Discours de la mer


Piverts comme colère sur cercueil
Qui s’acharne comme la si belle mer
Qui vide son sac en ressac
Sur l’origine en orgie
Sans le sang de cent sens
Et encense le silence.

Bave ardente
De bavardages
Bardés des âges
Déliée des interdits,
Interstices des âges perdus
Que ton père dut défaire
Aux fers d’essence de ses sens.
Toujours pour tous,
Un jour pour tous les jours
Jusqu’aux tiens que tu détiens
Et que tes vagues
Tentent d’éteindre en étreintes.
Des tests comme le monde
Que tu détestes :
Tu dis ce que tu défais et te dédies
En déni des faits.

Ex – clamé


Gourde de vie,
Gourde d’envie,
Vie engourdie,
En gourde d’envie
Qui juste dévie
De son devis initial court
Comme tous, toi, moi
Dans la cour de la vie
Peu importe ton avis :
Cours et tombe
Par la courbature de la vie
Sur mes certitudes.

Les bras m’en tombent
A l’heure des couverts,
Le monde découvert
Raconté en coups tôt
En sens coups tels coupe et
Gaz pillés de paroles
Vaines à mes veines
Ne faisant que des espoirs
Prêts, tendus des toiles
De ma veine.

Que peut _on croire ?


La lumière ne s’use jamais,
Elle se retire, froide, par pudeur
Lorsqu’elle voit que jamais le monde
Ne s’éblouit d’une seule saison.
Et même si c’est absolument faux
Puisque on a fait des dieux de l’éclat
Je m’inspire de tous ses passages
Pour lui parler de mort et de vie
Dans le hurlement de mon silence
Ancré et séché sur page blanche
Qui fait de ma mort le digne don
De ma lumière usée et froide.

Lumière de vie


Tandis que les lits secs de mes rides
Couchent l’arbre de ma vieille fatigue,

Les feuilles, allumées de leur dernier feu,
S’éteignent comme paupières sur mes rêves.

Tapis de saison qui s’est étouffée
Sur la poussière des chemins balayés

Par tous les vents aujourd’hui essoufflés,
Lavés par l’automne aux longues fumées

Des nuits de tous les foyers qui s’étirent
Vers les cartes des cieux trop silencieux

En ultime glaçage délicieux,
Le langage s’étale en éternité.

Puisque la lumière ne s’éteint jamais,
La jeunesse est le feu de toutes vies.

Le livre du printemps


Les couleurs des amours s’envolent
Recouvrant le jardin
D’un souvenir en devenir.

Le jus sucré renfermant l’avenir
Va nourrir le jardin
D’une saison en souvenir

Aujourd’hui, en dernier élan
Saluant l’inexistant
Le livre du printemps perd ses mots.

Regard sur le temps


Ma lucarne figée comme la saison scrute l’âge de l’abandon, le temps des promesses, la moitié de vie répétée.

Au loin, au-dessus des toitures présentant leur profil en parallélogramme de leur cadre régulier, l’hiver peigne les arbres et s’enfile dans les flammes froides des peupliers, tandis qu’auprès de tous les souvenirs élancés de feuilles, conversant sur le vent, s’égoutte le ciel de ses larmes.

La transparence des veines jusqu’à l’origine fera la couleur du printemps tombant en lumière pour l’heure grise, comme le silence sur fouillis de branches sombres de patience comblée de mots bruyants pour tous et brillants que pour soi, même pour toi.

Mots d’instant


La caresse de sommeil s’infiltre au travers de la vitre.

Portée par le vrombissement de la rue il se destine à l’inconnu de mon instant et sur mon ignorance des certitudes bruyantes.

Il n’est de mots qui se disent, il n’est que des mots qui se vivent.

La dernière vague


Avant que la pierre ne se soit effritée en poussière sur ta chevelure qui lentement s’écroule comme les poids des vieilles horloges,

Etire ton sourire comme la rivière qui polit le galet dans son rire de jeunesse en voyage vers l’océan : immensité à l’horizon inaccessible et obligé.

Sautille et virevolte dans ta course avant de n’être que vague fatiguée et quand tu t’étaleras sur la plage, une dernière fois en étalant ton âge blanc, souviens toi que, comme aucune vague ne peut manquer au ressac, et malgré l’imperfection de la mémoire, tu fais ton temps qui ne peut manquer au temps.

Pluriel des ordonnés


Je parle au pluriel
Et je pense au singulier.

J’imagine tous
Et je me souviens d’un.

J’offre alors,
Tel pont de langage,

Un sourire à tous
Et me garde une larme.

Souvenirs à vendre


La patience de l’hiver s’étirait depuis les cheminées et s’étendait dans les rues et dans ma mémoire en devenir.

Il n’y a plus de feu dans le foyer et les maisons se parlent dans un langage d’abandon depuis leurs fenêtres.

Certaines scrutent la rue avec leurs vitres dans la cataracte de poussière à l’âge figé d’une vieille et de vestiges d’araignées qui, comme elle, ont cessé d’y tisser leurs ouvrages.

D’autres crient « A VENDRE » en ultime langage d’un temps parti rouler ses « rrr » dans le repos du cimetière.

Dès lors, le souvenir des rues échappe à mon langage d’une patience éteinte et s’étend en odeur transparente dans ma mémoire figée.

Visite du ciel


Le ciel nous rend visite et boit les nuances
Ne laissant que quelques gouttes de silence.
Ne subsistent que les couleurs des toitures
Pourtant engourdies, en remparts des chaleurs
D’une quiétude sournoise qui ne parle
Qu’en fumée s’étirant en blancs sourires
Inconnus sur un ciel comme inachevé.
Le monde s’effondre tandis que chacun
S’élève en ce qu’il sait qui n’est, en ce jour,
Rien d’autre qu’épais brouillard de ce qu’il croit.

Nous on dénoue


Le soleil occulte les étoiles et inonde le ciel de sa lumière.
Elle s’écoule jusque sur les innombrables feuilles argentées des oliviers bien alignés dans un champ de poussières.
Sans espace comme se noue ce poème, par la brise qui les lit ensemble, les oliviers frétillent de leurs consonnes tandis qu’ils préparent leurs voyelles enrobant l’origine de l’avenir.
Arbres centenaires, à cet instant unique de lumière et d’ombres, tandis qu’en une voix de cigales, comme le passage du devenir en souvenir, après que chacun ait dit « non » de vos fruits, vous dites « nous » comme un jeu.
Devant, seul, multiple, libre de mes genoux, du regard je me noue à vous et vous dénoue.

Je nous lie


Du lit
Le jour,
La vie se lit ensemble et se dit par chacun
En délit du néant : crime dit d’entité sur l’infini
Au lit
La nuit,
La mort nous lie ensemble mais nous dédit pour chacun
Et délie en chaos : crime d’un fini sur l’identité.