Infini éphemère


Quelques chants d’oiseaux revendiquent la vie
Du printemps maintenant en manteau de terre.

La mort en camouflage de vie soumise
A la patience du temps parle en conscience
Comme une promesse de l’éternité.

Le soleil reviendra bruler ce qui brille
Tel un sourire en infini éphemère.

Retombée répétée


Les mots secs s’étalent sur la page blanche que la brise soulève comme pour tenter d’éveiller de la nuit le souvenir sur le devenir.

 

Le temps déposera les eaux de son abandon sur la page gondolée que la poussière recouvrira comme pour tenter de compter les jours du souvenir sur le devenir.

 

L’oubli sera le ruban gris et son nœud sera son seul mot qu’il prononcera comme pour tenter d’étaler sa couverture transparente sur le souvenir sec craqué.

 

Et durant tout ce temps,

Ton silence ne sera

Que mensonge éternel passé.

Virgule

Virgule


Calligramme : Boris Sentenac,

tous droits részrvés

La vie est une virgule de temps, tel un souffle pour parfums, pour mots de couleurs à dire à pleurer ou à chanter, une caresse de lecture à prendre et à donner, inscrite en encre noire sur l’ouvrage de l’éternité.

En furtif néant


Dans la pénombre pudique,

Chaque coup de rein éclaire,

Trop souvent les yeux fermés,

L’éternité de l’instant.

 

Et quand enfin le long rideau

De la chambre est tiré,

Le tout jeune souvenir

Eteint l’instant d’éternité.

Poésie 4


Du haut de son balcon, au bout de sa tige blanche de robe de chambre, de son regard aussi noir que sa chevelure qui semble s’être emparée, dans le vent de ses rêves, de l’ombre passée, et tandis que le matin n’offre qu’une lumière solitaire, mémère scrute le va et vient des palettes de fruits et de légumes.

 

Dans la rue, en attendant de rentrer, les poubelles bavardent sur les couleurs venues d’autres soleils avec celles de lunes oubliées qu’on leur a déchargé, et les parfums s’étonnent et s’enfuient en découvrant leur mort à venir et tenace en l’instant qui s’enfuit des tombeaux.

 

Farandoles de camions se garant au bord des ruisseaux des rigoles, la rue des abbesses s’éveille dans son éternité quotidienne au goût de mon éphémère café qui noie mes songes pour éveiller ma pensée.

 

Demain un autre entendra ces mêmes mots qui ne se disent pas et il entendra le sens qu’il voudra. Rien ne changera l’éternité quotidienne.

Mouvement


Mouvement, Boris Sentenac, tous droits réservés.

Mouvement, Boris Sentenac, tous droits réservés.

 

Sauf la mort, tout est en mouvement.

Peu importe la direction puisqu’elle s’inscrit dans le temps qui lui échappe comme chaque feuille d’un arbre qui, de printemps en printemps, tente de l’attraper, chaque fois imperceptiblement plus proche et pourtant toujours aussi loin, comme si son langage, son vrai mot caché derrière tous ses noms, ses pseudonymes, ne pouvait – être qu’éternité : une réalité sur le mensonge de l’espoir.

L’âge d’un nuage


Le temps à l’âge d’un nuage.

 

Phénix des ères transparentes comme le lit des nuages qui en voyage marque ses heures, il se renouvelle sans cesse ici ou ailleurs.

 

Universel comme l’éternité, il étire son silence en l’instant de tous les temps.