Reluisante vie (2)


Loin des rigoles qui s’esclaffent de leur mystère,

Derrière la vitre d’où défile le temps à gagner,

Loin des gouttières qui se noient de leur regard,

Etirant le matin sur la parallèle du tien,

Tu habilles ta musique de silence de papiers.

.

Le regard sur l’endroit tendu comme tes cordes rangées,

Les notes défilent en poursuivant ton train,

Les mains apposées en derniers soupirs,

Ecoutant ton éveil sur son devenir,

Tu dévêts le bruit de chemin de métal.

.

Loin des rigoles qui se taisent honteuse à la lumière,

Devant les regards assis sur le temps à jouer,

Loin des gouttières qui s’abreuvent de rêves

Installant ton matin sur la croisée des instants,

Tu habilles ta musique de vie de poésie.

Publicités

Chez le coiffeur


Perdu dans le regard béant du miroir qui parle comme ton reproche d’aujourd’hui sur tes chants d’hier que j’ai accompagnés,

Pour jouer, nous sommes devenus reflet muet de nous-même : identiques et étrangers faisant du réel comme de notre image notre véritable prison aux murs colorés de bonne conscience.

La promesse du silence, celle qui a tous les mots, est bâillonnée. L’interdit d’aujourd’hui était la lumière d’hier.

Me ramenant d’aussi loin que possible, le coiffeur me demande alors : « c’est assez court ? On peut aller plus loin ».

Statique sur mon fauteuil, je sais…

Piège de paillettes


La poésie s’était prise en mon piège
D’un filet d’illusions pareilles à des paillettes,
Brillantes par dépendance de leurs lumières
Bruyantes et chatoyantes de couleurs de désillusions.

Un silence bien plus profond des larmes d’étoiles l’a délivré
Et leurs souffles scintillants se sont fait chants
Et chaleurs en soirées artistes
Réveillant la paix des mots.

De la sensation intense et gourmande
A l’émotion sage et profonde,
Dissociées et sans que rien ne soit oublié à vivre,
Devenu tel un hamac, le piège n’est plus.

Pauvre imbécile


Avec le temps pour témoin, la fatigue à épousé la colère
Sur ce chemin encombré, où j’ai oublié mes sourires
Pour quelques forts bavardages en reflet d’être.

De ces vents sortis de ma bouche
J’ai soufflé sur la poussière qui a occulté
Le chemin où je te prenais la main.

J’ai soufflé la poussière, oubliant la prière,
Jusqu’à ne plus voir Antarès
Et ne plus voir ton éclat.

Dragon bleu, j’ai brulé mon rêve,
Ma cendre ne sera jamais poussière de lune
Qui souriait à nos regards lointains et amoureux.

Il m’a fallût en pauvre imbécile
Etaler mes larmes des cieux jusqu’en mes terres
Pour me rappeler nos étoiles.

Parure d’orage, tempête en lieu et place de douces brises
Avec arrogance, j’ai oublié d’aimer
Simplement parce que je t’aimais.

Le silence ne s’éteint jamais,
Il est envahi par le bruit,
Et je ne te sais plus que pour rien.

Ombre


Tel un fantôme,
Mon ombre
Me parle du silence

Au gré de la lumière
Elle choisit l’angle
De ses mots

Elle va et vient
Comme la mort sur la vie
Tandis que je marche

Je l’écrase
Je la suis
Elle me suit

Fille de la lumière
Fille de mon être
Fille de rien,

Elle est l’expression
De l’étonnement
Sur l’infini

Elle est le rappel
De la transparence
De la lumière

Que je génère
Par le mensonge du ciel
Et la vérité solaire

Dont je rêve
La nuit
Sous couverture

Du silence
Des étoiles
Scintillantes

Comme son silence
Qui me dit
Mon silence.

Errance de l’évolution


On passe sa vie à la construire à côté du bâti de lourdes pierres de l’enfance.

Il nous faut briller, tutoyer la lumière aveuglante et tenter d’oublier le foyer au mortier de mensonges des émotions d’enfant.

Mais du haut de notre tour de fer et d’acier, lorsque le vent souffle, notre regard ne peut que s’incliner sur l’oubli raté.

La lumière blanche, autant qu’elle le reflète, se persuade de l’oubli de ses couleurs.

On rêve, en cette tour, d’y voir sa déraison en raison. Mais en nos bureaux, on ne peut que trop mal négocier par la tolérance dont on fait notre pauvre monnaie par défaut. On choisit alors le silence pour nos errances.

Puis, on bâtit la maison de notre enfant et on s’étonne un jour de le voir élancer à son tour ses fenêtres sans mur comme autant de regards sur le monde impénétrable comme elles. On sait mais on regrette à cet instant qu’il ne peut y avoir que des regards.

Il délaisse alors, comme nous en d’autres temps, mal oubliés eux aussi et pourtant, sa maison d’enfant. La sienne qu’on espérait en secret la nôtre.

Le fer et la transparence ont des exigences dont les vieilles pierres ne profitent pas. On s’élève par la croyance nécessaire sur nos souvenirs en ruines.

Continuons donc, si proches éternels, à nous parler en reflets de lumière que nous ne sommes pas, mais j’ouvrirai mes fenêtres pour tous les vents.

Regard sur le temps


Ma lucarne figée comme la saison scrute l’âge de l’abandon, le temps des promesses, la moitié de vie répétée.

Au loin, au-dessus des toitures présentant leur profil en parallélogramme de leur cadre régulier, l’hiver peigne les arbres et s’enfile dans les flammes froides des peupliers, tandis qu’auprès de tous les souvenirs élancés de feuilles, conversant sur le vent, s’égoutte le ciel de ses larmes.

La transparence des veines jusqu’à l’origine fera la couleur du printemps tombant en lumière pour l’heure grise, comme le silence sur fouillis de branches sombres de patience comblée de mots bruyants pour tous et brillants que pour soi, même pour toi.