Vagues journées en journée vague


Tandis qu’elles sont prévisibles,

Chaque vague est imprévisible.

Seul sur l’océan loin des terres,

Le radeau, par tous les vents divers,

Vogue toujours vers l’horizon :

Celui des hommes en leur croyances,

Et le nôtre propre en mensonges,

Délaissant le silence essentiel.

Parler au souffle en langage

Appris du monde : fruits des canons

Lourds telle la raison sur l’amour

Fait du temps fuyant un voyage

Errant vers la seule et pauvre clarté.

De vagues journées en journée vague.

L’amour


En pluie de lumière, l’amour s’écoule sur l’étang qui s’endort tel un marais en fermant sa paupière de nénuphars sur le jour qu’une des fleurs semble avoir inspiré, en lâchant un de ses fils brillant partit faire sa ronde et danser avec les ombres pour disparaître et laisser les étoiles en bavardage qu’on ne devine qu’à peine.

Demain, cette autre date qu’on prendra pour la même qu’hier parce qu’il n’y a qu’un soleil, d’une autre fleur de nénuphar, comme encore unique parole de chaque jour aveuglant le bouquet des espoirs passés, surgira l’astre tandis que le jour s’évaporera comme à chaque fois tel l’amour.

Telle une chance (écrit à deux mains)


Vivre entre soi et les autres

Comme un matelas d’amour

Qui se gonfle et se dégonfle

Au gré des énergies qui dansent,

 

au gré du vent ou selon la goutte d’eau, en bourrasque ou en patience, tantôt étourdissant parfois étalé en fatigue asséchée,

 

La joue rougie par les caresses

Et les heurts des éléments,

Le front brûlant des mots qui s’y cognent

Et la nuque ruisselante

De ses derniers rêves,

 

Tributaire des éléments, rarement sur l’instant mais par mémoire de rasades et de caresses, l’amour pour être bon ne peut l’être que telle une chance.

 

Mathilde Caillard   –  Boris Sentenac

De la passion ou de l’amour


Comme un métro qui passe sous le trottoir
Ne fait que sensation de tremblement de terre
Les cris de la chair sont aussi furtifs que le présent.

Le bruit finit toujours par se taire.

Comme une étoile qui brille
Fait en toutes saisons la mémoire d’une vie
La sensualité du corps et de l’esprit est éternelle.

Du silence nait le chant.

Perpétuel


Photographie : Jean – Michel MELAT – COUHET, tous droits réservés

 

La mer jaillit

Tel que l’amour

Contre son roc

Sur son destin

Que les vagues

N’ont eu de cesse

De raconter

Pourtant hélas

Jusqu’à présent

Toujours restée

Son inconnu

Et son espoir.

 

Aucune magie :

L’eau se maquille

Contre son roc

Tel un nuage,

Un univers

Qui se saisit

De l’éternel

En son instant

Et s’échappe

Pourtant futile

Comme un sourire

En souvenir.

 

Invisible et

Réel voyage

Contre mon roc,

Courants et vents

Eclaboussés

De nos étoiles,

Nos poussières d’eau

Saluent le ciel,

Embrassent la terre

Tel notre amour

De son ressac

Perpétuel.

 

Il n’y a plus

D’hésitation

Contre nos rocs,

L’essentiel lie

Nos mots jetés

En tourbillons

De tous nos vents

Enfin unis

En don de vie

A nos baisers :

L’amour jaillit

Tel que la mer.

 

Découvrez le regard de Jean – Michel Melat – Couhet :

http://www.j2mc-photographie.fr/

Baisers


Le souffle passe sur la haute dentition blanche des terres.

Il redescend par les vastes gencives vertes des prairies

Et me donne la simple et douce saveur de chacune des étoiles.

Puis, l’amertume du trop long jour éclaire l’instant du monde

Ne me laissant de ce baiser envolé que trop perplexe.

Du monde à moi, il ne me reste que l’écho de son souffle

Qui insuffle chaque jour et bien malgré lui notre bel amour.

Quand soudain…


Tandis que la place s’étale dans un bruit diffus, le temps se fige par la lumière de ton regard habillé par la malice de ton sourire à faire blêmir celui de la nuit. Il n’est plus d’autre étoile dans mon souffle saccadé, en voyage sans boussole, guidé par un vent de tempête à la seule rigueur de ta caresse.

Quand soudain…

Le silence prend sens. Nous errons depuis quelques mots d’inconnus médusés dans l’étonnement qui se refuse  à sa raison. Il se répète comme pour revenir sur une erreur.

Quand soudain…

Certain du langage, la colère reprend le silence. Son souffle léger s’envole, irrattrapable comme un enfant qui court avec le rire de toutes les émotions. Tristesse, colère et peur se mélangent avec la joie encore vivace de l’instant d’avant.

Quand soudain…

Notre essentiel naissant devient malgré nous indécent. La joie est morte : fusillée loin de là. Il n’y a plus de lieux, plus de couleurs. Les larmes sont encore en caverne tandis que le soleil pétillant de nos verres n’a plus d’inclination dans ses messages de toute soif.

Quand soudain…

Le premier temps d’un amour qui s’avoue éclate avec l’écho des canons sans aucune raison tandis que d’autres, voilés par la folie, meurtriers et ignorants de la lumière de ces instants, se font exploser pour des idées aspergeant sur notre idylle comme sur leurs victimes une mort pour rien.

Quand soudain…

Il n’est plus d’autre étoile dans le souffle saccadé du monde, en voyage sans boussole, guidé par un vent de tempête à la seule rigueur du chaos.