Nuit


Il n’y a plus d’heure.
Les immeubles sont les ombres d’hier.
La chaleur s’accroche aux quelques nuages qui bavardent avec les étoiles sur le silence de l’instant.
Vaste sujet pareil au ciel que compliquent emmurés, les hurlements des rêves.

Lumière prétentieuse


Cracheur de mots qui n’a pour dons de pluie que ses postillons et qu’un éclat fugace comme la lumière de ta prétention qui, en déguisement, insulte son origine, livre sa brutalité sans rien offrir de sa beauté que tu es seul à rendre illisible, beauté déchirée, pour tous comme pour toi, illisible jusqu’en ton langage de louanges de mensonges.

Telle bourrasque de vent, tu ramasses tout, mais tout retombe sitôt ton souffle passé. C’est toi que tu perds quand tu pleures parce que c’est toi que tu pleures quand tu perds.

En dépit de ton seul bruit, ne t’étonnes pas du silence. En quête de bonheur trop éclatant pour que tu puisses briller autrement qu’en feu de paillettes, tu ne peux discerner la joie qui s’étale à tes pieds en ombre subtile de la vie.

Journée d’un poète


Dans la rue, l’agitation ne dit que ce qui semble devoir être. Chacun a laissé son silence derrière les fenêtres statiques comme la patience qui fait leur journée.

Comme si j’en avais accroché à mon ombre, me fondant dans la foule, je marche sur mon silence et mes pas s’empresse pour ne rien manquer de ce que je ne sais encore de cette journée.

Le silence me suit et je ne crains pas de le perdre : en ville, et même aux heures obligées, il y a toujours trop de lumières pour qu’il n’y ait plus d’ombre même légère ressemblant à son langage : comme dévêtue mais sans gêner aucune pudeur.

Plutôt que de n’être qu’un œil qui range sans cesse son rayon de souvenirs, mon ombre use de ses mots d’hier pour accueillir ceux du jours et élabore, sans jamais rien inventer, le sens des sens qui écrit le poème

Les mots s’inscrivent en encre d’ombre ressemblant à mon plume avant même que je ne le saisisse pour reposer leurs silences conviés sur le lit blanc et qui leur est déjà réservé.

Sous l’ombre blanchie


En reflet d’évidence et d’impatience,
Tel paon qui déploierait sa vérité
Sur sa page de poussière d’été
Et tournoierait pour inscrire son monde
Finissant en boue à bonne saison,
Tu n’as vu que de trop belles couleurs
En effet d’éclats que tu sais pourtant
Et tu as glissé en l’ombre blanchie :
Déguisement du confort des envies,
Sans plus lire finement la lumière.

Trait d’ombre

Trait d’ombre


Dessin d’Anne Saddavong, droits réservés

L’humeur charbonnée gratte le grain du papier plus blanc que l’éclat du jour tandis que la brise caresse le visage éclairé, plus statique encore que la lumière qui joue avec l’ombre.

Tout se dit dans le silence du geste qui fige l’instant en se faisant horloge. Le trait ponctue en virgule loin de tout sens faisant marche forcée de la phrase du jour.

le silence est un trait sur la nuance d’un poème.

L’ombre d’un rayon de soleil


L’ombre de son rayon de soleil fascinant
A fait de ton beau regard gourmand de couleurs
La paupière fatiguée digne d’un cyclope.
Et pour seul égard à la lumière tant choyée,
Tu as parfois choisi le silence infidèle
Plutôt que de discuter avec le mensonge.
Mais l’ombre ne vit toujours que par la lumière.

Depuis, certaine que ton langage fait loi
Tu t’es enfermée dans les murs de ta prison :
Celle de tes mots, me prenant pour ton geolier
Alors qu’aucune porte n’est restée fermée
Et que tu ignores même ce que je sais.
Tu ne te crois désormais que comme tous les vents,
Comme éprise de parois qui font leur courant.

