Instant


De ta fenêtre qui nous rassemble, le mystère n’est pas un secret et la nuit, qui ne peut s’endormir au passage des oiseaux clignotants fendant l’air comme l’alcool de nos verres, observe les spirales invisibles qui se moquent d’elle.

Les vêtements des cieux semblent effilés d’un périple qui se voudrait pareil au notre. L’heure tardive se dénude alors mais seules les étoiles de nos regards brillent.

Ne fatiguant aucun enjeu, sous les avions qui finissent leurs voyages, nos bras se posent et débarquent les mots silencieux qui, du bout de nos doigts, s’envolent et reviennent à nos sourires.

Ils ignorent le temps et n’ont pas de destination. Comme un rêve, ils sont déjà arrivés avant même de partir.

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Mots d’instant


La caresse de sommeil s’infiltre au travers de la vitre.

Portée par le vrombissement de la rue il se destine à l’inconnu de mon instant et sur mon ignorance des certitudes bruyantes.

Il n’est de mots qui se disent, il n’est que des mots qui se vivent.

Poésie 8


Un avion griffe la patinoire noire des rêves comme pour signifier leur limite avec le cauchemar.

Il lance dans l’écho du silence, son salut de passage à la terre endormie et, tels des clins d’œil, il s’amuse avec les étoiles.

Lui, imperturbable dans sa mission, ne voit rien.

Le langage des distances étranger au langage de chaque instant, amène à un même sens à venir fait de différences liées à l’instantané : je reste son inconnu, tandis qu’il glisse dans mon oubli.

Un instant de poème


La seine s’écoule comme l’encre du poème.
Ton regard s’étire comme le sens de ton poème.
La vitre fait silence comme la page du poème.
Puis en prunelles furtives croisées nos sourires font mots.

L’instant s’étire en son silence comme s’écoule ce poème.

Instant du monde


La pluie gifle l’herbe qui montre, avant de s’endormir dans l’unité de la nuit, l’heure furtive sur les heures éternelles.

 

L’eau épanche la soif comme une caresse qui s’enfuit.

 

Au travers de notre lucarne, nous voyons notre paradis se nourrir des promesses pour demain.

 

Entre hier et aujourd’hui, avec un goût d’éternité de souvenir et de devenir, nous continuerons de vivre.

 

Au diable les railleries des actes manqués ou des mensonges de chacun.

 

Leurs bruits ne couvrent celui de la pluie qui tombe en gouttes comme elle tomberait en étoiles.

 

Cet instant hors du monde s’inscrit dans son espérance.

Instant de quiétude


Poussières agglomérées, étendues sur le lit mystérieux de flots aux couleurs de rêves, loin au-dessus des nuages, la terre semble comme un drap plissé sous la lumière qui dessine sur elle de son crayon d’ombre l’olivier en soufflant la cendre de son fusain par son secret d’éclat.

 

Promesse en langage de savoir, sagesse de la quiétude, serein du mariage entre la certitude et l’imagination, la terre invite au sommeil. Au loin, le ressac bavarde avec le vent sur le bonheur qui n’a pas de sens. Je le vis dans mon silence.

Instant


La tempête au dehors, comme guerrière en campagne contre le temps, ne sait rien de ton souffle qui, en caressant la couverture de mon omoplate (réceptacle de ta poésie et source de mes poèmes), écrase des rêves sur mes paupières.