Silence du temps


Les sourires pour lumière

Passent les phrases trop belles,

Tels les secrets de prières,

Sans l’oubli des hirondelles

Et de leurs rires.

 

 

En l’hiver et son vent froid,

D’elles, on ne parle jamais

Le temps se tenant en roi,

Ouvrant le chemin vers mai

Sans rien nous dire.

Retombée répétée


Les mots secs s’étalent sur la page blanche que la brise soulève comme pour tenter d’éveiller de la nuit le souvenir sur le devenir.

 

Le temps déposera les eaux de son abandon sur la page gondolée que la poussière recouvrira comme pour tenter de compter les jours du souvenir sur le devenir.

 

L’oubli sera le ruban gris et son nœud sera son seul mot qu’il prononcera comme pour tenter d’étaler sa couverture transparente sur le souvenir sec craqué.

 

Et durant tout ce temps,

Ton silence ne sera

Que mensonge éternel passé.

Silence


L’été est la saison des ressentis.

Le silence est le discours des nuages.

J’emprunte ici à celui qui passe

Ses quelques mots blancs

Pour discuter avec la fontaine

Qui me parle, elle,

Du bonheur de son voyage.

 

L’hiver est la saison de la pensée.

Au chaud, derrière son voile,

La fenêtre m’offre le monde

Qu’il traverse incessant

Avec son bruit désordonné

Pour vocabulaire précipité

En course contre le temps.

 

Toujours constant,

S’accommodant de tous les mots,

Traversant les saisons,

Ne pliant à aucun cri,

Calmé de toutes les chaleurs,

Se disant pour rien et en sourire,

L’amour me parle en silence.

Mots de silence


Les mouches jouent la musique de l’été. Une note qu’elle vole à l’air à chaque variation revenant toujours à la même note, elles offrent leur empressement sur l’heure qui s’étire sur sa chaleur.

 

La source rigole sans cesse dans le vieux tronc scié puis creusé qui n’a plus de parole. Il reçoit et rend la limpide passagère sans autre raison que celle de son éternité gravée en striures comme légende de vie oubliée.

 

La prairie s’offre au ciel tandis qu’elle offre ses espaces aux troupeaux qui tintent l’instant. Les sauterelles sautent en dehors de leur invisibilité lorsque s’éveillent quelques de mes pas craquant le soleil étalé.

 

La montagne, retient sa vague comme le chant de ce souvenir en devenir destiné à s’enfuir figé comme les rocs qui ont manqué leur chute et réussi leur regard endormi sur le monde. Mes mots de silences observent l’instant.

Reluisante vie (2)


Loin des rigoles qui s’esclaffent de leur mystère,

Derrière la vitre d’où défile le temps à gagner,

Loin des gouttières qui se noient de leur regard,

Etirant le matin sur la parallèle du tien,

Tu habilles ta musique de silence de papiers.

.

Le regard sur l’endroit tendu comme tes cordes rangées,

Les notes défilent en poursuivant ton train,

Les mains apposées en derniers soupirs,

Ecoutant ton éveil sur son devenir,

Tu dévêts le bruit de chemin de métal.

.

Loin des rigoles qui se taisent honteuse à la lumière,

Devant les regards assis sur le temps à jouer,

Loin des gouttières qui s’abreuvent de rêves

Installant ton matin sur la croisée des instants,

Tu habilles ta musique de vie de poésie.

Chez le coiffeur


Perdu dans le regard béant du miroir qui parle comme ton reproche d’aujourd’hui sur tes chants d’hier que j’ai accompagnés,

Pour jouer, nous sommes devenus reflet muet de nous-même : identiques et étrangers faisant du réel comme de notre image notre véritable prison aux murs colorés de bonne conscience.

La promesse du silence, celle qui a tous les mots, est bâillonnée. L’interdit d’aujourd’hui était la lumière d’hier.

Me ramenant d’aussi loin que possible, le coiffeur me demande alors : « c’est assez court ? On peut aller plus loin ».

Statique sur mon fauteuil, je sais…