L’ombre d’un rayon de soleil


L’ombre de son rayon de soleil fascinant
A fait de ton beau regard gourmand de couleurs
La paupière fatiguée digne d’un cyclope.
Et pour seul égard à la lumière tant choyée,
Tu as parfois choisi le silence infidèle
Plutôt que de discuter avec le mensonge.
Mais l’ombre ne vit toujours que par la lumière.

Depuis, certaine que ton langage fait loi
Tu t’es enfermée dans les murs de ta prison :
Celle de tes mots, me prenant pour ton geolier
Alors qu’aucune porte n’est restée fermée
Et que tu ignores même ce que je sais.
Tu ne te crois désormais que comme tous les vents,
Comme éprise de parois qui font leur courant.

A ne regarder qu’un seul rayon de soleil
Tu n’as pu voir que l’ombre qu’il a déposé
A tes pieds après avoir lâcher sa lumière,
Cette étincelle qui ne se dit qu’en pleurs par peur,
Celle qui dévore des beaux jours leurs couleurs
Sans aucun éveil sur le sens de mes silences.

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Ombre


Tel un fantôme,
Mon ombre
Me parle du silence

Au gré de la lumière
Elle choisit l’angle
De ses mots

Elle va et vient
Comme la mort sur la vie
Tandis que je marche

Je l’écrase
Je la suis
Elle me suit

Fille de la lumière
Fille de mon être
Fille de rien,

Elle est l’expression
De l’étonnement
Sur l’infini

Elle est le rappel
De la transparence
De la lumière

Que je génère
Par le mensonge du ciel
Et la vérité solaire

Dont je rêve
La nuit
Sous couverture

Du silence
Des étoiles
Scintillantes

Comme son silence
Qui me dit
Mon silence.

Nous on dénoue


Le soleil occulte les étoiles et inonde le ciel de sa lumière.
Elle s’écoule jusque sur les innombrables feuilles argentées des oliviers bien alignés dans un champ de poussières.
Sans espace comme se noue ce poème, par la brise qui les lit ensemble, les oliviers frétillent de leurs consonnes tandis qu’ils préparent leurs voyelles enrobant l’origine de l’avenir.
Arbres centenaires, à cet instant unique de lumière et d’ombres, tandis qu’en une voix de cigales, comme le passage du devenir en souvenir, après que chacun ait dit « non » de vos fruits, vous dites « nous » comme un jeu.
Devant, seul, multiple, libre de mes genoux, du regard je me noue à vous et vous dénoue.

L’ombre à l’or


Ombre à l'or, photo de Boris Sentenac (droits réservés)

Ombre à l’or, photo de Boris Sentenac (droits réservés)

 

L’or froid automnal
S’est déposé en drap
Sur

L’ombre chaude estivale,
Ronde comme on a cru
Le monde.

.

Sur la même photo, découvrez le poème de Margot Roisin : Douce illusion

Vivre


Au matin, sur les quais de Paris,

Mon ombre suit le courant de la Seine

Scintillant comme milliers de furtifs soleils

Du reflet d’une seule lumière.

 

Je les suis pour aller à l’embouchure des temps :

Le terme se jette toujours dans l’origine.

 

Mais le passé s’arrange avec le présent.

Je laisse alors flotter l’avenir

Au profit de l’espoir des étoiles que j’attends.

Avenir


L’ombre sur la page de mon livre ouvert, me raconte l’instant qui suivra. Les mots sont déjà silence et le silence dit les mots. La lumière partage déjà l’espace.

 

L’ombre s’étale, de haut en bas, s’élargissant sur la page de gauche. Elle parle d’hier comme on parle de la mort. De sens qui n’en sont pas, il se dit pourtant ce qui sera.