Brindilles de sourire


Des brindilles comme chevelure,

Faisant portrait de chaleur

L’été passé de notre amour,

Regardent en ton visage,

L’avenir dans l’axe de nos songes

Qui, en présent, reçoivent

L’éclat de ton sourire.

 

Le réel est alors jalousie

De tous les rêves morts

Tandis que les nôtres sourient,

A leur tour,

Injuriant l’abandon,

A la plus simple espérance

Qu’est celle du courage.

Cygne


Cygne du lac vu

Comme signe des rues

Brillantes de néons

Qui parlent de rien pour tous,

 

La majuscule blanche

A bec de soleil couchant

Sur points de nuit

N’est émerveillement

Que de nos regards.

 

Noblesse des eaux,

Il n’est que langage

De nature devenu culture

Comme naïveté enfantine

En souvenir d’émotions perdues

De la robe des fondations


 

En dépit des discours,

Décorum de murs inégaux

Alors enfin érigés et

Honteux de la robe de boue

Des fondations essentielles

De notre être,

 

Quand le sourire trahit

La corde de retenue

Enroulée autour des hanches

Tandis que le corps

Est poussé sur les épaules

Par les mains du mensonge,

 

Quand le regard trahit

Les roches de retenue

Amassées au devant des cris

Tandis que leurs flots

Pousse la faiblesse des jointures minérales

Par les mains de la colère,

 

Quand tour à tour

Nous sommes

La retenue et la force,

Dans le silence, il me semble que

La trahison inconsciente apparaît

D’être déjà ce que nous serons.

Des mots de nuages


Il n’est sur le monde de vision stéréoscopique profitable.

A l’inverse de chaque traînée d’avion, qui toutes s’inscrivent sans relief, certaines de leurs caps sur le rêve qui masque les étoiles par un savoir (un seul comme soleil), la pensée unique de chacun lancée comme flèche sur tous, même habillée de chaleur caressante digne de doux printemps, ne peut être louable de crédibilité. Il est déjà trop de mensonges, trop de filtres de lumière, pour qu’apparaisse une seule vérité sur la réalité. L’évolution en témoigne grâce mais aussi malgré nous. Il est un tout pour multiples langages.

De ces mélanges, naît parfois un arc-en-ciel. Pour tous, extase de la surprise suivi du silence de l’enfance que l’on fait taire comme le cris du réel. Notre survie est – elle un mensonge de transparence ? Le spectre décomposé de la lumière n’est – il qu’une magie de conscience ?

La certitude voudrait s’inscrire en éternité. Pourtant, même si nous manquons de temps, un jour chacun en aura mais n’aura plus rien que cela.

Hiérarchiser consiste à juger. Juger consiste à condamner. Des deux parties, une gagne tandis que l’autre perd. Ce qui est perdu pour tous est alors la part d’humanité inscrite à jamais dans le passé qui s’étire en silence hurlant sur chaque matin.

Je préfère, et le dire est peut – être déjà de trop, dans ma quiétude et sans me mentir sur quelques paroles plus légères que le vent, chercher des mots de nuages qui n’auraient pas encore franchi la ligne d’horizon.

Jeunesse


Les bruits de Paris deviennent ceux de Marseille. Le souvenir glisse sur le verni de la pluie. Nulle nostalgie pour échec au bonheur. Il est temps, même furtivement, d’éclater le temps.

 

Comme des vêtements sans mode que l’on enfile les uns par-dessus les autres à mesure qu’approche l’hiver, n’empêchant pas la vérité de la nudité malgré la réalité, l’âge n’est pas la jeunesse.

 

Nu comme l’espoir de l’amour, condamnée sur sa peau comme sur les mots, les couleurs, les musiques de la poésie, réduite en porte – manteaux, elle se tait humblement devant l’autel des nécessités sans jamais en faire dieu. Sa larme est l’expression du divin qu’elle est.

 

Avant de n’avoir trop prononcé la mort, avant l’ultime toilette et les derniers vêtements en dernière pudeur étirée d’un passé qui n’a pas plus de sens que le dernier sourire figé qui n’est même pas le notre, avant de n’être que la brume dénuée de rêve s’évaporant du verni de la vie et tandis que les bruits de Paris deviennent ceux de Marseille, il est toujours temps d’inscrire le présent dans tous les temps.

Calme et tempête


Songe du jour, Margot Roisin (droits réservés)

Songe du jour, Margot Roisin (droits réservés)

 

Plénitude d’un instant que l’on vit en voisin de soi, les yeux dans les cieux et en aiguille du temps. Le regard est le présent.

