Mon éternel

Mon éternel


Mon éternel

Photographie : Boris Sentenac,

tous droits réservés

Les montagnes ne s’endorment pas. Le soleil conclut la conversation puis pareils aux hommes, elles revêtent leur couverture de nuit.Commencent les brèves des étoiles avec les clochettes de quelques troupeaux qui endorment sur les songes enfouis, l’oeil des terres. Sans parole, je respire mes rêves comme pour bâtir mon éternel.

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Vidéos


Bonjour à tous.

Un nouveau lien est apparu sur le menu du blog. Il vous emmène vers mes vidéos poétiques. Découvrez les ou pour les plus anciens et les plus assidus, redécouvrez les.

D’autres vidéos sont encore en préparation.

A bientôt !

http://www.youtube.com/channel/UCHuVshkjadsP2N_cWCXi20g/

L’oubli de la vie


 

Comme chaque jour, tel celui d’hier dont on sait sans y penser qu’il est aussi pareil à demain, le soleil est déjà haut et convenable pour la saison lorsque sort le chien dans le jardin. Dans sa gueule, il ramasse une feuille qui n’a plus que la couleur de l’oubli. Subsiste l’instinct de chasse et l’orgueil ignorant de sa raison du trophée en langage grogné de rien tandis que mémère le gronde comme elle a grondé sa propre vie. Sous la lumière franche de l’été, ici où même les abeilles sont devenues silence, le chien aussi n’est plus qu’un jouet encombrant.

Saisons de paroles


Le bourdonnement de bavardages ne se promène plus depuis leur ombre verte.

A chaque clin d’oei, tout s’endort.

Et le printemps se rêve, l’été se chante, l’automne se dit, tandis que l’hiver se sait.

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Pour voir le film  » Saison de paroles  » cliquez sur le lien suivant :

https://borissentenac.wordpress.com/2019/10/13/saisons-de-paroles-film/

Le train gris


C’est ton visage que je venais chercher sur le quai de la gare avec notre certitude pour bagage. D’autres visages passaient comme des nuages. Chacun unique et tous déjà oubliés.

J’avais pour deuxième bagage ma patience qui voyageait sur nos cieux. Mes mains chargées de vide écrivaient des poèmes que le vent déposait à mes pieds et que les rames sans arrêt soufflaient sur l’autre quai, comme pour les offrir à ceux qui singeaient ma patience, tandis que leur train arrivait avant le mien, avant qu’il ne fût nôtre, bien après d’autres.

Pour troisième bagage j’avais pris l’amour. Celui qu’on emporte partout. Tu arrivais le regard vers le ciel rectangulaire de la bouche d’escalier. Tu croisais mon regard et les nuages n’étaient plus qu’uniformes. Puis soudain, notre train écrasait son chemin depuis l’horizon.

Le silence riche de nos couleurs a été violemment absorbé pour un exil de silence transparent et imposé. Nous sommes devenus aussi gris que ceux que nous redoutions. Nos yeux d’étoiles sont devenus notre regard de poussière. Et de tes yeux devenus cendres, nulle flamme ne se destine plus à mes yeux de charbon.

Nos mots sont effacés et le train est parti. La lecture du premier froid de la saison reprend avant même le précédent.

En écho au poème « Le train bleu » de Margot Roisin que vous pouvez lire en cliquant sur le lien ci-dessous :

https://versantares.wordpress.com/2016/06/03/378/

Commerce de bonheur


Quels souvenirs as-tu reçu

De l’horloge qui compte

Sa richesse gagnée

A mesure qu’elle dépense ?

 

En commerce de couleurs vaporeuses,

Elle saisit ton sourire et rend la monnaie

En pièces de bienveillance

Et te voici riche d’illusions.

 

Elle vend le pardon

En simple savoir-dire

Et substitut de savoir-faire,

Pour confort que tu ne sais sans avenir.

 

Elle prend ce qui vit

Se payant celui qui est

En bon temps doré d’une confiance

Pour fenêtre aux barreaux de liberté

 

En seule volonté d’être,

Tu t’espères moderne

Sur les conventions

Auxquelles tu contribues.

 

Mais tu n’as rien inventé

Et te voici dépossédé

De la promesse d’être

Qui te fait au monde.

 

Elle te le raconte

Et argumente l’envie

Saisissant ton bonheur

Et empaquetant son produit qu’est l’oubli.