Train du soir


Ou bien alors en fendeurs de poussière

Quelques fantômes plus furtifs que nuages,

Au bord du chemin en paroles d’horloge,

Personne n’accompagne le pas de l’escalator.

 

Le long quai des cavernes de transit,

N’est qu’évidence de destinations.

Sans faire verni, des gouttes de pluie tachent

L’instant et se figent comme tout le reste.

 

En bégaiement, rengaine de tous les jours,

L’infini est inconnu sur traverses.

Ici, seuls les trains n’évoluent que pour

Arriver dans les maigres quotidiens.

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Quand soudain…


Tandis que la place s’étale dans un bruit diffus, le temps se fige par la lumière de ton regard habillé par la malice de ton sourire à faire blêmir celui de la nuit. Il n’est plus d’autre étoile dans mon souffle saccadé, en voyage sans boussole, guidé par un vent de tempête à la seule rigueur de ta caresse.

Quand soudain…

Le silence prend sens. Nous errons depuis quelques mots d’inconnus médusés dans l’étonnement qui se refuse  à sa raison. Il se répète comme pour revenir sur une erreur.

Quand soudain…

Certain du langage, la colère reprend le silence. Son souffle léger s’envole, irrattrapable comme un enfant qui court avec le rire de toutes les émotions. Tristesse, colère et peur se mélangent avec la joie encore vivace de l’instant d’avant.

Quand soudain…

Notre essentiel naissant devient malgré nous indécent. La joie est morte : fusillée loin de là. Il n’y a plus de lieux, plus de couleurs. Les larmes sont encore en caverne tandis que le soleil pétillant de nos verres n’a plus d’inclination dans ses messages de toute soif.

Quand soudain…

Le premier temps d’un amour qui s’avoue éclate avec l’écho des canons sans aucune raison tandis que d’autres, voilés par la folie, meurtriers et ignorants de la lumière de ces instants, se font exploser pour des idées aspergeant sur notre idylle comme sur leurs victimes une mort pour rien.

Quand soudain…

Il n’est plus d’autre étoile dans le souffle saccadé du monde, en voyage sans boussole, guidé par un vent de tempête à la seule rigueur du chaos.

Les coupables de l’ardeur


Le soleil, en secret, derrière l’horizon fait des hauts nuages les réminiscences de l’amour avant que le ciel ne se couvre par un tricot sombre à grosses mailles de larmes qui gifleront la vie comme le jugement des différences, meurtrier pour les uns et rassurant pour les autres, s’accaparant, comme la nuit aveugle à venir, l’éclat rose.

 

Pour ces coupables de l’ardeur, il est alors temps de laisser s’écouler le clandestin crépusculaire en rêves déchaînés de demain comme lumière et chaleur au fond de leur caverne.