Retour vers la nuit


Les moutons qui broutaient dans le rêve du ciel,

S’élancent désormais noyés en leur menace

De rondeurs gorgées d’eau blanche dans le couchant.

Ils sont surpris par notre retour fulgurant,

Qui abandonne l’idée simple d’un salut,

En une flèche tirée vers la nuit pour voyage.

Vertige du monde

Vertige du monde


vertige du monde

Photographie : Boris Sentenac, tous droits réservés

Tutoyant la montagne qui se dresse devant elle,

Protégée comme un secret par celle qui l’accueille,

Comme pour être en cet endroit sans s’imposer,

Disant l’espérance des hommes dans son vestige,

Fière et droite dans son histoire et pour autant

Ici sans excès, elle indique à qui la cherche

Et à qui la voit, figé tandis qu’on la croise

Tout ce qui ne se dit pas : ce qui est possible

Face à l’élan ressemblant à l’aboutissement

Des rêves de chacun faisant vertige du monde.

A contre temps


En mon regard usé, je laisse

Sur la page blanche du ciel,
A l’encre de leur contre jour,
Les oiseaux parapher le vent
Et signer leur lettre d’adieu,
Sous silence de ma voyelle
Qui s’exclamera au retour
Des ailes portées au levant
De la saison des chants gracieux

Pour mon sourire de jeunesse.

Un nuage

Un nuage


nuage

Photographie : Boris Sentenac,

tous droits réservés

Au travers du regard,

La couverture de rêve

Recouvre la nourricière

Et en silence les heures

S’écoulent quand apparait

Tel un chant léger

En surprise trop contenue pour tous

Un nuage chargé de son voyage.

Happy Face (Ibrahim Maalouf)


Bonjour à tous,

 

Aujourd’hui, 23 octobre 2019, c’est le jour de la sortie du clip d’Ibrahim Maalouf avec son titre Happy Face. Clip dans lequel j’apparais (furtivement).

Bon sourire 🙂

Mots non dits


Il est des mots qui s’écoulent certains qui se soufflent

Comme une caresse qui s’enfuit de son origine

Tandis qu’on ne devine que son sens.

Ces mots que l’on veut dire et que l’on joue du regard

En suspens comme un silence en musique

Dont seul le mystère que l’on veut est perceptible.

Il est des mots qui viennent tard et s’affichent trop tôt

Comme si les heures continuaient leur traversée

Tandis que rebroussent chemin les minutes immédiates.

Ces mots dont on ne parle pas et qu’on pose en phrase interminable

En soutenu regard comme en portrait

Dont seule la ponctuation des paupières dit le sourire.

Il est des mots qui s’interdisent parce que déjà trop dits

Comme si leur poésie n’avait plus d’origine

Tandis que subsiste tout leur sens.

Ces mots qui se disent comme le souvenir d’une étoile

En éternité muette comme en instants confondus

Dont seul le besoin reste en manque de ces langages.

Mon éternel

Mon éternel


Mon éternel

Photographie : Boris Sentenac,

tous droits réservés

Les montagnes ne s’endorment pas. Le soleil conclut la conversation puis pareils aux hommes, elles revêtent leur couverture de nuit.Commencent les brèves des étoiles avec les clochettes de quelques troupeaux qui endorment sur les songes enfouis, l’oeil des terres. Sans parole, je respire mes rêves comme pour bâtir mon éternel.

L’oubli de la vie


 

Comme chaque jour, tel celui d’hier dont on sait sans y penser qu’il est aussi pareil à demain, le soleil est déjà haut et convenable pour la saison lorsque sort le chien dans le jardin. Dans sa gueule, il ramasse une feuille qui n’a plus que la couleur de l’oubli. Subsiste l’instinct de chasse et l’orgueil ignorant de sa raison du trophée en langage grogné de rien tandis que mémère le gronde comme elle a grondé sa propre vie. Sous la lumière franche de l’été, ici où même les abeilles sont devenues silence, le chien aussi n’est plus qu’un jouet encombrant.

Saisons de paroles


Le bourdonnement de bavardages ne se promène plus depuis leur ombre verte.

A chaque clin d’oei, tout s’endort.

Et le printemps se rêve, l’été se chante, l’automne se dit, tandis que l’hiver se sait.

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Pour voir le film  » Saison de paroles  » cliquez sur le lien suivant :

https://borissentenac.wordpress.com/2019/10/13/saisons-de-paroles-film/

Le train gris


C’est ton visage que je venais chercher sur le quai de la gare avec notre certitude pour bagage. D’autres visages passaient comme des nuages. Chacun unique et tous déjà oubliés.

J’avais pour deuxième bagage ma patience qui voyageait sur nos cieux. Mes mains chargées de vide écrivaient des poèmes que le vent déposait à mes pieds et que les rames sans arrêt soufflaient sur l’autre quai, comme pour les offrir à ceux qui singeaient ma patience, tandis que leur train arrivait avant le mien, avant qu’il ne fût nôtre, bien après d’autres.

Pour troisième bagage j’avais pris l’amour. Celui qu’on emporte partout. Tu arrivais le regard vers le ciel rectangulaire de la bouche d’escalier. Tu croisais mon regard et les nuages n’étaient plus qu’uniformes. Puis soudain, notre train écrasait son chemin depuis l’horizon.

Le silence riche de nos couleurs a été violemment absorbé pour un exil de silence transparent et imposé. Nous sommes devenus aussi gris que ceux que nous redoutions. Nos yeux d’étoiles sont devenus notre regard de poussière. Et de tes yeux devenus cendres, nulle flamme ne se destine plus à mes yeux de charbon.

Nos mots sont effacés et le train est parti. La lecture du premier froid de la saison reprend avant même le précédent.

En écho au poème « Le train bleu » de Margot Roisin que vous pouvez lire en cliquant sur le lien ci-dessous :

https://versantares.wordpress.com/2016/06/03/378/

Commerce de bonheur


Quels souvenirs as-tu reçu

De l’horloge qui compte

Sa richesse gagnée

A mesure qu’elle dépense ?

 

En commerce de couleurs vaporeuses,

Elle saisit ton sourire et rend la monnaie

En pièces de bienveillance

Et te voici riche d’illusions.

 

Elle vend le pardon

En simple savoir-dire

Et substitut de savoir-faire,

Pour confort que tu ne sais sans avenir.

 

Elle prend ce qui vit

Se payant celui qui est

En bon temps doré d’une confiance

Pour fenêtre aux barreaux de liberté

 

En seule volonté d’être,

Tu t’espères moderne

Sur les conventions

Auxquelles tu contribues.

 

Mais tu n’as rien inventé

Et te voici dépossédé

De la promesse d’être

Qui te fait au monde.

 

Elle te le raconte

Et argumente l’envie

Saisissant ton bonheur

Et empaquetant son produit qu’est l’oubli.

Les souvenirs de l’avenir


Tu as écrit ta chance

Et retenu son espoir

Volant les souvenirs de l’avenir.

 

Le repos en page blanche

N’écoutant plus la fatigue

Ne s’endort plus ici.

 

Il écoute le silence de l’attente

Dans le vacarme des mots

Interdits de l’abandon.

Du secret


Les mots s’imprègnent comme vagues de mer et vagues de terre,

Intonations sous lesquelles la vie est trésor mystérieux mais non secret,

Richesse sur laquelle naît et s’écoule le sens du temps.

Dresser une muraille ne protège, en chaque brique pour chaque mot,

Que le criminel étouffant les erreurs, et qui bouleverse le temps

En un point s’étirant pour tous en gâchis de ligne blanche.