Regard embué


Sur la vitre embuée, l’arbre d’eau dessine ses limites en traits d’hésitation découpant, en opulence dégoulinante, la certitude fine et statique.

Aucune feuille n’est à voir devant le choc thermique éphémère qui raconte le jardin qu’il occulte comme les pleurs d’un enfant. La transparence est nue comme tout regard embué.

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Rappel vivant à l’ultime


Ce matin, loin des océans, une mer de silence, blanche et froide comme la mort s’est étalée sous ma lucarne.

Quelques oiseaux y ont laissé leurs empreintes chantantes noires et chaudes comme des étoiles, rassurant mon regard.

Alternance salvatrice


Au bout de la branche de nuage, la feuille de lumière s’effondre chaque jour. Puis la lumière se fait plurielle et givre.

 

Comme la poésie, elle tente de signifier en chacun plutôt que de signifier à chacun.

 

L’alternance n’est qu’en regard d’insomniaque, par peur de ne plus voir que la lumière ou l’éclat scintillant des nuits qui signifierait la cécité sur soi traversant le monde ensommeillé de tout notre temps.

Du train


 

Du train, Boris Sentenac, tous droits réservés.

Du train, Boris Sentenac, tous droits réservés.

 

Cadre immobile du regard aussi solide que la réalité,

Fenêtre sur le temps défilant dans l’espace,

 

Dehors,

Comme inutile : n’ayant plus d’autre mot que la seconde,

Le lieu s’étire et se déforme

Comme mots jetés aussitôt qu’ils sont dits.

Regard d’éclaircie


Lac de ciel aux bordures de lumière et d’ombre,

Lac d’un souffle figé comme un souvenir aux bordures d’eau.

 

Horloge sans aiguilles, elles se sont envolées et

S’érigent et se croisent, ailleurs comme éphémères traits de craie.

 

Monocle entre regard et invisible

Comme le temps, silencieux, imperturbable à toutes peurs

 

Que les prières murmurées des horloges suscitent,

Il semble lucarne de rêves dans de longs draps de nuages

 

Comme sur le vaste monde, on regarde le même ciel,

Glissant en voyages des vents, Sans jamais rien voir de pareil.

Regard étoilé


Loin de son regard, derrière les murs de lâcheté et de trésors à bonne heure, bourdonne la moquerie sur celui qui, la nuit, marche le nez en l’air.

 

Au dehors, la faiblesse pousse à se taire et écrase les regards de tous vers leur destinée finale. Ils sont illuminés, blafards comme aveuglément blasés, par les éclats outranciers des villes faisant chants de sirènes.

 

La croyance en l’abondance a façonné le progrès en langage d’avenir. Au présent, confondant le plaisir avec le bonheur comme ébloui par les couleurs aguicheuses, l’opulence se dit avec le manque.

 

N’ayant que faire des moqueries lumineuses, celui qui a le nez en l’air ne s’enrhume pas de rêves. Il lit le silence noble de l’espoir et respire la vie.

 

Quant aux autres, savent – ils déchiffrer les étoiles comme ils savent lire les enseignes ? Et, durant un instant, furtivement, enfin seuls, comme un peu honteux de n’être que d’un monde et délaissant alors les tubes des voix dictées, pourquoi certains parmi ceux – là s’offrent – ils, en suivant la voie lactée du regard, une larme en guise d’étoile filante ?

Regard de l’espoir


Regard de l'espoir. Calligramme : Boris Sentenac, droits réservés

Regard de l’espoir. Calligramme : Boris Sentenac, droits réservés

 

Sous le phare de la nuit, miroir d’un autre jour,

 

L’horizon, en vague figée découpant le possible de l’impossible, raconte allongé le mystère des vagues dont il a surgit, sous ses vêtements en espoir vivant sur le temps des pudeurs des terres d’où naît l’essentiel des mers,

 

Le subterfuge de feuille, réceptacle de poussière de nuit, de paroles piquantes en vase d’or sur tige en lien de tous et tige de tous les liens,

 

Ici sur le belvédère des étoiles, regarde

 

Le chemin du maigre paradis menant à la

 

Tromperie des saisons et des heures façonnant présentablement l’idée du monde,

 

Tandis que le bavard cultive le jardin du nécessaire au sens des bons maux.

 

Ainsi, l’empreinte du lieu n’est que le jouet des brises.