Fiançailles


Photograpie : Boris Sentenac, droits réservés

Photograpie : Boris Sentenac, droits réservés

 

à nos amis.

 

Le ciel embrasse ses souvenirs. Les îles s’habillent aux couleurs de l’indifférence des nuages comme pour s’étendre sur le lit du moment qui scelle notre amour. Nos regards plongent alors dans le brasier de l’instant à célébrer tandis que les rires réunis s’échappent insaisissable comme un écho.

 

L’heure est à la nuit que nous savons n’être que virgule que les étoiles retiennent comme autant de perles de sourires. Nous savons le partage de tous les regards portés sur la lune qui regarde doucement amusée le bonheur partagé. Comme il n’est jamais d’absence à la lumière, il n’y a pas de présence à l’oubli.

 

Demain la plage sera notre souvenir de départ que nous étalerons sur la seine depuis ses quais bruyants. Comme le soleil, d’ici et toujours d’ailleurs, nous serons en voyage infini, nous moquant de la légèreté des nuages qui tentent de façonner la lumière du monde. Perpétuant les rires réunis pour l’instant encore et toujours à célébrer qui s’échappaient insaisissables comme un écho, le mariage de toutes nos lumières prendra sens.

Mer de brume


Brume de mer, mère de brume comme si le temps ne glissait plus sur les saisons, le souvenir d’étoiles en paillettes sur ta longue robe est noyé sous la coupole des pleurs en brume de ta mémoire imprimée en langage perdu et finissant sa phrase par la suspension de ton passé qui s’est agrippé, statique, à ton regard, à ton devenir.

 

Mer en guerre sur l’âge des falaises silencieuses, pour un roc, un seul, un des tiens comme clou de ton malheur, qu’une tempête inoubliable t’a salement forcé à dénuder. Depuis, tes larmes sont le masque de tous les vents et de leurs voyages qui portent les poussières d’ailleurs. Tu fais de tes terres de certitudes tremblantes le socle évident de tes enfants en peur, par écho de ta mauvaise heure, de ces messagères étrangères. Elles n’ont pourtant que caressé tes dénis, désormais scintillants en tes reflets de mensonges, parfois de silences ou encore d’aveux d’échecs pour foi de raison et pauvre monnaie d’échange à tes quelques marins d’aujourd’hui bien en peine.

 

La mémoire n’est alors que le regard sur tes vagues qui fractionnent le temps à mesure que leurs paroles répétitives, inlassables pour les mystères, grignotent les renforts de tes croyances et de tes sanglots.

 

Brouillée par ton brouillon de brume sur l’horizon, chaque vague est comme victime de chaque roche et chaque terre, aussi siège de vie, devient alors victime du manteau de tes larmes de mer…

Phare du matin


Tu es lumière qui fait des pluies le chant et la danse de la vie.

 

Soleil sans fard, caressant l’horizon sans poudre de couleur sur les regards des prisons des quotidiens, tu es phare sans jamais te faire sirène. Tu tutoies en ronde comme simple battement de paupière et d’un silence éclatant, toutes les étoiles qui s’étendent en labyrinthe jusqu’à la sortie du lendemain.

 

Ancrée sur le rêve vert d’un marin, perdue dans le désert bleu de vagues étendues en nappe de mystères, tu es langage de l’invisible comme de l’avenir à qui tu parles à tous les temps.

 

Et quand soudain le songe s’éteint, il s’écoule brillant dans tes yeux du matin qui font des pluies le chant et la danse de nos vies.

Evolution avortée


Plutôt que face aux hommes, le front levé vers le soleil en illusion de sa propre lumière ne donne que la transparence de ses certitudes.

 

Dieu est silencieux et n’a que faire d’un sourire satisfait.

 

Quant au monde, il voit l’invisible et baisse alors son regard désabusé dans l’ombre…

Un silence (inutile)


Avant le bruit qu’il annonce malgré lui, un silence brille comme un pauvre sou qui nargue le soleil.

 

Comme le ciel est jour et nuit, un silence, fait de patience mais sans jamais se faire horloge, est serrure et clé de la parole.

 

Vitre sans regard, il s’exprime en chantage avec les mots muets et assourdissants des barreaux de tous les dénis.

 

Comme vent essoufflé de ses tempêtes, en ignorance de son propre langage, un silence se fait peur de ses heures, mourant lamentablement en hurlant.