Du voyage


Comme ta poésie, tes jambes étaient les lattes du pont de mon repos qui, avec l’horizon pour cap, caressait les vagues sous les espoirs des jours.

Comme ma poésie, il reste de cette épopée notre radeau pour berceau sous le bleu à la paupière endormie en son silence du mystère de la nuit.

Comme notre poésie, la terre non promise, ancrage de mon répit avec, pour accueillir le nôtre, son lit de sable pour vestige, s’offre en surprise des jours et des nuits.

Une étoile prend jour


Quand s’endort la patience,

Les rires de la lumière se retiennent

En méfiance au sourire cristallisé

Qu’en paroles de fenêtre offre l’hiver.

Au soir avancé toujours en silence

Telle une larme qui aurait oublié

D’apparaître en éclat par l’encre d’un poème

Une étoile prend jour.

Danse !


Danse ! Pose tes chaussures rouges et danse le blues.

Je suis mort aujourd’hui, c’était un autre jour et le temps gagné se grave encore en temps perdu. Je vois la lumière j’entends le bruit sans autre caresse que celle des saisons aussi lourdes que ma stèle et qui se succèdent sur mes épaules. Je suis mort aujourd’hui, c’était un autre jour, et il se peut que tu t’en souviennes. La nuit s’est posée en écho, celui qu’on suggère à la joie avant de se taire.

Danse ! Pose tes chaussures rouges et danse le blues.

La vérité se dit d’abord en faits et non en mots choisis. Un jour la mort m’offrira mon désir, un jour je serai mort d’être jeune.

Danse ! Pose tes chaussures rouges et danse le blues.

LumièreS


La nuit dévore la lumière.
Le jour est un oubli
Comme une erreur,
Un secret de la transparence
Qui se dit en mensonge,
Involontaire et admis,
Créant la confiance
Sur le monde,
Mieux qu’un réverbère,
Et les dieux dans les cieux
Obscurs comme la nuit.

Veuve des jours


Faut – il que la lune soit veuve du rêve de son jour pour qu’elle soit la gardienne des nôtres ?

Faut – il que dans son silence de mort, elle soit le temps de l’expression d’autant d’espoirs brillants sur sa robe noire ?

La réalité des cieux se confronte à sa vérité de lumière. Si tu ne veux pas louper ta vie, sache – le et ne triche pas de l’une avec l’autre.

La nuit est Majuscule et point. la veuve du jour scintille de milliards de regards pudiques sur la mort, de milliards de larmes comme autant d’heures éteintes semblables aux bavardages qui remplissent chaque jour.

 

Un jour de plus


Un jour de plus

 

La nuit parle de l’imposture qu’est le jour en chuchotements d’étoiles parfois insoupçonnées comme les mots que dit le silence.

 

Reflet et prison de la lumière qu’est l’obstacle minuscule qui fait monde. Les heures éclairées défilent statiques avant que l’ombre ne libère l’éclat qui s’enfuit reprenant son voyage transparent.

 

L’ombre a dévoré les ombres et, comme pour répondre au non-choix du sommeil des cieux qui fait sommeil des yeux, obscurs ou reprenant l’effet du jour, les rêves ne sont jamais aveugles.

 

 

 

Librement inspiré par le livre « Huit fois le jour » de Jacques Ancet, Les éditions Lettres Vives – collection Terre de Poésie, 2016