A ne regarder qu’un seul rayon de soleil
Tu n’as pu voir que l’ombre qu’il a déposé
A tes pieds après avoir lâcher sa lumière,
Cette étincelle qui ne se dit qu’en pleurs par peur,
Celle qui dévore des beaux jours leurs couleurs
Sans aucun éveil sur le sens de mes silences.

Ombre


Tel un fantôme,
Mon ombre
Me parle du silence

Au gré de la lumière
Elle choisit l’angle
De ses mots

Elle va et vient
Comme la mort sur la vie
Tandis que je marche

Je l’écrase
Je la suis
Elle me suit

Fille de la lumière
Fille de mon être
Fille de rien,

Elle est l’expression
De l’étonnement
Sur l’infini

Elle est le rappel
De la transparence
De la lumière

Que je génère
Par le mensonge du ciel
Et la vérité solaire

Dont je rêve
La nuit
Sous couverture

Du silence
Des étoiles
Scintillantes

Comme son silence
Qui me dit
Mon silence.

Nous on dénoue


Le soleil occulte les étoiles et inonde le ciel de sa lumière.
Elle s’écoule jusque sur les innombrables feuilles argentées des oliviers bien alignés dans un champ de poussières.
Sans espace comme se noue ce poème, par la brise qui les lit ensemble, les oliviers frétillent de leurs consonnes tandis qu’ils préparent leurs voyelles enrobant l’origine de l’avenir.
Arbres centenaires, à cet instant unique de lumière et d’ombres, tandis qu’en une voix de cigales, comme le passage du devenir en souvenir, après que chacun ait dit « non » de vos fruits, vous dites « nous » comme un jeu.
Devant, seul, multiple, libre de mes genoux, du regard je me noue à vous et vous dénoue.

L’ombre à l’or


Ombre à l'or, photo de Boris Sentenac (droits réservés)

Ombre à l’or, photo de Boris Sentenac (droits réservés)

 

L’or froid automnal
S’est déposé en drap
Sur

L’ombre chaude estivale,
Ronde comme on a cru
Le monde.

.

Sur la même photo, découvrez le poème de Margot Roisin : Douce illusion

Vivre


Au matin, sur les quais de Paris,

Mon ombre suit le courant de la Seine

Scintillant comme milliers de furtifs soleils

Du reflet d’une seule lumière.

 

Je les suis pour aller à l’embouchure des temps :

Le terme se jette toujours dans l’origine.

 

Mais le passé s’arrange avec le présent.

Je laisse alors flotter l’avenir

Au profit de l’espoir des étoiles que j’attends.

Avenir


L’ombre sur la page de mon livre ouvert, me raconte l’instant qui suivra. Les mots sont déjà silence et le silence dit les mots. La lumière partage déjà l’espace.

 

L’ombre s’étale, de haut en bas, s’élargissant sur la page de gauche. Elle parle d’hier comme on parle de la mort. De sens qui n’en sont pas, il se dit pourtant ce qui sera.

Lucidité d’un dimanche


Tôt, la lumière se fatigue des ombres.

 

Qu’elle s’y lance !

 

Tire le ciel : ton brouillard des mots trop bavards du regard d’en face entend l’inaudible comme on croit savoir. L’éclat ne peut plus donner que sa prière au travers de ton goût suspendu qui l’agrémente de sa couleur. Tu caresses la poussière de l’instant, l’histoire d’hier et même d’avant qui, comme nous, se lance nue dans le bain du silence.

 

Ferme la nuit : tes persiennes blanches font cieux invisibles à ceux d’en face et jours d’étoiles sur les secondes dévoreuses de notre sommeil nocturne. La lumière s’étale en secret d’univers infini. Tu fais rire les heures tandis que les minutes se lancent distinguées en rondes de silence.

 

Tard, l’ombre s’éveille de lumière.

 

Quel silence !

Ombre et lumière


Photographie : Jean – Michel MELAT – COUHET, tous droits réservés.

Eclipse du temps,

La lumière caresse l’amour.

