Inexistence du présent


Comme un bouquet d’étoiles qui ne fane jamais et trompe le temps,
Le présent n’est que jonction entre ce qui vient de passer et l’inconnu à venir.

Juste une sensation, il ne peut même pas être plus furtif qu’un sourire dans un rêve
Qui étale en mémoire la chaleur de tous ces mots sur tous les lendemains.

Fraction d’apaisement en langage mensonger, rien n’est statique sinon que la mort.
Le présent ne se choisit pas. Il ne peut être que l’éternité qui s’impose et glisse en oubli.

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Comment construire le futur alors que le présent s’effondre ?


(Pour faire suite à une conférence au même titre organisée par Asterya)

Comme ces mouettes qui ont perdu le soleil et qui suivent le camion poubelle, nous filons vers l’opulence facile.

Parce que la jouissance se perd avec l’habitude, l’orgie est désormais notre faim avant d’être la dernière.

Le luxe dénaturé est servi à nous tous qui savons que notre survie dépend de nous même. Mais savoir ne suffit pas.

Nous trions nos déchets, nous menant à l’incinérateur satisfaisant d’une bonne conscience, sans s’apercevoir alors que nous ne contribuons qu’au bonheur idiot et croissant des mouettes.

Notre faiblesse nous amène à nos excès. Loin des caisses des magasins, ils nous semblent anodins. Mais la consommation n’est qu’un symptôme.

Et le symptôme est partout. Chacun le sien mais pour chacun il exprime la mort de notre liberté en croyant que de dire oui suffit pour qu’elle soit.

Narcissiques, on se range alors derrière le rempart du consentement comme parole suffisante et aveuglante. L’hystérie n’est plus une maladie depuis qu’elle s’est glissée dans les draps lissés du monde.

Et comme la notion d’un grand jardin appartient à chacun, il n’est plus de paradis.

Le symptôme est le discours de notre culture. Malhonnêtes, nos excuses et nos justifications, non seulement en mots mais aussi en actes secrets, font langage. Le langage fait la pensée, mère de notre culture qui a oublié tous les excès des Romains.

Jouissons jusqu’à ce qu’il ne reste rien. L’exceptionnel devenu habitude épuise l’esprit et le corps et l’envie toujours grandissante rend muet le besoin. De mouettes à autruches, nous finirons déplumés.

Aveugles et sourds, sans foi ni loi, avides de sensations, la surenchère est comportementale et se répand en mode de vie faisant de la beauté la vulgarité.
Pas raisonnables pour soi, comment pouvons – nous être raisonnables pour notre monde ?

Ce qui nous attend est la contrainte subie plutôt que choisie, puisque nous nous arrangeons avec nous-même et que nous ne sommes alors déjà plus libres, celle des guerres et des privations pas plus raisonnables que nos orgies.

Et nous voilà malgré tout, en tout et pour tout, pervers, contradictoires et façonnant l’incohérence du monde, comme ces mouettes qui suivent le camion poubelle.

Et pourtant…

Nous savons et ne pouvons rien reprocher aux secours qui ne peuvent arriver que toujours trop tard,

Et nous écoutons chacun comme on écoute le silence des étoiles pour offrir nos mains en langage du cœur,

Nous offrons juste pour rien notre lumière et notre chaleur en nous faisant soleil d’un instant,

Nous suivons la larme qui s’écoule sur la joue jusqu’au sourire,

Nous avons en nos bouches d’espoirs la force de la parole du pardon,

En élan de liberté, d’amour et d’amitié, en compassion et bienveillance nous offrons la confiance sur la poussière de l’horizon,

Nous offrons à la nuit l’instant le plus lumineux du jour,

Et nous voilà malgré tout, en tout et pour tout, en chemin de sagesse, perfectibles mais forts et simples, pouvant rire de la moquerie et faisant pâlir tout abandon, en étoiles scintillantes comme bijoux du monde.

Ressources de poèmes


Les vagues inépuisables ne cessent de ranger leurs profonds secrets de toutes les origines. Elles sont les mots mystérieux d’hier prenant la couleur du vide vertigineux.

La nuit, le ciel ne dit que l’essentiel ponctué d’espoirs luisants.

L’horizon est la jonction du temps. Entre le passé et l’avenir, la falaise offre à mon regard la ligne du présent.

Chaque seconde que dit la mer au vent de l’éternité noire et ce souffle qui tente de lui couper la parole effritent ma roche.

Et de poussière en cailloux, transparent comme le temps, tombent des poèmes.

L’essentielle unité


Photographie "Before the rain" J2MC, droits réservés

Photographie « Before the rain » J2MC, droits réservés

 

Vagues éternelles sur vagues figées et rongées, comme la lumière et l’ombre, tel un foyer au regard lancé vers la ligne de l’union quotidienne de l’origine, trop lointaine pour converser, l’horizon est l’inaccessible raconté par le vent qui se fait parfois lit de nuage comme silence de sommeil tourmenté.

 

Les fenêtres se jettent sur une terrasse aux colonnes, chacune en garde – à – vous, pour l’honneur de quelques uns qui font face à l’honneur, de tous, oubliés.

 

Pourtant, même par luxe, le regard se fait comme l’expression d’un lointain souvenir, la jetée de la pêche à l’essentielle unité.

 

N’hésitez pas à consulter le site du photographe J2MC

https://www.flickr.com/photos/walberthur/

En éphémère


Illustration Svetlana Sirenko (droits réservés)

Illustration Svetlana Sirenko (droits réservés)

Bulle du fruit des terres maquillées en fumée pour saluer les cieux timides et offrir sur son lit une ombre d’humilité nécessaire aux prétentions passées de la lumière.

 

Tu t’inclines devant le don pour faire don à ton tour en traducteur des messages de ce qui fait ton éclat tandis que tu restes droit, plongé en terre nourricière à qui tu offres ta douceur apaisante.

 

Raconte encore le silence des couleurs.

 

Salutation forcée sur les herbes séchées, le temps inconnu courbe la vie en cet instant qui s’oublie et s’accroche à son origine pour s’approcher inéluctablement du point de rupture, règne absolu du vent.

 

Ainsi tu sais l’inconnu transparent balayeur de poussière, voyageur des lendemains, et tu restes dans le mystère de la force de tes racines accrochées à l’éphémère inexistant qu’est le présent.