Des hauteurs


Photo Des Hauteurs

Photographie : Des hauteurs, Boris Sentenac, 2018 – Tous droits réservés

 

Réceptacle de poussière,
Les vents ne gonfleront rien de la façade lisse,
Ne feront aucune farine.
Même en clocher arrogant et muet
Aux vitres sombres de foi
Qui s’élèvent vers l’inaccessible ciel
Et lance son regard aux alentours
De toutes les fenêtres,
Qui, même au sein de leurs murs,
Retiennent leurs témoignages
De rires et de larmes sans écho,
Comme ce clocher arrogant et muet
Qui ne s’élève en témoin que des reflets.
En dépit de la différence de leurs natures,
Les silences ont tout de secret
Et rien de mystérieux.
Parlant tous de la réussite
Des vitres terreuses,
Toutes les lucarnes de tous les murs
Les regardent en murmurant à peine
Tous les échecs.

Publicités

Regard sur le temps


Ma lucarne figée comme la saison scrute l’âge de l’abandon, le temps des promesses, la moitié de vie répétée.

Au loin, au-dessus des toitures présentant leur profil en parallélogramme de leur cadre régulier, l’hiver peigne les arbres et s’enfile dans les flammes froides des peupliers, tandis qu’auprès de tous les souvenirs élancés de feuilles, conversant sur le vent, s’égoutte le ciel de ses larmes.

La transparence des veines jusqu’à l’origine fera la couleur du printemps tombant en lumière pour l’heure grise, comme le silence sur fouillis de branches sombres de patience comblée de mots bruyants pour tous et brillants que pour soi, même pour toi.

Visite du ciel


Le ciel nous rend visite et boit les nuances
Ne laissant que quelques gouttes de silence.
Ne subsistent que les couleurs des toitures
Pourtant engourdies, en remparts des chaleurs
D’une quiétude sournoise qui ne parle
Qu’en fumée s’étirant en blancs sourires
Inconnus sur un ciel comme inachevé.
Le monde s’effondre tandis que chacun
S’élève en ce qu’il sait qui n’est, en ce jour,
Rien d’autre qu’épais brouillard de ce qu’il croit.

Paroles de lune


La lune s’était étalée sur la vallée.

Quel feu pouvait en avoir fait de telles cendres froides dont le soleil se moquait par son matin, avant qu’elle ne soit en larmes souillées de nos souliers ?

Rare neige en mots de calendrier, elle exprimait l’irréel en s’étalant sur la terre comme en son ciel.

Puis, elle a fondu comme son langage de cet instant et s’est écoulée, comme nous en notre jardin, en banal souvenir réel.

Signe de l’éternel pourtant mourant


Tandis que l’hiver survole en son silence les terres de France jusqu’à la Normandie avant de s’effondrer sur le brouillard qui a déjà dévoilé l’horizon,

Le peuplier dépoussière comme il peut son ciel en bavardant avec la brise pendant que le cygne à son pied dessine son étang.

Tandis que chacun efface le silence en son lieu sans nom jusqu’à ses rêves avant de s’éveiller sur l’horizon qui a déjà dévoré le brouillard,

Le peuplier dépoussière comme il peut son ciel en bavardant avec la brise pendant que le cygne refait son dessin sur l’étang.

Ressources de poèmes


Les vagues inépuisables ne cessent de ranger leurs profonds secrets de toutes les origines. Elles sont les mots mystérieux d’hier prenant la couleur du vide vertigineux.

La nuit, le ciel ne dit que l’essentiel ponctué d’espoirs luisants.

L’horizon est la jonction du temps. Entre le passé et l’avenir, la falaise offre à mon regard la ligne du présent.

Chaque seconde que dit la mer au vent de l’éternité noire et ce souffle qui tente de lui couper la parole effritent ma roche.

Et de poussière en cailloux, transparent comme le temps, tombent des poèmes.

Révolution


Ce matin, le ciel a la couleur du journal

Survolé des certitudes de chacun.

 

Ce soir, la terre aura la couleur de la nuit

Enveloppante des rêves de tous.

 

Entre deux, l’essentiel : nos yeux verront,

Transparente, notre mémoire de l’un envers l’autre

 

Puis, comme planètes, ils révolutionneront,

Réunis à nouveau, le silence furtif.