Melody Nelson


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Soufflé


Après que le vent eut laissé les abeilles faire leurs voltiges,

Après qu’il eut, comme d’une seule main, suspendu les parfums,

Le voici qui se lève comme pour tout emporter,

Eveillant alors la solitude en manteau.

 

En bourrasque, il la secoue et semble la provoquer,

Il dépoussière le silence endormi dans les oreilles

Et gratte les regards qui ont déjà oublié

Le sourire éclairé par la lumière du miel.

Regard d’éclaircie


Lac de ciel aux bordures de lumière et d’ombre,

Lac d’un souffle figé comme un souvenir aux bordures d’eau.

 

Horloge sans aiguilles, elles se sont envolées et

S’érigent et se croisent, ailleurs comme éphémères traits de craie.

 

Monocle entre regard et invisible

Comme le temps, silencieux, imperturbable à toutes peurs

 

Que les prières murmurées des horloges suscitent,

Il semble lucarne de rêves dans de longs draps de nuages

 

Comme sur le vaste monde, on regarde le même ciel,

Glissant en voyages des vents, Sans jamais rien voir de pareil.

Comme un poème


Le soleil n’est jamais rouge :

L’heure l’exprime

Comme un poème

Exprime le monde.

 

Tes yeux ne voient rien,

Ta pensée le sait

Comme un poème

Sait ton monde.

 

Ton regard saisit l’opulence :

Le reflet de l’instant

Comme un poème

Saisit qui tu es.

Reflets de jardin


Paradis du jour en reflet d’harmonie,

Sa visite en nocturne écrase le silence

De son langage de couleurs.

 

Réalité involontaire sur la vérité

De son créateur patient et acharné,

Le jardin sans besoin de clôture,

Dicte les limites de son rêve

Et parle de son repos redouté

Comme s’il s’agissait de ses angoisses.

 

Enfer de la nuit en reflet de cendre

La visite en diurne éclate le chant

De son langage de couleurs.

De mois en moi


Tandis que la colline se fait ombre de choux-fleurs

Tandis que le soleil s’en va en soirée

Tandis que les coquilles reflètent telles qu’elles le souvenir rigide du jour

Tandis que les fenêtres parlent des heures à venir

 

Le secret ne parle que de rien

La lumière étale son désespoir statique

La musique s’éclaire de népenthès

L’horizon invisible s’endort sur l’absence de sa volonté.

 

Mes sens témoignent pour le monde

Tandis que le monde se donne à nos sens

De nous à moi

L’inutile est toujours de mois en moi