Déni


Pareil à chaque fois
L’ombre contourne et scrute
En regard de paupière,
L’éclat de ses racines
Avant de s’endormir
Sur sa propre réponse
Aux questions de lumière.

Ne plus être…


Parce que tu as cherché un but qui n’existe pas

Et que tu n’as trouvé qu’un moyen :

Celui d’avoir pour être, abandonnant ce que tu étais,

Parce que tu as posé le temps qui n’existe pas

Et que tu n’as trouvé qu’une finalité,

La lune est devenue aveugle

Et le confetti du pommier, un leurre.

Infini éphemère


Quelques chants d’oiseaux revendiquent la vie
Du printemps maintenant en manteau de terre.

La mort en camouflage de vie soumise
A la patience du temps parle en conscience
Comme une promesse de l’éternité.

Le soleil reviendra bruler ce qui brille
Tel un sourire en infini éphemère.

Néant


Je me suis endormi sur mes rêves polis

Comme un galet auprès de sa belle rivière,

J’ai admiré la transparence s’écoulant

Sur l’éternité, puis par ta main de poèmes

Tu m’as glissé dans la poche de ton envie,

En un désert : silence de ta liberté.

Tu t’es approché d’un ciel bien trop lumineux

Et n’as entendu que la parole légère

Du vent trop fort qui ne se doute pas des gifles

Qu’il inflige, brûlant son plaisir vaporeux

En déni et toujours au mépris des bonheurs.

Il t’a parlé de ses jeux en mots de voyelles

Criantes mais si pauvres, puis tu as lancé

Du haut du vertige, le poids de l’essentiel.

Il n’y a plus de rêves ni de transparence

Et ton fugace plaisir, opaque aux poèmes

N’avait même pas le goût du sucre promis

Puisqu’aucun fruit ne pousse sur branche arrachée.

De cette chute vertigineuse il ne reste

Que les angles saillants qui ne croient plus en rien

Et qui pourtant en une prière réclament

Le silence des mots de notre vérité,

Ne pouvant par aucun vent polir à nouveau

Ce cauchemar figé en quelque nouveau rêve.

Oublis


Le monde s’oublie à mesure que le sapin décompte en éclat les mesures restantes avant le crime des papiers brillants et colorés.

L’impatience contenue éclate en démesure pareille au monde qui, en silence de sagesse pour démesure, se rappelle au sapin qu’on oublie

Silence du temps


Les sourires pour lumière

Passent les phrases trop belles,

Tels les secrets de prières,

Sans l’oubli des hirondelles

Et de leurs rires.

 

 

En l’hiver et son vent froid,

D’elles, on ne parle jamais

Le temps se tenant en roi,

Ouvrant le chemin vers mai

Sans rien nous dire.