Outil personnel


En langage prétentieusement complexe, on maquille la brise et l’on s’étonne enfin qu’elle devienne tempête.

Alors on crie en fruit de colère qui se nourrit du même bavardage qui a maquillé la brise.

De tempête en hurlement de vent, la caresse se brise par oppresseurs et oppressés, tout deux injurieux de l’origine simple.

Oubliant que la liberté n’est pas dans l’acte mais dans le choix de l’acte, oubliant qu’elle n’est en rien facile bien que simple de nature et en voulant se l’approprier faisant d’elle un capital, et peu importe l’idéologie de départ,  chacun pour soit avec tous la rend inutilement complexe et obligatoire, l’annihilant alors de fait.

Ainsi tous croient qu’ils savent et pourtant personne ne sait la croyance à savoir sauf celle qui fait des autres un outil en se moquant de la naïve vérité.

De la brise il ne reste alors jamais rien. Toute tempête n’est qu’un pouvoir furtif inutile (un de plus, un différent mais un quand même) qui finit par s’éventer en canicule écrasante acceptable pour tout reflet de vernis brillant de dollar à bronzer.

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Monde à venir


Photographie : Boris Sentenac (droits réservés)

Photographie : Boris Sentenac (droits réservés)

 

Phares endormis d’un temps de mémoire dans un océan du temps aveugle de lumière, l’éclat en silence habille en ombre la flèche s’étirant vers les étoiles invisibles.

 

Sur la lumière se dessine l’hiver ou à chaque extrémité se dit toutes les promesses en solitude froide.

 

Le rempart des fenêtres, chacune unique pour le même reflet, fait secret les regards comme autant de vérités qui s’unissent dans le même mensonge, décrié mais consenti, de la cité.

 

Espoir perdu de bâtisseurs, on accuse le temps d’en être le voleur pour continuer la persuasion de la raison.

 

Océan du temps aveugle de lumière sur phares endormis d’un temps de cauchemar à venir, l’éclat en tintement n’habille qu’en nombre l’indice s’écrasant sur nos larmes d’étoiles.

Repos


Loin des cris des raisons finissant toutes en déraison, boire le rire d’une pierre de rivière caressée par les herbes aquatiques et frôlée par les éclats furtifs d’armures souples aux regards constamment lavés plutôt qu’essuyés, fermer les yeux sur un nuage pour ne plus les salir et enfin s’endormir dans l’union des langages sans bavardage.

Essentiel oublié


 

 

Illustration Margot Roisin

Illustration Margot Roisin

 

 

En cris, en lumières clignotantes comme moqueries des étoiles et en maigres éclats se faisant lois à faire rire tous les soleils de tous les jours finissant sur mousse de velours, nous sommes tous pour nous-mêmes superficiels en bataille à gagner pour une guerre perdue.

 

Puis soudain, d’hier pour aujourd’hui, sur un lit de papier pour poussière ancestrale taillée, en langage de nuances comme nuages s’élevant du drap de terre sur lequel elle pose, apparaît, en nourricière, la beauté.

 

Nulle couleur au devenir de nuit n’est, et, en légèreté de silence, s’exprime l’essentiel oublié de la vie.

Révolution


Photo : Delphine Rupp

Photo : Delphine Rupp

 

L’eau se lisse en désert

Comme le début des terres

Qui s’étend en virgule

Sur le mystère des origines

Et qui garde pour le vent

Les empreintes qui parlent

Déjà du terme du monde

En souvenir d’une humanité

Juste complexe mais

Qui a gardé inconsciente

Toute l’animosité obscure

Du fond des mers

Que ne peut éclairer

Un reflet de lumière

Jouant sur les nuances

De ses hauts rêves

Qui lui restent incompris.

Nuance


 

En constellation de chemins,

Et en maigre confort des peurs,

Une procession de lampadaires

Scintille en un dernier bonsoir

De lumière.

 

Les lucioles dans les ténèbres

Eclairent ce qui est convenu

Bien qu’elles ne puissent, dans leur langage,

S’empêcher de marquer l’axiome

Des ombres.

 

L’évidence n’est que la richesse

De pauvres regards alors que,

Par humilité et courage,

La nuance est ce qui nourrit

Le passage.

Regard de l’éternité


Photo : Boris Sentenac, tous droits réservés

Photo : Boris Sentenac, tous droits réservés

(Texte: « Le temps est un joueur avide qui gagne sans tricher à tout coup c’est la loi ! » Les fleurs du mal, l’Horloge – Charles Baudelaire)

Photo : Boris Sentenac, tous droits réservés

Photo : Boris Sentenac, tous droits réservés

Photo : Boris Sentenac, tous droits réservés

Photo : Boris Sentenac, tous droits réservés

Le futur est déjà le passé en illusion de présent.