille de lumière.

 

Quel silence !

Perpétuel


Photographie : Jean – Michel MELAT – COUHET, tous droits réservés

 

La mer jaillit

Tel que l’amour

Contre son roc

Sur son destin

Que les vagues

N’ont eu de cesse

De raconter

Pourtant hélas

Jusqu’à présent

Toujours restée

Son inconnu

Et son espoir.

 

Aucune magie :

L’eau se maquille

Contre son roc

Tel un nuage,

Un univers

Qui se saisit

De l’éternel

En son instant

Et s’échappe

Pourtant futile

Comme un sourire

En souvenir.

 

Invisible et

Réel voyage

Contre mon roc,

Courants et vents

Eclaboussés

De nos étoiles,

Nos poussières d’eau

Saluent le ciel,

Embrassent la terre

Tel notre amour

De son ressac

Perpétuel.

 

Il n’y a plus

D’hésitation

Contre nos rocs,

L’essentiel lie

Nos mots jetés

En tourbillons

De tous nos vents

Enfin unis

En don de vie

A nos baisers :

L’amour jaillit

Tel que la mer.

 

Découvrez le regard de Jean – Michel Melat – Couhet :

http://www.j2mc-photographie.fr/

Ciel 2


Ce soir, dans le ciel silencieux :

Vase du bouquet de tous les rêves,

Même des rêves manquants,

Il me semble que le soleil gronde

Le dernier nuage de l’hiver.

 

Comme la page d’un poème saillant,

Ses contours découpés s’illuminent

Tandis que sa peine regarde les hommes.

 

Ils grondent, eux aussi par leurs mots de lumière,

L’essentiel de chacun

Qui aurait pu faire un bonheur pour tous,

Mais sans même regarder les nuages,

Ne pouvant alors reconnaître toutes les eaux de la vie.

Ciel 1


Le ciel, sali par les déchets de la journée,

En colère quant au désordre,

Abandonne le monde,

Reprend le possible,

Impose le silence et le sommeil.

 

Il n’y a plus d’heure.

Seulement des promesses

Sur des angoisses

Qui font le lit

De la vie.

 

La nuit est une absurdité

Toujours utile au jour.

Le jour, lui, est bien rangé

Sauf à son crépuscule,

A son délice.

Essence ciel


Les étoiles se sont rassemblées en carte d’espoirs.

L’apprentissage de sa lecture
S’est inscrit dans le temps imperceptible,
Comme le monde lors du sommeil
Préparant à l’ombre, soignant l’hystérie
De nos lumières bruyantes au grand jour.

Silencieux sur le bruit rassurant de chacun
Qui fait chaos en reflet des couleurs du monde,
L’espoir fort et sage voyage
Vers le bonheur simple et essentiel.

Corridors des fumées


Photographie : "La baleine qui voulait boucher le port de Marseille" J2MC, droits réservés

Photographie : « La baleine qui voulait boucher le port de Marseille » J2MC, droits réservés

 

Le rêve de la vie est en constante évolution libérant ou oppressant tous les vents, façonnant la lumière en offrant seul la couleur du jour.

 

Les corridors des fumées impassibles au ciel de mer, mère du ciel, habillés de contre – jour, silencieux et stoïque comme la mort, crachant comme un songe le mensonge de l’hiver, alliant le confort avec le nécessaire, trahissent, en s’exprimant par nuages piquants, nos corps inaptes qui vivent sur l’espoir aussi indispensable que ressemblant aux vagues élevées par l’horizon.

 

Des mers, ils en connaissent le voyage sans qu’ils ne puissent à cet instant en distinguer le départ de l’arrivée.

 

Châteaux de ciel, endormis comme essoufflés, ils se dressent comme le devenir de nos bavardages : en vestige sur l’essentiel qui, en silence, se fait beauté.

 

N’hésitez pas à consulter le site du photographe J2MC

https://www.flickr.com/photos/walberthur/

Mer


Berceau des lumières, du jour et de la nuit, tu t’en fais parure dans le langage de ta danse incessante. De quel rayon de caractère t’inspires – tu pour te faire soleil ? Tu te fais brûlure de vie en arguant de réponses aveuglantes. De quel éclat de caractère t’inspires – tu pour te faire lune ? Tu te fais possessive des couleurs en hurlant protéger les rêves.

 

Ventre des secrets de l’essentiel, tu permets d’être à tes enfants fidèles tandis que tu es noyade pour les fils des aventuriers des terres qui t’ont quittés. Tu es caméléon du ciel en souvenir de l’audace de leur rêves et tolérante à leurs caresses sur ta surface.