Le temps n’a pas d’âge.

 

L’union de l’ombre

Et de la lumière

Est éternelle.

 

L’instant furtivement

S’inscrit en empreinte

D’aube et de crépuscule.

 

Essence du jour,

La pépite s’échappe

Et raconte l’éclat

 

De tous les mots

Qui viennent d’être signés,

Aussi silencieux

 

Que les étoiles

Qui veillent les amants

En leur offrant leur espoir.

 

Découvrez le regard de Jean – Michel Melat – Couhet :

http://www.j2mc-photographie.fr/

De l’ombre d’un nuage


L’ombre est l’encre de la lumière. Divine, de raison ou de vie, sa première plume est nuage.

 

Avant de s’effondrer en larmes, comme une ultime injure à la brûlure suprême qu’impose le soleil sous forme de don (pareil à une excuse de mensonge), le nuage par sa sieste, s’inscrit en repos concentré de l’éclat sur la terre.

 

De sa légèreté, le nuage qui fait ce qu’il est supplante la lumière qui n’est que ce qu’elle fait.

 

Le ciel n’est pas qu’univers et sa profondeur s’exprime grâce à l’insignifiant mais subtil voyageur essentiel…

L’essentielle unité


Photographie "Before the rain" J2MC, droits réservés

Photographie « Before the rain » J2MC, droits réservés

 

Vagues éternelles sur vagues figées et rongées, comme la lumière et l’ombre, tel un foyer au regard lancé vers la ligne de l’union quotidienne de l’origine, trop lointaine pour converser, l’horizon est l’inaccessible raconté par le vent qui se fait parfois lit de nuage comme silence de sommeil tourmenté.

 

Les fenêtres se jettent sur une terrasse aux colonnes, chacune en garde – à – vous, pour l’honneur de quelques uns qui font face à l’honneur, de tous, oubliés.

 

Pourtant, même par luxe, le regard se fait comme l’expression d’un lointain souvenir, la jetée de la pêche à l’essentielle unité.

 

N’hésitez pas à consulter le site du photographe J2MC

Stade fantôme...

Monde à venir


Photographie : Boris Sentenac (droits réservés)

Photographie : Boris Sentenac (droits réservés)

 

Phares endormis d’un temps de mémoire dans un océan du temps aveugle de lumière, l’éclat en silence habille en ombre la flèche s’étirant vers les étoiles invisibles.

 

Sur la lumière se dessine l’hiver où à chaque extrémité se disent toutes les promesses en solitude froide.

 

Le rempart des fenêtres, chacune unique pour le même reflet, fait secret les regards comme autant de vérités qui s’unissent dans le même mensonge, décrié mais consenti, de la cité.

 

Espoir perdu de bâtisseurs, on accuse le temps d’en être le voleur pour continuer la persuasion de la raison.

 

Océan du temps aveugle de lumière sur phares endormis d’un temps de cauchemar à venir, l’éclat en tintement n’habille qu’en nombre l’indice s’écrasant sur nos larmes d’étoiles.

Il nous restera ça


Photo : Boris Sentenac, droits réservés

Photo : Boris Sentenac, droits réservés

Les étoiles de la ville

S’étirent silencieuses

Et sont comme engourdies

Sur les rides mystérieuses

De la couverture des espoirs

D’horizons manqués.

Et quand les mots s’échouent

Sur le souvenir du départ

Et de son soleil de certitudes

Lui-même parti du port,

.

Il nous restera ça.

.

Ciel de suie

Comme vieux papier mâché

Sorti du coffre de l’enfance

Gardé par la poussière

En dernier rempart,

A l’ombre improbable

Des larmes d’étoiles

Evaporées en timide dignité

Par la lumière prétentieuse des hommes

Sur toutes les prières.

Nostalgie manquée


Hauts remparts habillés de sapins sous col blanc, la caresse furtive et froide dérobe la poussière de pluie.

 

Liberté et vie s’élancent opaques vers la lumière de nos vallées quadrillées l’été en champs de soleils et de blés.

