Mer de brume


Brume de mer, mère de brume comme si le temps ne glissait plus sur les saisons, le souvenir d’étoiles en paillettes sur ta longue robe est noyé sous la coupole des pleurs en brume de ta mémoire imprimée en langage perdu et finissant sa phrase par la suspension de ton passé qui s’est agrippé, statique, à ton regard, à ton devenir.

 

Mer en guerre sur l’âge des falaises silencieuses, pour un roc, un seul, un des tiens comme clou de ton malheur, qu’une tempête inoubliable t’a salement forcé à dénuder. Depuis, tes larmes sont le masque de tous les vents et de leurs voyages qui portent les poussières d’ailleurs. Tu fais de tes terres de certitudes tremblantes le socle évident de tes enfants en peur, par écho de ta mauvaise heure, de ces messagères étrangères. Elles n’ont pourtant que caressé tes dénis, désormais scintillants en tes reflets de mensonges, parfois de silences ou encore d’aveux d’échecs pour foi de raison et pauvre monnaie d’échange à tes quelques marins d’aujourd’hui bien en peine.

 

La mémoire n’est alors que le regard sur tes vagues qui fractionnent le temps à mesure que leurs paroles répétitives, inlassables pour les mystères, grignotent les renforts de tes croyances et de tes sanglots.

 

Brouillée par ton brouillon de brume sur l’horizon, chaque vague est comme victime de chaque roche et chaque terre, aussi siège de vie, devient alors victime du manteau de tes larmes de mer…

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Monte !


Ne deviens pas ton propre menteur pour faire de toi un mentor.

 

Aucune tempête ne peut souffler l’éclat scintillant des étoiles.

 

Aucune canicule de basses terres n’évapore le trésor simple de reflets de soleil caché comme gloire d’ascension de montagne.

 

Là – haut, le cri de ton regard sur le monde n’éveillera aucun écho.

 

Le silence de ton regard qui s’écoulera sur ta joue te rappellera à la simplicité de la perle des terres secrètes mère de nuages de toutes les mers caressant les terres et qui toujours, pour toutes les mains, s’offre et s’échappe.

 

Monte !

Mer


Berceau des lumières, du jour et de la nuit, tu t’en fais parure dans le langage de ta danse incessante. De quel rayon de caractère t’inspires – tu pour te faire soleil ? Tu te fais brûlure de vie en arguant de réponses aveuglantes. De quel éclat de caractère t’inspires – tu pour te faire lune ? Tu te fais possessive des couleurs en hurlant protéger les rêves.

 

Ventre des secrets de l’essentiel, tu permets d’être à tes enfants fidèles tandis que tu es noyade pour les fils des aventuriers des terres qui t’ont quittés. Tu es caméléon du ciel en souvenir de l’audace de leur rêves et tolérante à leurs caresses sur ta surface.

 

Belle négociatrice, accepte les rivages. Ne te fais pas ogre du monde après en avoir été la mère. Admets, pour que perdurent tous les amours, que si nous ne sommes chacun que matelot à l’origine de tes tempêtes, à l’origine de nos manques nous devenons capitaine.

 

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