 

Belle négociatrice, accepte les rivages. Ne te fais pas ogre du monde après en avoir été la mère. Admets, pour que perdurent tous les amours, que si nous ne sommes chacun que matelot à l’origine de tes tempêtes, à l’origine de nos manques nous devenons capitaine.

 

Sur le même thème vous pouvez lire de Margot Roisin https://versantares.wordpress.com/2016/02/09/souffrances-de-la-mer/

Matin


Les empreintes de tes rêves deviennent lits de l’oubli.

 

Au réveil, le ciel est comme page blanche de poète.

 

Au loin, des poussières d’oiseaux survolent l’horizon déchiré des matins.

 

La couverture de vapeur enveloppe en mystère la colline.

 

Elle fait face à son reflet d’évidence par la lumière.

 

L’heure se donne par le soleil qu’on croirait injuste comme la chance.

 

Tandis que l’oubli lisse ton visage,

 

Le ciel se charge des larmes et des sourires de la journée.

Lis vers l’hiver


Illustration : Svetlana Sirenko (droits réservés)

Illustration : Svetlana Sirenko (droits réservés)

 

Par quelles amarres, à quel port et de quelle époque s’accrochent les maisons injuriant la transparence du temps en couleurs comme timbre d’un cri de vie ?

 

Tourbillon de l’instant jetant sa force centrifuge sur les murs gardiens des mystères de chacun, en italique inversée, on devine les trésors jaunis des placards du fond des ombres.

 

Tandis que la brise de demain balaye la poussière dans la poubelle d’hier, jouant du ciel et d’un arbre éteint aux feuilles de plumes engourdies, la lune chante sur ces violons. Ces cordes de briques, de bois et de terre jouent en nostalgie.

 

Paradoxe du vent qui souffle dans l’oubli tout ce qui s’accroche sur les larmes qui font la survivance de tout ce qui est mort. En guise de réponse apaisante, c’est au crépuscule qu’on célèbre la lumière pauvre et froide en vernis et en pigments.

 

En robe de silence et de constance tel galet sans autre âge que celui de l’éternité, ton chien te suit en patience guidée par sa confiance sans condition et ne traite ainsi le temps qu’en sa présence.

 

Que regardes – tu dans l’invisible qui te fouette ? Crois – tu que la vie est toujours pour demain ?

Il nous restera ça


Photo : Boris Sentenac, droits réservés

Photo : Boris Sentenac, droits réservés

Les étoiles de la ville

S’étirent silencieuses

Et sont comme engourdies

Sur les rides mystérieuses

De la couverture des espoirs

D’horizons manqués.

Et quand les mots s’échouent

Sur le souvenir du départ

Et de son soleil de certitudes

Lui-même parti du port,

.

Il nous restera ça.

.

Ciel de suie

Comme vieux papier mâché

Sorti du coffre de l’enfance

Gardé par la poussière

En dernier rempart,

A l’ombre improbable

Des larmes d’étoiles

Evaporées en timide dignité

Par la lumière prétentieuse des hommes

Sur toutes les prières.

Fin de l’été


Comme accroché à leurs longues cordes blanches arrachées aux terres qui veillent l’été mourrant, les avions éparpillent leurs rêves d’horizons.

Phrases silencieuses mais sans mystère du ciel, la lune les ponctue en un point de craie.

Puis, le royaume simple de la lumière se refait marbre avant un dernier vent voleur des parfums et stupeur des cigales.

De ces pays de souvenirs mérités, les vieilles pendules de chaque maison qui se répondaient dans les rues, continuent de sonner midi dans l’oubli d’un temps fluorescent sans nuances de vérités, étouffé par la réalité.

Nuit du matin débordant des rives du jour, le diktat du néon en compensation hystérique au bonheur redevient raison.

L’excuse


A ne faire de l’envie qu’un chant que le vent absorbe sitôt qu’il est entonné, on ne fait du silence qu’un roi du néant.

De l’inanité, la vérité se dessine alors par l’erreur des excuses qui ne sont plus l’humble reconnaissance du travers mais sa pauvre justification faite de vide et qui revêt les couleurs d’une fable à rougir du besoin.

Rien ne change pour ce monde, sauf pour quelques poètes que l’on imagine fallacieux sans trop y penser et qui voient qu’ainsi le ciel se fait larme de soleil.