Regards possibles


Semblant jetées dans le désert de la nuit, les étoiles sont devenues lecture de chemins sur océan éteint.

Espoirs de tous les horizons, il n’est aucun parcours définis pour les relier sauf par ceux de la loupe des mers.

Pourtant, de terre en terre, les mêmes sont fidèles en chacune de leur solitude, indéfiniment pour chaque hémisphère.

Carte plane comme la mort, elles sont relief d’infini défiant le temps et nous appelant à conjurer la suffisance de nos regards vers l’espoir.

ReveS


Du silence secret des rêves, comme issus de l’Origine, en langage de nos jours : le barbelé caresse le passage tandis que le possible cisaille la quiétude.

Il est temps de dormir.

Inerte comme la patience à conjurer, nous occupons encore le sommeil de rêves.

Liberté


En prison colorée sourde à l’essentiel, la liberté est une souffrance d’envies qui s’interdit à l’amour se rendant forte de faiblesses passées ou qui restent à venir.

Elle est poison d’étoiles ne supportant pas l’éclat du soleil, préférant l’ombre de son objet, se calfeutrant derrière des volets gardiens des paroles d’un monde qu’ils lui racontent.

Elle refuse le choix en se disant de sa trempe créant le bonheur de son malheur, elle n’est qu’illusion de confiance en tout mensonge.

Elle n’existe que dans l’éventail caressant les vents du moment et qui ne répand son soulagement que si nous y répondons pour nous même et non pour un autre, auquel cas il ne resterait de la liberté que le choix déjà posé.

Menant à un échec de l’un ou de l’autre, la liberté est aussi vaporeuse qu’un nuage qui aurait l’espérance prétentieuse qu’on le nomme ciel.

Frustrante par la pureté qu’on voit en elle, pourtant trop souvent en dehors du monde, elle se fait alors exigeante comme une dictature.

Elle est la plus forte des croyances et parle de l’envie pour ne pas dire le besoin qu’elle est pourtant et à qui sait, sans nulle autre alternative, elle trace chemin qui ne mène loin.

Alors, après longue marche patiente ou tempétueuses courses impatientes mais toujours en fuite, avec quelques mots ou en silences portant tous à caution comme les poèmes libres de dire,

En l’absolu comme seulement le sien, elle libère enfin.

Impression d’été


Les couleurs vernies de lumière

S’endorment sur les lourdes heures

Sans aucun reflet étourdi

Du haut du ciel de la saison :

Absolu en son évidence

Comme une aimable austérité

Qui pour tous définit le rêve,

Tandis qu’imperceptiblement

Seul le souvenir imparfait

Sur le réel intemporel

Nous chuchote déjà sa brèche

Que nos vies en sanglots d’hiver,

En un seul langage, traversent.

Correspondances


Fatigué de sourire, après avoir été engouffré dans le dédale par l’air fuyant l’instant et pourtant jusque-là transparent sur la ville, les couloirs s’échappent dans l’absence à chacun de mes pas décidés à prendre un métro pour rien, celui du sommeil pour accompagner celui de la chaleur.

Tout devient étranger comme les bavardages en correspondances au vacarme des rames.

Les stations ne sont que repères de patience qui n’ont plus de sens : panneaux d’anciens prestiges en nouveaux vestiges, correspondances qui éblouissent les rues et éclaboussent les cieux qui n’ont que le souvenir des égards portés tout sourire vers les étoiles dès lors dénuées de leurs correspondances sur les rêves.

Un adieu


Plus fort que l’interdit et se voulant liberté, en paroles telles poussière de charbon, en cris du sommeil de la nuit, tombés du regard sur un improbable sourire, se disent les bavardages de souvenirs.

 

Sans bruit comme l’oubli, la certitude étouffe ce qui n’est plus réel et souffle sur le brasier d’une vérité.

 

Les larmes de l’instant sont bourgeoises tandis que le silence, se disant salvateur, n’est déjà même plus le dernier signe d’une parole à venir sinon celle de l’essentiel.

Bavardages tels déserts


Sables lointains en opulence,

Vagues de poussières de terre

Et du voyage du ciel,

Soumis à la lumière

Dont il semble habillé,

Silences de rares secrets

Qui s’évadent pourtant

Pour écraser l’espérance

En éveillant ici, si loin,

La brume de nos conforts

Comme un cri sans souffle,

Un sommeil éveillé en guise de vie

Et dont seul le drap de la nuit

Ranime le rêve,

En tout désert pourtant,

Les heures des étoiles

Sont cauchemars façonnant

A l’infini la désolation

Comme nos bavardages

Sur l’ignorance de nos saisons.