Instant


La tempête au dehors, comme guerrière en campagne contre le temps, ne sait rien de ton souffle qui, en caressant la couverture de mon omoplate (réceptacle de ta poésie et source de mes poèmes), écrase des rêves sur mes paupières.

Monte !


Ne deviens pas ton propre menteur pour faire de toi un mentor.

 

Aucune tempête ne peut souffler l’éclat scintillant des étoiles.

 

Aucune canicule de basses terres n’évapore le trésor simple de reflets de soleil caché comme gloire d’ascension de montagne.

 

Là – haut, le cri de ton regard sur le monde n’éveillera aucun écho.

 

Le silence de ton regard qui s’écoulera sur ta joue te rappellera à la simplicité de la perle des terres secrètes mère de nuages de toutes les mers caressant les terres et qui toujours, pour toutes les mains, s’offre et s’échappe.

 

Monte !

Calme et tempête


Songe du jour, Margot Roisin (droits réservés)

Songe du jour, Margot Roisin (droits réservés)

 

Plénitude d’un instant que l’on vit en voisin de soi, les yeux dans les cieux et en aiguille du temps. Le regard est le présent.

Le voyage, sur le lit de prairie, regard contre vent porté par toutes les poussières vers l’absolu céruléen agrippé à sa terre oubliant qu’il est des étoiles et menacé par de lourdes vapeurs, me transporte vers le mystère de la vérité en quittant la réalité. La dualité involontaire est alors tempête pareille à des paroles emportées de tous les reproches à ne pas être ce qu’elles sont.

Ces discours de néant à l’instant qui en fait tout s’essoufflent. Le doute tente de retenir le vent et signifie timide la transparence du voyage.

Mais la colère, par l’injure sur l’invisible, revêt la certitude en ligne droite d’évidence filante, envole sa parole en vérité, maigre pertinence aiguisée par les branches de ma couverture d’ombre avant que le doute soumis ne surgisse à nouveau de sa fatigue.

Furtif sourire au ciel comme la lune sur la terre, la torpeur de mes mystères s’évapore. Au réveil, vent tombé, ne reste qu’une sensation d’incohérence persistante comme celle d’un viol du corps sur consentement du cœur. L’heure est à la nécessité de la nuit pour comprendre l’ardeur sans la confondre à la colère des peurs.

 

Inspiré par la musique Calme et tempête d’Allan Besset (droits réservés) à découvrir en cliquant sur le lien ci – dessous

Voeu


Comme aucun vacarme, le cri du propos n’en est pas la force. Il n’est que tempête venue du désert du bonheur. Son souffle n’est que transparence de revenants. Il n’engendre que la crainte sans jamais se faire respect.

 

Fermer les yeux n’efface aucun fantôme.

 

Il n’est de spectre que celui de nos faiblesses. A chacun, à chaque communauté, sans rien renier d’essentiel, en ce moment d’espérance comme en tout autre pour chacun, en cette époque charnière pour tous, puisque nul ne sait si la poussière de l’horizon vole par colère ou en sérénité, pour qu’éclate alors la peur des mystères et que les cris deviennent chants, je souhaite la force d’admettre les mots simples à dire de chacun dans sa sincérité comme à entendre dans la tolérance par tous. Je souhaite à tous les mots simples de toutes les vérités.

Quand soudain…


Tandis que la place s’étale dans un bruit diffus, le temps se fige par la lumière de ton regard habillé par la malice de ton sourire à faire blêmir celui de la nuit. Il n’est plus d’autre étoile dans mon souffle saccadé, en voyage sans boussole, guidé par un vent de tempête à la seule rigueur de ta caresse.

Quand soudain…

Le silence prend sens. Nous errons depuis quelques mots d’inconnus médusés dans l’étonnement qui se refuse  à sa raison. Il se répète comme pour revenir sur une erreur.

Quand soudain…

Certain du langage, la colère reprend le silence. Son souffle léger s’envole, irrattrapable comme un enfant qui court avec le rire de toutes les émotions. Tristesse, colère et peur se mélangent avec la joie encore vivace de l’instant d’avant.

