Paradoxe du possible


(30 juin 2019)

De ma fenêtre, j’observe le ciel qui emprisonne la lumière pour s’habiller de sa couleur de rêve pareille à celle d’un mensonge.

Avant de s’endormir, la lune scrute cette fantaisie au travers du plus lourd sommeil et de son œil mort.

Comme l’univers doit être éclatant vu du néant !

Une lumière perdue faite de ténèbres et de poussières comme si le possible naissait de l’impur.

Qu’un mot dans la phrase


L’argent est tel un mot dans la phrase :

On ne peut en faire l’économie

Parce qu’il sert les autres mots

Mais de phrases en phrases,

Faisant sens si vaste du monde,

A garder de son rêve de bons vins,

Gâché par son ivresse et oubliant la soif,

Asséché et ne balbutiant que sa soif,

L’argent n’est plus qu’un mot dans la phrase.

Douce mélancolie


Au soir, tandis que mon esprit voyage en réminiscences imprécises, réapparaît une affection qui s’écoulait de la patience d’un roc enrhumé qui ne cessait de se moucher dans le brouillard.

Il semblait patient et peu gourmand de lumière. De la force de son élan, il ne restait que celle arrondie de son agacement. Répandues en siècles de terre, un jardin éclot en tapis des mêmes larmes secrètes que celles qui font le vernis des toitures et des pierres militaires.

De ces bâtisses, s’échappaient quelques douces lumières, vocabulaire de mon souvenir de ce pays de pluie à l’horizon si proche et qui semblait résigné à laisser la parole qu’aux vagues grises.

Douce mélancolie telle une caresse enfouie qui ronge et calme le temps.

Encre de mon poème


A l’encre de lumière, je fume ma cigarette pendant qu’elle m’accompagne en fumant la poussière.

Nous fumons le temps qui s’étale sur la palette du jour pour que l’éclat peigne la nuit en sa lune et ses étoiles et dont je fais couleur de mon poème.