Instant


La tempête au dehors, comme guerrière en campagne contre le temps, ne sait rien de ton souffle qui, en caressant la couverture de mon omoplate (réceptacle de ta poésie et source de mes poèmes), écrase des rêves sur mes paupières.

Vraiment


Dans l’infini de l’absence de mes rêves

Sous la couverture de mes paupières,

Les secondes de pluie s’écoulent multiples

Sur l’éternité filante, vaporeuse de croyances,

Embrumées comme tout ce qui est vrai ment.

A contre jour


Photographie Margot Roisin (droits réservés)

Photographie Margot Roisin (droits réservés)

 

Dans la seconde figée

Dans le silence

De l’oubli de l’éternité

Du regard en promenade

Permanente comme fuite de ténèbres,

 

Contre le feu des heures

Qui embrase la prison

Du jour gardée par

Tous les vents,

 

Le futile s’illumine

Pour des tempêtes

Digne de la caresse

De poussières qui

S’effondrent en sommeil.

Goudron de tes larmes


 

A quoi bon éjaculer l’essence de ta lanterne sur le pavé des rues brillantes à faire oublier les étoiles ?

 

Elles dévorent le chagrin du soleil dans leurs rigoles et reflètent l’éclat immobile qui salue, chatoyant et silencieux, le désintérêt du passant.

 

Derrière ta fenêtre, dans ta main la feuille impatiente de la caresse de la plume, pour enfanter la beauté à l’encre brune, restera vierge.

 

De la traversée immobile en regards courants sur ton allée pareille à toutes, maquillée pour rien et cadencée comme pressée par la mort que chaque figure lit sur le bitume, tes joues se font goudron de tes larmes.

Espérance dévorée


Le vent fait une bourrasque de brouillon avec ses longs cheveux avant de les tirer, agacé, dans sa transparence qui fouette de poussières comme autant de lettres qui pourraient faire son poème.

 

Invisible de lourdeur, vide du sens de tous ses sens, elle finirait par croire qu’il est un chemin de traverse à la lumière et faire le déni de sa route. Nez en l’air, elle donne le bain des cieux à son sourire qui dévore le silence dans le bruit du souffle, avant de le reprendre en oubliant que rien d’autre que ce que l’on fait par ce que l’on est ne nous appartient.

 

Le rêve de la suffisance par la galanterie est une offrande prétentieuse au soleil. Le vent ne faiblit pas même s’il n’arrache aucune étoile que l’on sait et que l’astre régulier de par le voyage de notre monde, rend au soir. Mais pour elle, c’est après un de ses jours perdus.

 

De lumière en lumières comme vérités en reflet de réalité, dans le vent en croyant s’entendre respirer, la contemplation stoïque nous fait monstre d’enfant sans naïveté.

 

Le rêve s’étale sur l’espérance en mots arrangeants, vigoureux sans aucune force : fondant pour se confondre en confrontation. Croire donner n’est que prendre.

 

Le vent continue de souffler sans qu’elle n’apprenne à voler, préférant dans sa flamme de chevelure forcée de spontanéité, croire l’avoir dompté.

Naissance


L’espace s’étire en voyage de baleine. La naissance de l’horizon, en chant, s’élance comme sein en bulle d’avenir réunissant le ciel et l’eau.

 

Se jouant alors de la lumière, comme une ombre de poussière dont nul ne saurait se souvenir, l’origine, flottant sur notre regard d’éternité, nous fuit immobile vers sa mort laissant ici ou là – bas quelques de ses particules qui nous arrachent au voyage après les âges, que l’on compte en quelques vagues, et qui traversent encore quelques flots en échos de mémoire s’écoulant en larmes, désignant la mort utile à la vie.

 

Inspiré par :

Et sur la même inspiration découvrez le poème « Alpha » de Margot Roisin

https://versantares.wordpress.com/2016/05/16/alpha/

Tempête de colère


 

Quels secrets se chuchotent les vagues entre elles ? Et quel vent les fait vainement se trahir en écume que nul ne peut traduire ?

 

La mer ne finit déçue que par son déni de l’horizon qui la marie aux terres de découvertes et par les reflets désuets des étoiles qu’elle noie en un silence de ressac à la pertinence, en réminiscence, de ce qui justifie sa brisure au moment où elle s’abandonne sur sa peur qu’elle a désespérément hurlé, jadis, en montagne de ses tempêtes.

 

En se jouant du temps, elle s’étale indéfiniment pour rien. La haine est un aveu d’échec anachronique.

De plumes


 

L’été dernier,

Les hirondelles cisaillaient

Les bourdonnements des chaleurs ondulantes

Et mystérieuses des murs.

 

Cet hiver,

Les tourterelles enroulaient

Le silence des ardeurs odorantes

Et secrètes des cheminées.

 

Hier,

Les merles saluaient

La sagesse de la lumière flottante

Et maquillée des ombres.

 

Ce soir,

Les chouettes figent

La peur sur les heures ignorantes

Et aveugles des différences.

Sourire d’espérance


 

Photographie Boris Sentenac

Photographie Boris Sentenac

 

L’heure, par nature silencieuse comme l’éternité,

Sonne en éphémère et timide muguet

Les chaleurs et les sucres de l’enfance

Laissant ainsi stoïques les patients cyprès

Des murs des souvenirs sous dalle de mystère.

 

Fils d’un jeune soleil et de l’ombre,

Tu es un petit brasier d’espérance sur tige

Dans lequel, en lumière, tinte simplement

Le parfum qui ne s’offre qu’à l’instant

Et s’étire, comme l’été à venir, en sourire.