 

Ici, le moulin reçoit l’ombre des nuages comme rêves de farine envolée.

 

Le vent emporte les quelques paroles frêles qui s’accrochent à l’âge de leur canne et dévoilent les secrets mourant d’éternels sages et patients cyprès.

 

Mon regard s’accroche alors sur les montagnes comme le vieillard à sa fraîcheur essoufflée.

 

Les exploits et les farces racontés sont la pénombre des déveines comme mes rêves sont déjà à pleurer.

Silence


Immobile transparence sur l’oubli du temps, point du néant, vacarme de sommeil, mystère de l’ombre, il est des promesses imperceptibles.

 

Instant de vérité insaisissable, le silence est père malheureux de l’espoir d’une vie de tous les mensonges.

En attendant le repos


Parmi les innombrables regards aveugles et scintillants de la nuit, la trahison errante du présent, boule de reflet d’un lendemain, passe imperceptiblement semblant vanter la réminiscence d’hier.

Patience déjà éclairée des larmes qui s’accrochent aux frêles espoirs d’un néant sans cesse trompé, toujours gagnant.

Le tourbillon de la vie se noie solitaire dans la lenteur silencieuse de l’ombre inquiétante et respire le mensonge précipité du vacarme rassurant des jours.

En attendant le repos retenu par les rêves, comme la mort retient la vie pour être la peur, je me fais loup en hurlant aux lumières sourdes, aux chaleurs perdues se reflétant sur mes pupilles mouillées, mes excuses à ne pas aimer les rondes savamment étourdissantes de l’oubli rafraichi par les rires du bonheur convenable de mon caillou.

De ce qu’on établit, malgré nos defiances rassurantes, tout semble tenir par son contraire.

Evolution


Soleil tu bouleverses les ténèbres. Ainsi, tel un dieu tu es une possibilité passée juste en cours d’évolution. Tel un homme tu t’épuises jusqu’à ta déchéance.

En fruit de lumière et de chaleur, éclatant de couleurs promises mures en espoir de larmes avant de nous parer inévitablement de fatigue, comme l’astre est lumière, en miroir aux alouettes, on se fait sucre par préférence illusoire comme la promenade de l’ombre sur l’éternité.

Rien n’est irréel sauf la vérité qui, furtive et multiple, bien que nécessaire dans ses mystères, se fait mensongère.

Nuit du réveil


Douce nuit du réveil en se sentant traversé par ce qui semble être le fantôme du monde et ressentir sa chaleur de soleil improbable dont la lumière suave ne connaitrait pas d’ombre…

L’éclat toujours partagé dans ce cosmos d’amour, file en transparence ronde et éblouissante pour qui le capture jusqu’à la culpabilité qui se fait horizon trop facile, nourri des misères et des peurs pour finir par n’être alors qu’un langage pareil à celui des cimetières et de leurs occupants à venir : fuyant et à la seule misérable force du convenable convenu. Ainsi finir lamentablement comme con sensuel.

Matin utilement vaillant (comme la lune qui brille par son absence !) qui s’écrase lourdement comme une ombre sur la chaise semblable à un plongeoir d’où les regards sans promesse sautent et se noient dans la tasse de nuit amère, brulante et subtilement sucrée : scalp de la nuit du réveil…

D’été


Midi d’été : vagues d’ombres et de lumières sur les couleurs de la nappe festive. Comme pour évider ta pierre caressée par la brise essoufflée, l’hypnose des nuances de la chaleur et des bouteilles à vider te cache, comme un arbre, ta forêt de pudeur aux zébrures mauves des nuits aux réminiscences salutairement inapaisées de soleil.

Minuit d’été : au rythme vert et improbable d’un désert scintillant de vie en vagues de vent, le mystère de ta vérité t’accompagnera vers le désespoir d’une éternité arrangée qui fera de ton essentiel ta propre perte.

Alors, midi reviendra d’avoir été…