L’amour


En pluie de lumière, l’amour s’écoule sur l’étang qui s’endort tel un marais en fermant sa paupière de nénuphars sur le jour qu’une des fleurs semble avoir inspiré, en lâchant un de ses fils brillant partit faire sa ronde et danser avec les ombres pour disparaître et laisser les étoiles en bavardage qu’on ne devine qu’à peine.

Demain, cette autre date qu’on prendra pour la même qu’hier parce qu’il n’y a qu’un soleil, d’une autre fleur de nénuphar, comme encore unique parole de chaque jour aveuglant le bouquet des espoirs passés, surgira l’astre tandis que le jour s’évaporera comme à chaque fois tel l’amour.

Regards possibles


Semblant jetées dans le désert de la nuit, les étoiles sont devenues lecture de chemins sur océan éteint.

Espoirs de tous les horizons, il n’est aucun parcours définis pour les relier sauf par ceux de la loupe des mers.

Pourtant, de terre en terre, les mêmes sont fidèles en chacune de leur solitude, indéfiniment pour chaque hémisphère.

Carte plane comme la mort, elles sont relief d’infini défiant le temps et nous appelant à conjurer la suffisance de nos regards vers l’espoir.

Correspondances


Fatigué de sourire, après avoir été engouffré dans le dédale par l’air fuyant l’instant et pourtant jusque-là transparent sur la ville, les couloirs s’échappent dans l’absence à chacun de mes pas décidés à prendre un métro pour rien, celui du sommeil pour accompagner celui de la chaleur.

Tout devient étranger comme les bavardages en correspondances au vacarme des rames.

Les stations ne sont que repères de patience qui n’ont plus de sens : panneaux d’anciens prestiges en nouveaux vestiges, correspondances qui éblouissent les rues et éclaboussent les cieux qui n’ont que le souvenir des égards portés tout sourire vers les étoiles dès lors dénuées de leurs correspondances sur les rêves.

Rêves


Combien de larmes d’étoiles se sont écoulées pour que naisse le rêve des terres qui, en chaque vague, enfante vers les cieux ?

Et tandis que la terre craque sous le mensonge de la neige, la mer n’a que faire de la poudre blanche des paroles de ses fils qui l’accompagnent.

Elle étale tous les spermes inutiles de ses mystères sur la plage où je n’entends que l’éternité de la fin de son propre rêve, tandis que désormais dans l’infini, scintillent les étoiles.

Apaisement


A Ana.

Le miracle ne serait qu’un enfer
Si les étoiles n’avaient de secrets.
Leurs éclatantes lumières
Qui transpercent le temps pour s’exprimer
Jusqu’ici et même ailleurs sont langage
De leurs promesses que nous entendons
En scintillement si riches d’espoirs.
Regards multiples chuchotant leurs songes,
Avec leurs mondes elles sont réalité
Et parlent en toutes saisons sur nos rêves.
Puisque ton sommeil est fruit d’univers,
Ferme enfin les yeux et apaise – toi.

Derrière les étoiles


L’exaltation est nue
Comme les cieux nocturnes
Et s’élève telles leurs lumières
Du passé à l’avenir.

Sauf en chaque abandon,
Maigre éclat de paillette,
S’écoulant telle une larme
Le présent n’existe pas.

Derrière les étoiles
Place ton beau regard
Pour en saisir les mystères
Et devenir ton espoir.

A deux mains


Les oiseaux chantent encore…

Par leurs chants ils empêchent la nuit d’être la mort du jour.

Ils nous offrent ce que l’on ne peut entendre lorsque la ville chante trop fort

Et qu’elle éclaire le ciel de ses lumières prétentieuses
Faisant qu’un maigre jour sur la nuit que les oiseaux font taire.

Projectile lumineux sur la paix de l’horizon,

Tu lances ton regard dans cet invisible chantant et, en un sourire sur le sort conjuré,
ton cœur vit le bonheur.
L’horizon est toujours inaccessible mais il est.

Dans la lumière la plus artificielle perce un regard des plus lucides.
Quel que soit l’horizon, il perçoit les étoiles derrière les nuages,

S’envole avec les chants des oiseaux, caresse la lune qui scrute tous les rêves
et bien que loin en mystères des cieux, il est toujours là.

Mathilde CAILLARD                                                                                                Boris SENTENAC