Douce mélancolie


Au soir, tandis que mon esprit voyage en réminiscences imprécises, réapparaît une affection qui s’écoulait de la patience d’un roc enrhumé qui ne cessait de se moucher dans le brouillard.

Il semblait patient et peu gourmand de lumière. De la force de son élan, il ne restait que celle arrondie de son agacement. Répandues en siècles de terre, un jardin éclot en tapis des mêmes larmes secrètes que celles qui font le vernis des toitures et des pierres militaires.

De ces bâtisses, s’échappaient quelques douces lumières, vocabulaire de mon souvenir de ce pays de pluie à l’horizon si proche et qui semblait résigné à laisser la parole qu’aux vagues grises.

Douce mélancolie telle une caresse enfouie qui ronge et calme le temps.

Encre de mon poème


A l’encre de lumière, je fume ma cigarette pendant qu’elle m’accompagne en fumant la poussière.

Nous fumons le temps qui s’étale sur la palette du jour pour que l’éclat peigne la nuit en sa lune et ses étoiles et dont je fais couleur de mon poème.

Concert Mathilde Caillard à La Manufacture (Choisy le Roi)


Du soleil et sa chaleur en émotions de cordes.

Le 8 mars 2020, à La Manufacture à Choisy le Roi, s’est déroulé le concert de mon amie Mathilde Caillard. Découvrez le !

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Et pour visiter son blog :

Mathilde Caillard – De la musique et des mots

 

La bougie


Sans cesse sur le départ,
Sans cesse se déshabillant de sa parure,
Sans cesse s’étirant dans le sommeil,
Sans cesse bavardant avec le silence des murs,
Sans cesse brûlant son lien avec la vie,
Sans cesse réinventant le temps qu’elle fond en éternité s’écoulant en abandon,
Sans cesse agacée par mon souffle qu’elle menace d’un duel,

Son cœur sombre se lie à son éclat,
Jusqu’à ce qu’elle cesse,
Comme le miracle de la vie transparente sur la mort,
Pareil à l’amour,
D’éclairer la pudeur de la conscience
Sur la robe de l’éternité plus tôt oubliée
Qu’elle retrouve, d’un cœur bleu, pour avoir brillé.

Les arbres soupirent


Le secret est mort étalé comme une étoile, asséché par la lumière tandis que n’avait jamais été entendu par personne que l’haleine de poussière de la lampe de chevet, seul témoin éclairé.

Il est mort exécuté en n’entendant que l’écho de ses bourreaux.

Puis un linceul de nuage s’est effondré sur sa dépouille tirant un rideau de pluie et de fausse pudeur et chacun s’est fait égal au condamné derrière les fenêtres.

Leur ombre par l’âtre parlait d’erreurs et de doutes faisant rire le mystère du secret.

Depuis, élancés vers la lumière, mais retenus par leur terre et giflés par les vents, les arbres soupirent.

Les mains


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Photographie Ghislène Ghouraib, tous droits réservés

 

Les ombres déposent leur bavardage sur l’attente et son souvenir d’amertume éphémère.

Usées d’avoir fait l’idée de chaque instant, les mains s’entrecroisent comme l’ouvrage des jours sur les nuits.

Elles déposent leur repos, essoufflées de caresses devenues transparentes, toujours éprises des mots écoulés.

Elles n’ont rien vu et ne répondent plus qu’à la cécité de la fatigue d’heures perdues à tenter de les gagner.

Elles ne comptent plus comme nul ne compte jamais les trésors de poussières de chaque vent.

Les mains ont saisi la patience de leurs doigts tels de longues phrases qui n’ont plus que leur ponctuation.

Ni dures, ni douces, elles attendent le souffle de la dernière minute pour l’évidence de leur position figée.

Journée d’un poète


Dans la rue, l’agitation ne dit que ce qui semble devoir être. Chacun a laissé son silence derrière les fenêtres statiques comme la patience qui fait leur journée.

Comme si j’en avais accroché à mon ombre, me fondant dans la foule, je marche sur mon silence et mes pas s’empresse pour ne rien manquer de ce que je ne sais encore de cette journée.

Le silence me suit et je ne crains pas de le perdre : en ville, et même aux heures obligées, il y a toujours trop de lumières pour qu’il n’y ait plus d’ombre même légère ressemblant à son langage : comme dévêtue mais sans gêner aucune pudeur.

Plutôt que de n’être qu’un œil qui range sans cesse son rayon de souvenirs, mon ombre use de ses mots d’hier pour accueillir ceux du jours et élabore, sans jamais rien inventer, le sens des sens qui écrit le poème

Les mots s’inscrivent en encre d’ombre ressemblant à mon plume avant même que je ne le saisisse pour reposer leurs silences conviés sur le lit blanc et qui leur est déjà réservé.