Le voyage, sur le lit de prairie, regard contre vent porté par toutes les poussières vers l’absolu céruléen agrippé à sa terre oubliant qu’il est des étoiles et menacé par de lourdes vapeurs, me transporte vers le mystère de la vérité en quittant la réalité. La dualité involontaire est alors tempête pareille à des paroles emportées de tous les reproches à ne pas être ce qu’elles sont.

Ces discours de néant à l’instant qui en fait tout s’essoufflent. Le doute tente de retenir le vent et signifie timide la transparence du voyage.

Mais la colère, par l’injure sur l’invisible, revêt la certitude en ligne droite d’évidence filante, envole sa parole en vérité, maigre pertinence aiguisée par les branches de ma couverture d’ombre avant que le doute soumis ne surgisse à nouveau de sa fatigue.

Furtif sourire au ciel comme la lune sur la terre, la torpeur de mes mystères s’évapore. Au réveil, vent tombé, ne reste qu’une sensation d’incohérence persistante comme celle d’un viol du corps sur consentement du cœur. L’heure est à la nécessité de la nuit pour comprendre l’ardeur sans la confondre à la colère des peurs.

 

Inspiré par la musique Calme et tempête d’Allan Besset (droits réservés) à découvrir en cliquant sur le lien ci – dessous

Interlude


On tombe par hasard sur  » Spain  » de Chic Corea qui reprend Aranjuez mon amour. L’envie me prend sitôt le jazz passé de retourner à l’origine. Margot plonge dans le haut bois qui pleure sur la guitare, entre l’envol écrasé et le spasme qui se perd dans les hauteurs des sensations. L’inspiration poétique l’enrobe et sa larme ne sait se retenir sur la version chantée en Espagnol par Dalida. Bref, comment ne pas partager ? Profitez

Paradoxe


La mer est possessive et, masquée en chants de marins, solitude de bateaux.

 

La plage est infidèle par nature, acceptant toutes les caresses de chaque vague passante.

 

Il n’est aucun mot à la simple perception de la réalité tandis que tous se pressent sur les vérités du sable, comme les poèmes sur les déserts blanc.

Quotidien


 

Au loin, dans le matin froid, la montagne Sainte Victoire fumante de ses rêves joue sagement à cache – cache avec les collines vertes qui glissent dans le quotidien terne et presque transparent du passé drapé d’habitudes linéaires que chantent en monotonie majeure toutes les minutes des trente cinq du bus au sens des heures à pointer.

 

Dans le néant du soir d’hiver, me voici conscient de la langueur obligée passée et dans le déni de la fugacité de l’essentiel simple à venir. La monotonie est alors virgule des temps. No man’s land comme enfance aveugle sur les minutes qui ressemblent aux heures.

 

L’oubli se coince pincé dans l’empreinte, comme la route, entre les reliefs du matin et ton sourire du soir. Le temps n’est rien.

La toilette


la toilette

La toilette (Toulouse – Lautrec)

L’heure est à la rêverie des eaux. Le reflet s’écoule sur la peau faisant flaque de linges et horizon de mur.

 

Tu abandonnes les souillures devenues habitude et mérite de repos au couple de sièges immuables à l’instant car figés en trônes des fatigues d’heures tardives qui ont oubliées le temps.

 

Chaussée de nuit et assise sur tapis de ténèbres comme contraste sur le plancher du répit, ton visage est le charme sans fard d’une douce voix de silence sage et d’un regard en voyage vers les étoiles douces de ton sourire rêveur avant que la réalité ne te prête mots non choisis à propos de l’escalier pour paradis désuets, pour gain de pain quotidien.

 

De ces souillures de toutes les solitudes devenues habitudes, la toilette se finit en perle comme seules larmes de fraîcheur au reflet de tes rêves mystérieux comme ton visage fait beauté de ton présent.

 

A lire, le poème  » Caméléon  » sur le même thème, de Margot Roisin :

https://versantares.wordpress.com/2016/01/04/cameleon/

Voeu


Comme aucun vacarme, le cri du propos n’en est pas la force. Il n’est que tempête venue du désert du bonheur. Son souffle n’est que transparence de revenants. Il n’engendre que la crainte sans jamais se faire respect.

 

Fermer les yeux n’efface aucun fantôme.

 

Il n’est de spectre que celui de nos faiblesses. A chacun, à chaque communauté, sans rien renier d’essentiel, en ce moment d’espérance comme en tout autre pour chacun, en cette époque charnière pour tous, puisque nul ne sait si la poussière de l’horizon vole par colère ou en sérénité, pour qu’éclate alors la peur des mystères et que les cris deviennent chants, je souhaite la force d’admettre les mots simples à dire de chacun dans sa sincérité comme à entendre dans la tolérance par tous. Je souhaite à tous les mots simples de toutes les vérités.