Lis vers l’hiver


Illustration : Svetlana Sirenko (droits réservés)

Illustration : Svetlana Sirenko (droits réservés)

 

Par quelles amarres, à quel port et de quelle époque s’accrochent les maisons injuriant la transparence du temps en couleurs comme timbre d’un cri de vie ?

 

Tourbillon de l’instant jetant sa force centrifuge sur les murs gardiens des mystères de chacun, en italique inversée, on devine les trésors jaunis des placards du fond des ombres.

 

Tandis que la brise de demain balaye la poussière dans la poubelle d’hier, jouant du ciel et d’un arbre éteint aux feuilles de plumes engourdies, la lune chante sur ces violons. Ces cordes de briques, de bois et de terre jouent en nostalgie.

 

Paradoxe du vent qui souffle dans l’oubli tout ce qui s’accroche sur les larmes qui font la survivance de tout ce qui est mort. En guise de réponse apaisante, c’est au crépuscule qu’on célèbre la lumière pauvre et froide en vernis et en pigments.

 

En robe de silence et de constance tel galet sans autre âge que celui de l’éternité, ton chien te suit en patience guidée par sa confiance sans condition et ne traite ainsi le temps qu’en sa présence.

 

Que regardes – tu dans l’invisible qui te fouette ? Crois – tu que la vie est toujours pour demain ?

L’un dans l’autre


Sur la plage, l’horizon envoie les embruns par les danses mousseuses d’ennui plat et caniculaire sur la lourde poussière comme linceul de mer sur lequel on étale des serviettes pour fesses à tremper.

Au loin, les collines, sous les poussières légères narguant les vengeances à venir encore blanches du ciel, nous rappellent, rassurantes, la sécurité des murs abandonnés à distance suffisante pour un rien de rires vides mérités qui écopent un autre rien trop plein de nécessités aussi aveuglantes que ce soleil considéré comme repos.

Voici en carte postale un l’un dans l’autre antagoniste de ce qui s’appelle hâtivement et uniformément bonheur  voyageant de pâtés de maisons en palais de sable et qui ressemble pourtant au vent qui fuit. Voici en subterfuge de besoins justes désignés ainsi et qui, en concurrents absurdes, se justifient l’un avec l’autre.