Chez le coiffeur


Perdu dans le regard béant du miroir qui parle comme ton reproche d’aujourd’hui sur tes chants d’hier que j’ai accompagnés,

Pour jouer, nous sommes devenus reflet muet de nous-même : identiques et étrangers faisant du réel comme de notre image notre véritable prison aux murs colorés de bonne conscience.

La promesse du silence, celle qui a tous les mots, est bâillonnée. L’interdit d’aujourd’hui était la lumière d’hier.

Me ramenant d’aussi loin que possible, le coiffeur me demande alors : « c’est assez court ? On peut aller plus loin ».

Statique sur mon fauteuil, je sais…

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Regard de l’espoir (vidéo)


Lorsque le dessin rencontre le calligramme pour parler à la vidéo…

Le reflet


Photographie : Boris Sentenac, droits réservés

Photographie : Boris Sentenac, droits réservés

En apparence verni comme une larme, témoin gourmand de lumière parlant avec les mots de la certitude, agile de la transparence et menteur quant au côté de la raie de cheveux, il est intouchable dans son essence.

 

Face à lui, à la seule volonté de la réalité, on ne peut le contourner comme on ne peut s’éviter.

 

Pareil à l’espoir tendu comme un sourire face aux contraintes du monde, le reflet dicte les mensonges du monde.

 

Imprécis au hasard des eaux, aujourd’hui il est fenêtre fermée sur la précision de chaque instant et montre en silence égaré, dans ce que l’on croit être une mémoire et un juste regard, son temps aveugle.

Monde à venir


Photographie : Boris Sentenac (droits réservés)

Photographie : Boris Sentenac (droits réservés)

 

Phares endormis d’un temps de mémoire dans un océan du temps aveugle de lumière, l’éclat en silence habille en ombre la flèche s’étirant vers les étoiles invisibles.

 

Sur la lumière se dessine l’hiver où à chaque extrémité se disent toutes les promesses en solitude froide.

 

Le rempart des fenêtres, chacune unique pour le même reflet, fait secret les regards comme autant de vérités qui s’unissent dans le même mensonge, décrié mais consenti, de la cité.

 

Espoir perdu de bâtisseurs, on accuse le temps d’en être le voleur pour continuer la persuasion de la raison.

 

Océan du temps aveugle de lumière sur phares endormis d’un temps de cauchemar à venir, l’éclat en tintement n’habille qu’en nombre l’indice s’écrasant sur nos larmes d’étoiles.

Un instant comme un sourire


photo Delphine Rupp

photo Delphine Rupp

En virgule des jours, au bout de tous les pas, dans un silence de regard, dans la caresse du voyage de l’invisible en partance pour un autre intouchable, nous voici, pour quelques repos de passages et en tous temps du monde, sous quelques faiseurs d’ombres qui s’extasient du reflet éventé des cieux.

En poésie de l’instant, et tout comme elle, l’inutile devient fondamental.

Matin


Les empreintes de tes rêves deviennent lits de l’oubli.

 

Au réveil, le ciel est comme page blanche de poète.

 

Au loin, des poussières d’oiseaux survolent l’horizon déchiré des matins.

 

La couverture de vapeur enveloppe en mystère la colline.

 

Elle fait face à son reflet d’évidence par la lumière.

 

L’heure se donne par le soleil qu’on croirait injuste comme la chance.

 

Tandis que l’oubli lisse ton visage,

 

Le ciel se charge des larmes et des sourires de la journée.