Bavardage du bonheur


 

Que se racontent la lumière et le haut mur tandis que la toiture semble endormie, rattrapant ses heures d’insomnie ?

 

Chuchotement manqué, trahit par l’éclat, le mur raconte –t- il les secrets qu’il garde ? Se fait – il uniquement, et très aimablement, le miroir de la chaleur ?

 

Par leur regard dédaigneux, les fenêtres quant à elles, méprisent le bavardage.

 

L’heure s’écrase comme éternelle avant que l’astre n’incline sa face pour essuyer son ardeur sur un mouchoir de nuage.

 

Transparent, le lit du temps accueille le sommeil de l’instant qui, au gré de son rêve, se retourne subitement.

 

Aussi secret que le foyer caressé par le jour, il me raconte un bonheur simple comme pour me parler du mien.

 

Photos !


Bonjour à tous,

Certains s’en sont déjà rendu compte, un onglet supplémentaire est apparu sur le menu de ce blog.

Il s’agit d’un lien qui vous conduit tout droit sur le site Internet de Jean – Michel Mélat – Couhet. Photographe, la grande qualité de son regard mérite d’être découverte ! D’ici peu une nouvelle collaboration entre nous, entre poésies, vous sera proposé. D’ici là bonne lecture et… Bon clic

http://www.j2mc-photographie.fr/

Baisers


Le souffle passe sur la haute dentition blanche des terres.

Il redescend par les vastes gencives vertes des prairies

Et me donne la simple et douce saveur de chacune des étoiles.

Puis, l’amertume du trop long jour éclaire l’instant du monde

Ne me laissant de ce baiser envolé que trop perplexe.

Du monde à moi, il ne me reste que l’écho de son souffle

Qui insuffle chaque jour et bien malgré lui notre bel amour.

Main


Bois d’antennes de ciel froid qui attrapent bien plus, bien mieux, de l’invisible de la lumière qui échappe toujours à ma main, à mon obscure empoigne.

 

Forêt de mains vertes de chaleur qui saluent la brise et caressent le ciel en politesses que mon frêle élan ne permet pas.

 

Parce qu’elles sont libres, mes mains connaissent l’échec. Mais elles ne se font jamais masque de rires, jamais barreaux de larmes de la liberté.

 

Sans les bavardages de mon espèce bruyante avant d’être brillante, de la lecture silencieuse de toutes les saisons, il reste à mes mains le poème qui traduit ce qu’est le monde.

Marseille


Marseille. Photographie Boris Sentenac, droits réservés

Marseille. Photographie Boris Sentenac, droits réservés

 

Souvenir de ton regard,

Le regard de ton bonheur,

Bonheur de ton souvenir,

De lucarne en longue vue

Ou magnifiquement nue,

Tes couleurs, même disparues,

Nous donnent un large sourire.

Vide


Sur la table une araignée de tabac agonise d’être ce qu’elle n’est pas.

Pas de rêve qui s’élèverait comme fumée dans son regard qui n’existe pas.

 

Déjà morte, loin des champs que l’on sait sans en avoir un souvenir,

Elle est comme le raisin en guise de népenthès.

 

En patience de fatigue, me voila devant rien me parlant

Du monde qui, comme mon heure, se remplit de vide pour être.

Regard étoilé


Loin de son regard, derrière les murs de lâcheté et de trésors à bonne heure, bourdonne la moquerie sur celui qui, la nuit, marche le nez en l’air.

 

Au dehors, la faiblesse pousse à se taire et écrase les regards de tous vers leur destinée finale. Ils sont illuminés, blafards comme aveuglément blasés, par les éclats outranciers des villes faisant chants de sirènes.

 

La croyance en l’abondance a façonné le progrès en langage d’avenir. Au présent, confondant le plaisir avec le bonheur comme ébloui par les couleurs aguicheuses, l’opulence se dit avec le manque.

 

N’ayant que faire des moqueries lumineuses, celui qui a le nez en l’air ne s’enrhume pas de rêves. Il lit le silence noble de l’espoir et respire la vie.

 

Quant aux autres, savent – ils déchiffrer les étoiles comme ils savent lire les enseignes ? Et, durant un instant, furtivement, enfin seuls, comme un peu honteux de n’être que d’un monde et délaissant alors les tubes des voix dictées, pourquoi certains parmi ceux – là s’offrent – ils, en suivant la voie lactée du regard, une larme en guise d’étoile filante ?