Quand soudain…

Notre essentiel naissant devient malgré nous indécent. La joie est morte : fusillée loin de là. Il n’y a plus de lieux, plus de couleurs. Les larmes sont encore en caverne tandis que le soleil pétillant de nos verres n’a plus d’inclination dans ses messages de toute soif.

Quand soudain…

Le premier temps d’un amour qui s’avoue éclate avec l’écho des canons sans aucune raison tandis que d’autres, voilés par la folie, meurtriers et ignorants de la lumière de ces instants, se font exploser pour des idées aspergeant sur notre idylle comme sur leurs victimes une mort pour rien.

Quand soudain…

Il n’est plus d’autre étoile dans le souffle saccadé du monde, en voyage sans boussole, guidé par un vent de tempête à la seule rigueur du chaos.

Les oiseaux


De la pelouse souillée qui borde les murs des savantes lumières, un gardien de cimetière élancé dans l’oubli des saisons, droit comme une aiguille de cadran solaire, à jamais vert comme notre fauteuil improvisé, écoute de loin nos révolutions vaines du monde qui s’envolent, légères de notre jeunesse, dans sa caresse invisible et froide de l’hiver. Le silence de ce cyprès se confronte aux chants qui habillent la ruine cyclique de l’ombre de l’été passée de l’opulence verte à la nudité des branches implorantes. Le temps démontre encore ses réticences en nous aveuglant par la courte ronde du soleil pale semblant alors fatigué par nos discours ainsi écrasés. La ville, comme ayant repris son souffle avec les oiseaux pour ultime bonsoir lancé au jour, s’offre en déchirure comme poème de ratures. De mon silence, l’écho de nos bavardages me parle de ma solitude.

La nuit s’invite offrant quelques heures de dernières faveurs par injures d’ampoules. Trésor vainement caché des rides par volets fermés, rideaux tirés aveugles d’espoirs. Ma plume endormie, sourde et silencieuse de reproches de ses caresses réduites en souvenirs, prie les oiseaux qui s’écoulent sur mes joues.

Alors, la loi du règne des contraires pose son diktat puisque le jour s’est fait nuit. Maintenant l’appétit se fait nausée, les goûts et les parfums abandonnent leurs nuances et leurs différences faisant de mes émotions un reflet nu et juste mécanique. La vie perdure soumise à sa colère : mère perdue de cauchemars. Il reste la peur.

Tempête transparente, souffle coupé de plume, il est temps de bercer la Géhenne des mots pour éclater mes maux par la brûlure de la nuit. Que chante et vole l’innocente simplicité née de complexités ! Alors mon regard sera celui des oiseaux qui chantent haut à l’horizon comme prières lancées sur la fuite du néant pareille aux chants qui habillent la ruine cyclique de l’ombre de l’été, comme une insolence sur le malheur de l’oubli.

Plutôt que d’un manteau de corbeau digne des heures de fatigues, je m’habillerai de leurs cierges.

 

A lire aussi :

https://versantares.wordpress.com/2015/12/10/les-oiseaux/

 

 

Etoiles d’amour


L’heure est aux fleurs de lumière de nos poussières perdues comme chacun se perd dans le désert.

C’est ainsi le voyage du regard sur les étoiles qui guidaient les marins vers leurs amours de transits. Parfois, comme opposée à l’étendue immobile du lit de l’espoir, lorsque la brise chante sur les arbres et les herbes habillées d’ombre de repos, j’imagine la mer jalouse de ces éclats de silence et la mort qui se noyait filante sur les flots de colères et portée par le vent des terres qui se faisaient alors mystère.

Mais son étendue aveugle se fond avec ces lumières invisibles trop lointaines qui se gardent bien de nous indiquer les arcanes de l’absolu. Alors, de ces secrets qui ne se font que le savoir de quelques curieux, l’évidence de la tromperie de ce qui fait nos choix nous rappelle l’étroitesse entre le néant et ce qui est, l’énorme fossé entre la mort et les conséquences de la vie jusque dans nos amours aux seules fondations d’espérance.