Du train


 

Du train, Boris Sentenac, tous droits réservés.

Du train, Boris Sentenac, tous droits réservés.

 

Cadre immobile du regard aussi solide que la réalité,

Fenêtre sur le temps défilant dans l’espace,

 

Dehors,

Comme inutile : n’ayant plus d’autre mot que la seconde,

Le lieu s’étire et se déforme

Comme mots jetés aussitôt qu’ils sont dits.

Regard d’éclaircie


Lac de ciel aux bordures de lumière et d’ombre,

Lac d’un souffle figé comme un souvenir aux bordures d’eau.

 

Horloge sans aiguilles, elles se sont envolées et

S’érigent et se croisent, ailleurs comme éphémères traits de craie.

 

Monocle entre regard et invisible

Comme le temps, silencieux, imperturbable à toutes peurs

 

Que les prières murmurées des horloges suscitent,

Il semble lucarne de rêves dans de longs draps de nuages

 

Comme sur le vaste monde, on regarde le même ciel,

Glissant en voyages des vents, Sans jamais rien voir de pareil.

Regard étoilé


Loin de son regard, derrière les murs de lâcheté et de trésors à bonne heure, bourdonne la moquerie sur celui qui, la nuit, marche le nez en l’air.

 

Au dehors, la faiblesse pousse à se taire et écrase les regards de tous vers leur destinée finale. Ils sont illuminés, blafards comme aveuglément blasés, par les éclats outranciers des villes faisant chants de sirènes.

 

La croyance en l’abondance a façonné le progrès en langage d’avenir. Au présent, confondant le plaisir avec le bonheur comme ébloui par les couleurs aguicheuses, l’opulence se dit avec le manque.

 

N’ayant que faire des moqueries lumineuses, celui qui a le nez en l’air ne s’enrhume pas de rêves. Il lit le silence noble de l’espoir et respire la vie.

 

Quant aux autres, savent – ils déchiffrer les étoiles comme ils savent lire les enseignes ? Et, durant un instant, furtivement, enfin seuls, comme un peu honteux de n’être que d’un monde et délaissant alors les tubes des voix dictées, pourquoi certains parmi ceux – là s’offrent – ils, en suivant la voie lactée du regard, une larme en guise d’étoile filante ?

Regard de l’espoir


Regard de l'espoir. Calligramme : Boris Sentenac, droits réservés

Regard de l’espoir. Calligramme : Boris Sentenac, droits réservés

 

Sous le phare de la nuit, miroir d’un autre jour,

 

L’horizon, en vague figée découpant le possible de l’impossible, raconte allongé le mystère des vagues dont il a surgit, sous ses vêtements en espoir vivant sur le temps des pudeurs des terres d’où naît l’essentiel des mers,

 

Le subterfuge de feuille, réceptacle de poussière de nuit, de paroles piquantes en vase d’or sur tige en lien de tous et tige de tous les liens,

 

Ici sur le belvédère des étoiles, regarde

 

Le chemin du maigre paradis menant à la

 

Tromperie des saisons et des heures façonnant présentablement l’idée du monde,

 

Tandis que le bavard cultive le jardin du nécessaire au sens des bons maux.

 

Ainsi, l’empreinte du lieu n’est que le jouet des brises.

Regard lumineux


Nul ne peut regarder le soleil en face.

Nul ne le peut et tout le monde le sait.

Celui qui regarde le soleil

Comme on se regarde franchement,

N’est autre qu’un trompeur de la vérité.

Il la défie pensant, aveuglé,

Que tout l’univers n’y voit que du feu.

 

Pourtant, tout le monde sait qu’ainsi

C’est toi qui ne vois rien

Et que tu ne peux qu’imaginer.

Tu confonds, toujours aveuglé,

Savoir et croyances.

Au final, c’est ta croyance

Qui devient aveuglante.

 

Mais la vérité ne se pervertie pas.

Tu n’as pas les yeux de l’aigle

Et face à ton désastre de prétention

Et de peur du regard des autres sur toi,

La lumière ne te donne aucune grâce

Et ne te rend aucune dignité

Et tu grimaces à la lumière avec un sourire de mensonge.

 

Toute lumière fait de l’ombre

Et tu fais silence de la tienne

En te la justifiant sur la bêtise du monde

Que tu incarnes pourtant

En ridicule incohérence

De celui qui a le plus besoin de tolérance

Et qui en donne le moins.

 

Même le coq qui te ressemble,

N’ose défier l’éclat tant il sait

Qu’il n’est pas à sa hauteur

En dépit de ses fastueuses couleurs.

Il te reste, comme espoir de marins,

A comprendre les étoiles…

L’essentielle unité


Photographie "Before the rain" J2MC, droits réservés

Photographie « Before the rain » J2MC, droits réservés

 

Vagues éternelles sur vagues figées et rongées, comme la lumière et l’ombre, tel un foyer au regard lancé vers la ligne de l’union quotidienne de l’origine, trop lointaine pour converser, l’horizon est l’inaccessible raconté par le vent qui se fait parfois lit de nuage comme silence de sommeil tourmenté.

 

Les fenêtres se jettent sur une terrasse aux colonnes, chacune en garde – à – vous, pour l’honneur de quelques uns qui font face à l’honneur, de tous, oubliés.

 

Pourtant, même par luxe, le regard se fait comme l’expression d’un lointain souvenir, la jetée de la pêche à l’essentielle unité.

 

N’hésitez pas à consulter le site du photographe J2MC

https://www.flickr.com/photos/walberthur/

Monte !


Ne deviens pas ton propre menteur pour faire de toi un mentor.

 

Aucune tempête ne peut souffler l’éclat scintillant des étoiles.

 

Aucune canicule de basses terres n’évapore le trésor simple de reflets de soleil caché comme gloire d’ascension de montagne.

 

Là – haut, le cri de ton regard sur le monde n’éveillera aucun écho.

 

Le silence de ton regard qui s’écoulera sur ta joue te rappellera à la simplicité de la perle des terres secrètes mère de nuages de toutes les mers caressant les terres et qui toujours, pour toutes les mains, s’offre et s’échappe.

 

Monte !