La bougie


Sans cesse sur le départ,
Sans cesse se déshabillant de sa parure,
Sans cesse s’étirant dans le sommeil,
Sans cesse bavardant avec le silence des murs,
Sans cesse brûlant son lien avec la vie,
Sans cesse réinventant le temps qu’elle fond en éternité s’écoulant en abandon,
Sans cesse agacée par mon souffle qu’elle menace d’un duel,

Son cœur sombre se lie à son éclat,
Jusqu’à ce qu’elle cesse,
Comme le miracle de la vie transparente sur la mort,
Pareil à l’amour,
D’éclairer la pudeur de la conscience
Sur la robe de l’éternité plus tôt oubliée
Qu’elle retrouve, d’un cœur bleu, pour avoir brillé.

Notre père de mort


Tandis que l’eau s’esclaffe en s’écoulant,
La transparence en chacun
Ne peut être qu’en se disant.
Le mystère est une sécheresse
Que seules quelques larmes tentent en vain
De perler comme quelques étoiles
Tandis qu’il devient notre manteau,
Tandis qu’il est froid et souffle toute flamme,
Tandis qu’il est notre père de mort.

Automne


Sous les rêves devenus froids et secs, l’enfant transparent jouait avec les cadavres de son printemps.

Comme pour profiter des dernières couleurs, de ses doigts verts et inombrables, le jardinier tentait d’ordonner la mort.

Mais ne vivant qu’au présent, le vent se moquait de ce que disait l’instant.

Danse !


Danse ! Pose tes chaussures rouges et danse le blues.

Je suis mort aujourd’hui, c’était un autre jour et le temps gagné se grave encore en temps perdu. Je vois la lumière j’entends le bruit sans autre caresse que celle des saisons aussi lourdes que ma stèle et qui se succèdent sur mes épaules. Je suis mort aujourd’hui, c’était un autre jour, et il se peut que tu t’en souviennes. La nuit s’est posée en écho, celui qu’on suggère à la joie avant de se taire.

Danse ! Pose tes chaussures rouges et danse le blues.

La vérité se dit d’abord en faits et non en mots choisis. Un jour la mort m’offrira mon désir, un jour je serai mort d’être jeune.

Danse ! Pose tes chaussures rouges et danse le blues.

La colline d’en face


Un nuage de réverbères s’étale
Et écoule la pluie de ses lumières
De son fleuve de nuage sans lit
Remontant, tels les draps saisis du lit
Pour parer au cauchemar, la colline
Fuyant en vapeur sa ponctuation
Laissée coulante au long du caniveau
Comme nous tous fuyons vainement la mort

*

Pour suivre:

https://www.bing.com/videos/search?q=black+star+bowie&&view=detail&mid=7FCBA0BEC6863A17E0687FCBA0BEC6863A17E068&&FORM=VDRVRV

Rappel vivant à l’ultime


Ce matin, loin des océans, une mer de silence, blanche et froide comme la mort s’est étalée sous ma lucarne.

Quelques oiseaux y ont laissé leurs empreintes chantantes noires et chaudes comme des étoiles, rassurant mon regard.

Mouvement


Mouvement, Boris Sentenac, tous droits réservés.

Mouvement, Boris Sentenac, tous droits réservés.

 

Sauf la mort, tout est en mouvement.

Peu importe la direction puisqu’elle s’inscrit dans le temps qui lui échappe comme chaque feuille d’un arbre qui, de printemps en printemps, tente de l’attraper, chaque fois imperceptiblement plus proche et pourtant toujours aussi loin, comme si son langage, son vrai mot caché derrière tous ses noms, ses pseudonymes, ne pouvait – être qu’éternité : une réalité sur le mensonge de l’espoir.