Le livre du printemps


Les couleurs des amours s’envolent
Recouvrant le jardin
D’un souvenir en devenir.

Le jus sucré renfermant l’avenir
Va nourrir le jardin
D’une saison en souvenir

Aujourd’hui, en dernier élan
Saluant l’inexistant
Le livre du printemps perd ses mots.

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Fenêtre de printemps


Le matin a tiré son voile
Sur la jeune et vierge lumière
Qui éveille les bavardages
Des belles et colorées promesses.

Regard sur le temps


Ma lucarne figée comme la saison scrute l’âge de l’abandon, le temps des promesses, la moitié de vie répétée.

Au loin, au-dessus des toitures présentant leur profil en parallélogramme de leur cadre régulier, l’hiver peigne les arbres et s’enfile dans les flammes froides des peupliers, tandis qu’auprès de tous les souvenirs élancés de feuilles, conversant sur le vent, s’égoutte le ciel de ses larmes.

La transparence des veines jusqu’à l’origine fera la couleur du printemps tombant en lumière pour l’heure grise, comme le silence sur fouillis de branches sombres de patience comblée de mots bruyants pour tous et brillants que pour soi, même pour toi.

Pourtant tout est possible


Tandis que le soleil se sèche sur quelques nuages de son bain, sa lumière propre augure la fête qui se prépare.

 

Les arbres tendent leurs bras vers le ciel pour imprimer les innombrables confettis qui se jetteront comme amours de jeunesse dans le vent avant de faire tapis soufflé dans l’oubli.

 

L’ardeur fera monter la gourmandise avant l’ultime brûlure qui ne laissera que vieillesse froide en guise de couverture pour sommeil de solitude.

 

Le printemps est comme un leurre qui se répète pour désigner ce qui est en ce qui n’est plus.

 

Vérité sourde juste entendue, la réalité dit pourtant à qui l’écoute que tout est possible.

Souvenirs en lit de rêves


Berceau d’étoiles aux branches invisibles

Plongées dans un seau de survie

En guise de magasin sur un trottoir

Caressé par le dieu des mimosas

Dans sa douceur hivernale et prometteuse

Des couleurs du printemps à venir,

 

Furtif parfum en rire de lumière

Courant en joie comme un enfant

Transparent aux rides faisant couronne

Du regard de leur gardienne qui se sert

De la magie de l’éclat fleuri

Sans plus croire à son langage,

 

La poésie n’est cependant pas bourgeoise.

Elle est la noblesse d’être du temps

Avec la lumière de tous les instants.

Le passant dédaigne le rire,

La marchande s’expose au silence

De larmes sèches arrachées par tous les vents.

 

Pour tous, habillés de nuit,

En sérieuse hiérarchie d’austérité,

C’est une opportunité simple

Au demeurant naïve et manquée

Comme une honte de souvenirs

En paisible lit de rêves pourtant éternels.

Epines de rose


Larme matinale sur la rose piquante

Du jardin desséché, derrière ma lucarne

La nuit se fait absence comme le refus

D’un avenir devenu redouté.

L’interdit déserté du parfum rouge et léger

Porté par ta main pareille à la brise

Qui caresse le flâneur du printemps,

Restera froissé comme le secret

Pareil aux sourires du jour à traverser

Ressemblant à l’indifférence à venir

Confondue à l’oubli tant souhaité.