Regard sur le temps


Ma lucarne figée comme la saison scrute l’âge de l’abandon, le temps des promesses, la moitié de vie répétée.

Au loin, au-dessus des toitures présentant leur profil en parallélogramme de leur cadre régulier, l’hiver peigne les arbres et s’enfile dans les flammes froides des peupliers, tandis qu’auprès de tous les souvenirs élancés de feuilles, conversant sur le vent, s’égoutte le ciel de ses larmes.

La transparence des veines jusqu’à l’origine fera la couleur du printemps tombant en lumière pour l’heure grise, comme le silence sur fouillis de branches sombres de patience comblée de mots bruyants pour tous et brillants que pour soi, même pour toi.

Hiver


Poussière d’étoiles sur sommeil de jardin,
Ses rêves sont piquants.
La lucarne regarde
Sa terre d’or dure,

Chuchote le foyer et
Se drape des toiles ridées de buée.
Nos mots s’endorment en leur lit de lumière
Sous leur couverture d’espoirs.

Rappel vivant à l’ultime


Ce matin, loin des océans, une mer de silence, blanche et froide comme la mort s’est étalée sous ma lucarne.

Quelques oiseaux y ont laissé leurs empreintes chantantes noires et chaudes comme des étoiles, rassurant mon regard.

Regard d’éclaircie


Lac de ciel aux bordures de lumière et d’ombre,

Lac d’un souffle figé comme un souvenir aux bordures d’eau.

 

Horloge sans aiguilles, elles se sont envolées et

S’érigent et se croisent, ailleurs comme éphémères traits de craie.

 

Monocle entre regard et invisible

Comme le temps, silencieux, imperturbable à toutes peurs

 

Que les prières murmurées des horloges suscitent,

Il semble lucarne de rêves dans de longs draps de nuages

 

Comme sur le vaste monde, on regarde le même ciel,

Glissant en voyages des vents, Sans jamais rien voir de pareil.

Epines de rose


Larme matinale sur la rose piquante

Du jardin desséché, derrière ma lucarne

La nuit se fait absence comme le refus

D’un avenir devenu redouté.

L’interdit déserté du parfum rouge et léger

Porté par ta main pareille à la brise

Qui caresse le flâneur du printemps,

Restera froissé comme le secret

Pareil aux sourires du jour à traverser

Ressemblant à l’indifférence à venir

Confondue à l’oubli tant souhaité.