Matinée d’un poète


Quand le matin n’est pas encore levé, que chaque bruit est retenu pour ne pas entraver les minutes qui lui restent de sommeil,

Pareils à ces instants où il fallait prendre la route tôt pour ne pas trop manquer du premier jour encore en ses rêves scintillants d’un autre soleil et d’autres senteurs et partir avant d’avoir dit au revoir en fuyant furtivement le jour qu’on ne voudrait pas décevoir,

Ou bien quand il fallait prendre le train pour traverser l’espace sur les rails du jour du retour et quitter les odeurs du buffet qu’on perçoit une dernière fois comme au premier jour, s’étonnant de n’avoir été que trop stupide pour les avoir rangées sur l’étagère des habitudes,

De cette sensation étrange d’avoir volé le matin, impression en réminiscences aujourd’hui n’ayant plus le même sens qu’hier sur tous les matins infinis, il reste le buvard du silence et ses taches d’encre du poème qu’il reste à écrire.

Un matin au café


Un nouveau soleil

Embrase les couleurs

Qui s’étirent en s’éveillant

De leur ombre étalée

Comme un souvenir

Nocturne de mes rêves

Pareil à ceux d’un nuage.

 

La lune en pierre blanche,

En vie par mon regard

Hier endormi trop tard,

A scruté en patience

Et en son silence,

Tel l’oubli de promesses,

L’extase de mes mirages.

 

 

En réminiscence,

Par son éclat blafard

De l’effroi d’un autre jour

Qui reste à revenir,

La voici noyée

En galaxie de mousse,

D’un café de bavardages.

Matin sans parole


La caresse du matin est un sourire qui dessine son réveil sur le rideau de la fenêtre.

Le soleil du matin, sur les étoffes de tous les rêves, éclaire l’instant en douceur simple comme on offre sans parole, l’amour et la quiétude en guise de luxe de temps.

Tic – tac d’hiver


A la recherche d’un trésor, la nuit a fouillé les petits paradis clos délaissés pour le soleil du foyer.

Surprise par le matin, elle a fui en abandonnant les galaxies de pierres précieuses, faites de lumière, de froid et d’eau, répandues en poussière de lune.

Le soleil va les souffler pour les polir comme cristal de larmes avant que la nuit ne revienne pour tenter à nouveau de s’en emparer.

Le temps s’égrène en cavernes de tes oreilles endormies et s’écoule en transparence des heures.

Le temps est un voleur qui ne se dérobe pas.

Sans sagesse


Les courbatures du matin
Désignent l’injure faite à la nuit
Et l’avertissement de la mort.

La nuit va se couvrir
De fatigues et de rêves
Hurlant de silence.

La mort n’existe
Que parce que la vie
Ne s’endort jamais.

Les heures violées
Sans sagesse de sommeil
Font soleil de vie.

Phare du matin


Tu es lumière qui fait des pluies le chant et la danse de la vie.

 

Soleil sans fard, caressant l’horizon sans poudre de couleur sur les regards des prisons des quotidiens, tu es phare sans jamais te faire sirène. Tu tutoies en ronde comme simple battement de paupière et d’un silence éclatant, toutes les étoiles qui s’étendent en labyrinthe jusqu’à la sortie du lendemain.

 

Ancrée sur le rêve vert d’un marin, perdue dans le désert bleu de vagues étendues en nappe de mystères, tu es langage de l’invisible comme de l’avenir à qui tu parles à tous les temps.

 

Et quand soudain le songe s’éteint, il s’écoule brillant dans tes yeux du matin qui font des pluies le chant et la danse de nos vies.