Matin 2


Dévorés puis vomis sans avoir été digérés,

Compressés dans le ventre de l’insecte de fer,

Nous voici nous écoulant pour nos huiles,

Sans avoir à avancer, en direction des enfers éteints.

Regards à la pointure de chaussures,

Les nez se lèvent sans jamais rien humer,

Le risque n’est autre que de se bousculer…

Les directions sont sans lecture

Puisqu’il n’est plus qu’un seul chemin pour chacun

Afin de rejoindre un autre ver de fer.

Puis un autre encore, tous giflés

Par quelques éclats furtifs accrochés sur l’obscurité

Du chemin sans mystère aux hurlements stridents de la bête

Comme pour les tenir tous (et comme nous tous) en respect.

Dimanche, comme dansante, la ville brillait de ses ors.

Aujourd’hui, comme morte, elle se fige de tous ses os.

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Absolu passager


Photographie : Boris Sentenac, droits réservés

Photographie : Boris Sentenac, droits réservés

 

La mer s’est retirée comme un drap de la couche qu’est l’horloge allongée de l’horizon.

 

Coincée comme un bâillement entre les deux oreilles, dont on ne sait plus s’il s’étire ou se contracte, elle a retiré sa fatigue du grand lit de la petite plage, nourrie de l’influence d’un reflet transparent d’une lumière qui ne dit rien de son mariage, effondré dans une normalité quotidienne qui éteint celle des vagues absentes du jour. La voici aveuglée de lumière, comme soumise à la transparence du mystère.

 

Pourtant, seules comme quelques souvenirs, la mer a laissé quelques flaques qui nous disent la déraison de l’absolu.

*

À lire sur le même thème le poème de Margot Roisin :

https://versantares.wordpress.com/2016/10/12/maree/

Poussière d’étoiles


D’hier jusqu’à demain
Poussière de grenier
Poussière de tes etoiles
 ?       .    .             .
           .     .      .          .
    .       . ..       .      .      .  .
  .     ..   .  .      .          . !
Futile langage d’hier
Tel outil de musée
Tu es fait de mémoire.

L’éclat des nuances


L’éclat blanc des nuages,

En mots forts pour sens fades,

Jette son reflet

En rideau de peur et de dénis,

Sur l’évidence de toutes les nuances.

 

La poussière de perversion

Comme simple pensée

Qui parle en savoir,

S’efface par les perles sacrées

De l’échec des excès des croyances.

 

Sauf aux noyés des larmes,

La vérité apparaît toujours

Comme l’expression de la lumière sage

Qui, sans rappel de tolérance,

révèle toutes les couleurs.

Regard lumineux


Nul ne peut regarder le soleil en face.

Nul ne le peut et tout le monde le sait.

Celui qui regarde le soleil

Comme on se regarde franchement,

N’est autre qu’un trompeur de la vérité.

Il la défie pensant, aveuglé,

Que tout l’univers n’y voit que du feu.

 

Pourtant, tout le monde sait qu’ainsi

C’est toi qui ne vois rien

Et que tu ne peux qu’imaginer.

Tu confonds, toujours aveuglé,

Savoir et croyances.

Au final, c’est ta croyance

Qui devient aveuglante.

 

Mais la vérité ne se pervertie pas.

Tu n’as pas les yeux de l’aigle

Et face à ton désastre de prétention

Et de peur du regard des autres sur toi,

La lumière ne te donne aucune grâce

Et ne te rend aucune dignité

Et tu grimaces à la lumière avec un sourire de mensonge.

 

Toute lumière fait de l’ombre

Et tu fais silence de la tienne

En te la justifiant sur la bêtise du monde

Que tu incarnes pourtant

En ridicule incohérence

De celui qui a le plus besoin de tolérance

Et qui en donne le moins.

 

Même le coq qui te ressemble,

N’ose défier l’éclat tant il sait

Qu’il n’est pas à sa hauteur

En dépit de ses fastueuses couleurs.

Il te reste, comme espoir de marins,

A comprendre les étoiles…