Empreintes épargnées


Le voyageur au temps compté absorbe la lumière et ses fruits de couleurs et tente, même momifiées, de garder leurs vies sur l’ombre tels ses éclats de rires sur ses mots de consonnes.

En ce lieu déjà du passé, la photographie est un trésor futile, une épargne rassurante avant d’être gardien de souvenirs sur lesquels on appose sa signature qui s’étend fièrement sur l’endroit et l’instant à la fois comme pour en faire siens.

Mais aucune empreinte ne se lie qu’en oubli et ne se lit qu’au présent.

litre de vie


Les paupières fatiguées,
Tel rideau usé
Sur les yeux aussi fatigués
Que leur couleur de poussière
Sous la broussaille de sourcils,
Et en bijoux fanés
Sur joues flottantes
Sans force de vague,
Lancent en l’instant
Le poids du vide
Qu’est leur litre de vie
En rasades d’oublis.

BAL-HAINE (poème)


J’étais prêt pour aller dans le monde des rues

Ces chemins connus dont on ne sait plus

Si c’est le pas ou le macadam

Qui oriente

 

J’étais prêt pour les lumières colorées

Et le verni allumé des pluies

Tandis que derrière la vitre

La peur se taisait.

 

J’étais prêt pour les certitudes bruyantes

De nos bavardages et de nos rires rusés

Brillants dans nos regards de renards

En galaxie des toiles.

 

Ou encore,

 

J’étais prêt à franchir une eau pour une autre,

De l’évidence des vagues vers leurs mystères

Brassés par les nageoires de rares sirènes

Aux chants dignes de bal-haine.

 

J’étais prêt à tremper les linges

Qui déguisaient en charisme

Mes cicatrices piquantes

Comme sel du monde

 

J’étais prêt pour être comme la transparence,

Mais habillé que de fortes prétentions

Ne faisant que mes faibles croyances,

J’ai entendu hurler le loup flou.

 

Audible comme le silence : voix de la lune

Tel ancêtre perdu de la servitude

De quelques jours éteints,

Je suis de vœux nus.

 

Découvrez, ou redecouvrez, le court-métrage « BAL-HAINE » réalisé avec la participation musicale de Marion Gay que vous aviez pu voir dans le film « Autoroute »

 

BAL-HAINE


Voici le dernier court-métrage (2 minutes et 2 secondes) réalisé avec la participation musicale de Marion Gay que vous avez déjà vu dans le film « Autoroute ».

Quelques pas de paroles


Il n’est du sacrifice du temps que l’on sait se donner que quelques pas de paroles.
La longue messe d’où naissent les principes d’aucun dieu,
Pas même des tiens, te conforte dans ta faiblesse
Qui, de la lumière des vitraux de tes promesses,
En leurs noms éternels, ne leur crie que des injures de croyants mortels.

Lumière prétentieuse


Cracheur de mots qui n’a pour dons de pluie que ses postillons et qu’un éclat fugace comme la lumière de ta prétention qui, en déguisement, insulte son origine, livre sa brutalité sans rien offrir de sa beauté que tu es seul à rendre illisible, beauté déchirée, pour tous comme pour toi, illisible jusqu’en ton langage de louanges de mensonges.

Telle bourrasque de vent, tu ramasses tout, mais tout retombe sitôt ton souffle passé. C’est toi que tu perds quand tu pleures parce que c’est toi que tu pleures quand tu perds.

En dépit de ton seul bruit, ne t’étonnes pas du silence. En quête de bonheur trop éclatant pour que tu puisses briller autrement qu’en feu de paillettes, tu ne peux discerner la joie qui s’étale à tes pieds en ombre subtile de la vie.

A dire


Quelques mots suffisent pour dire ceux qui restent endormis dans leur silence.
Quelques silences suffisent pour dire jusqu’à l’éveil, le sens du souffle de tes étoiles.
Quelques de tes étoiles suffisent pour dire l’éclat des mots que tu n’as plus qu’à dire.

Saisons de ton regard


Il aurait fallu que tu connaisses toutes les saisons pour que l’automne ne soit pas ton regard.
Tu as profité de la promesse d’un temps seulement dit meilleur et qu’une bourrasque de tes pupilles a pourtant soufflé.
Et maintenant, à l’éveil du printemps, tu mélanges le souvenir de l’été que tu fais lointain relatif de l’iris.
Aucune naïveté ne naîtra pour l’été qui t’a marqué et les saisons en ton regard restent désordonnées.

Amour en devenir (poème)


L’amour est tel un rêve :

Il est ailleurs ici

Et s’efface au réveil.

 

Ivresses des minutes

Tes vapeurs font ton ciel

Comme l’oubli sur l’étoile.

 

La lune te sourit

Te disant le vestige

En reflet de flammes.

 

Poussière de regards

L’espoir en souvenirs

S’écrase sous la pluie.

 

Silence du néant

Pour science du chaos,

Je le vis en virgules.

 

Le souffle n’est repris

Qu’au diktat du bonheur

Pour un ultime cri

 

D’errance sur erreur

Figeant toutes les heures

D’un réel en horreur.

 

Découvrez ou redécouvrez le film « Amour en devenir »

Paradoxe du possible


(30 juin 2019)

De ma fenêtre, j’observe le ciel qui emprisonne la lumière pour s’habiller de sa couleur de rêve pareille à celle d’un mensonge.

Avant de s’endormir, la lune scrute cette fantaisie au travers du plus lourd sommeil et de son œil mort.

Comme l’univers doit être éclatant vu du néant !

Une lumière perdue faite de ténèbres et de poussières comme si le possible naissait de l’impur.

Qu’un mot dans la phrase


L’argent est tel un mot dans la phrase :

On ne peut en faire l’économie

Parce qu’il sert les autres mots

Mais de phrases en phrases,

Faisant sens si vaste du monde,

A garder de son rêve de bons vins,

Gâché par son ivresse et oubliant la soif,

Asséché et ne balbutiant que sa soif,

L’argent n’est plus qu’un mot dans la phrase.