LumièreS


La nuit dévore la lumière.
Le jour est un oubli
Comme une erreur,
Un secret de la transparence
Qui se dit en mensonge,
Involontaire et admis,
Créant la confiance
Sur le monde,
Mieux qu’un réverbère,
Et les dieux dans les cieux
Obscurs comme la nuit.

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Veuve des jours


Faut – il que la lune soit veuve du rêve de son jour pour qu’elle soit la gardienne des nôtres ?

Faut – il que dans son silence de mort, elle soit le temps de l’expression d’autant d’espoirs brillants sur sa robe noire ?

La réalité des cieux se confronte à sa vérité de lumière. Si tu ne veux pas louper ta vie, sache – le et ne triche pas de l’une avec l’autre.

La nuit est Majuscule et point. la veuve du jour scintille de milliards de regards pudiques sur la mort, de milliards de larmes comme autant d’heures éteintes semblables aux bavardages qui remplissent chaque jour.

 

Un jour de plus


Un jour de plus

 

La nuit parle de l’imposture qu’est le jour en chuchotements d’étoiles parfois insoupçonnées comme les mots que dit le silence.

 

Reflet et prison de la lumière qu’est l’obstacle minuscule qui fait monde. Les heures éclairées défilent statiques avant que l’ombre ne libère l’éclat qui s’enfuit reprenant son voyage transparent.

 

L’ombre a dévoré les ombres et, comme pour répondre au non-choix du sommeil des cieux qui fait sommeil des yeux, obscurs ou reprenant l’effet du jour, les rêves ne sont jamais aveugles.

 

 

 

Librement inspiré par le livre « Huit fois le jour » de Jacques Ancet, Les éditions Lettres Vives – collection Terre de Poésie, 2016

Fin de l’été


Comme accroché à leurs longues cordes blanches arrachées aux terres qui veillent l’été mourrant, les avions éparpillent leurs rêves d’horizons.

Phrases silencieuses mais sans mystère du ciel, la lune les ponctue en un point de craie.

Puis, le royaume simple de la lumière se refait marbre avant un dernier vent voleur des parfums et stupeur des cigales.

De ces pays de souvenirs mérités, les vieilles pendules de chaque maison qui se répondaient dans les rues, continuent de sonner midi dans l’oubli d’un temps fluorescent sans nuances de vérités, étouffé par la réalité.

Nuit du matin débordant des rives du jour, le diktat du néon en compensation hystérique au bonheur redevient raison.

Epines de rose


Larme matinale sur la rose piquante

Du jardin desséché, derrière ma lucarne

La nuit se fait absence comme le refus

D’un avenir devenu redouté.

L’interdit déserté du parfum rouge et léger

Porté par ta main pareille à la brise

Qui caresse le flâneur du printemps,

Restera froissé comme le secret

Pareil aux sourires du jour à traverser

Ressemblant à l’indifférence à venir

Confondue à l’oubli tant souhaité.

Eblouie


Eblouie par le soleil, tu n’as pas vu la lune s’installer sur le jour sublimé par ton cœur.

Depuis, parce que ton ivresse a été ton oubli du crépuscule, tes larmes reflètent la transparence de l’éclat de la nuit sous le regard lumineux et pâle de la réminiscence de ton mystère de désolation brûlante.

Si la lune s’invite le jour, le soleil déserte toujours les ténèbres et tu sais que la lumière n’est rien non plus sans ce qui la reflète. L’absence ne peut signifier que ta propre tentation et la souffrance de ton cauchemar déguisé en rêve ressemble à un épouvantail en costume moqué par tous les corbeaux.

Maintenant, à chaque heure de tous les jours qui se font nuit, tu vis de touffeur écrasante d’ennui telle la solitude d’un univers entier perdu dans ses étoiles ainsi devenue brillante de néant.

Quand les couleurs reviendront, avant même que le bon sens des pauvres gens ne devienne rengaine, prend la chaleur et méfie-toi de l’aveuglement d’un zénith trop bas.