Apaisement


A Ana.

Le miracle ne serait qu’un enfer
Si les étoiles n’avaient de secrets.
Leurs éclatantes lumières
Qui transpercent le temps pour s’exprimer
Jusqu’ici et même ailleurs sont langage
De leurs promesses que nous entendons
En scintillement si riches d’espoirs.
Regards multiples chuchotant leurs songes,
Avec leurs mondes elles sont réalité
Et parlent en toutes saisons sur nos rêves.
Puisque ton sommeil est fruit d’univers,
Ferme enfin les yeux et apaise – toi.

Chez le coiffeur


Perdu dans le regard béant du miroir qui parle comme ton reproche d’aujourd’hui sur tes chants d’hier que j’ai accompagnés,

Pour jouer, nous sommes devenus reflet muet de nous-même : identiques et étrangers faisant du réel comme de notre image notre véritable prison aux murs colorés de bonne conscience.

La promesse du silence, celle qui a tous les mots, est bâillonnée. L’interdit d’aujourd’hui était la lumière d’hier.

Me ramenant d’aussi loin que possible, le coiffeur me demande alors : « c’est assez court ? On peut aller plus loin ».

Statique sur mon fauteuil, je sais…

Métro


Entre les taches d’huile des cartes de Paris, ne sont bruyants que les bavardages des affiches tandis que les bruits esquivent dans leur fuite les regards qui glissent de la chute des parois froides à la nuit endormie des quais qui se font face comme chacun ce matin devant son miroir. Ici, l’espace et le temps vivent comme en mensonge d’adultère.

Du vacarme apparait un ver de fer qui absorbe le silence de chacun en reprenant son souffle avant de crier la vitesse contre la distance comme l’impatience sur la voix de la raison. Nul n’est pressé que d’arriver au soir pour se libérer du jour et s’enfermer dans sa nuit.

Les escaliers se précipitent vers la sortie. La lumière mouillée s’est invitée en déception à l’espoir de clarté sur l’ignorance du monde qui errait solitaire dans le dédale. D’autres bruits, d’autres bavardages imprimés, ne subsiste toujours que le même silence.

Sur le thème des transports, découvrez le blog de mon amie Mathilde Caillard

https://mathildecaillard.wordpress.com/2019/01/28/dans-le-sens-de-la-marche/

Il neige


La terre est devenue fruit blanc du ciel. La pudeur des prières est comme un masque sur visage. Elle est un langage pareil à ceux des espoirs pour l’heure éteints par la maigre lumière et rendu muet par le mensonge de l’instant chutant des nuages infinis.

 

Les souvenirs se fondent en marée grise,

nudité immaculée l’espace d’un instant,

puis souillée par le passage du temps.

 

Leur lit s’use de sa couverture uniforme sans offrir autre repos que le regard baissé comme las de toutes lumières.

 

Silence de tous les pas prudents,

héritage éphémère de la vie balayé par le chant du printemps annoncé ;

il neige.

 

Boris Sentenac                                                  Mathilde Caillard

Souvenirs blancs


Le ciel dans la torpeur de sa colère a détruit les couleurs et gifle le silence des pas matinaux.

Les souvenirs de sourires sont pareils à la lumière des nuages qui s’écroule en morse sur la solitude et ses mots qui ne résonnent plus qu’en silence blanc et froid.

 

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Le chemin du bonheur


Sous les gerçures du ciel, la blessure des pas silencieux croisés comme écrasés par l’opulence lumineusement froide des devantures t’essouffle.

Tu choisis une petite rue qui t’amène plus loin, en bordure de rivière.

Sur ce chemin, le même ciel cicatrise en sourire et en « bonjour ! » croisés que les oiseaux tentent d’attraper en vol avant de se prendre aux branches joueuses des arbres.

Serait – ce le chemin du bonheur ?

Espoirs


Pétillantes d’espoirs, les étoiles s’effondrent en larmes sur les plaines qui s’éveillant à peine s’étirent sous l’aurore.

Puis, le jour exprime la réalité de toutes les beautés. Les pleurs s’évaporent en croisant alors les regards indifférents de tous ceux qui, se croyant libre chez eux, se contentent de leur propre cage dorée. Seuls quelques poètes s’imprègnent du langage des couleurs des terres sous les moqueries de bon sens et les sarcasmes moralisateurs des trop peu scrupuleux se justifiant de leur bêtise.

Au soir, les étoiles par leurs jours lointains apaiseront la brulure et parleront à nouveau en réconciliant la mort avec la vie en pétillant d’espoirs.