Rêves


Combien de larmes d’étoiles se sont écoulées pour que naisse le rêve des terres qui, en chaque vague, enfante vers les cieux ?

Et tandis que la terre craque sous le mensonge de la neige, la mer n’a que faire de la poudre blanche des paroles de ses fils qui l’accompagnent.

Elle étale tous les spermes inutiles de ses mystères sur la plage où je n’entends que l’éternité de la fin de son propre rêve, tandis que désormais dans l’infini, scintillent les étoiles.

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Paroles de lune


La lune s’était étalée sur la vallée.

Quel feu pouvait en avoir fait de telles cendres froides dont le soleil se moquait par son matin, avant qu’elle ne soit en larmes souillées de nos souliers ?

Rare neige en mots de calendrier, elle exprimait l’irréel en s’étalant sur la terre comme en son ciel.

Puis, elle a fondu comme son langage de cet instant et s’est écoulée, comme nous en notre jardin, en banal souvenir réel.

Perpétuel


Photographie : Jean – Michel MELAT – COUHET, tous droits réservés

 

La mer jaillit

Tel que l’amour

Contre son roc

Sur son destin

Que les vagues

N’ont eu de cesse

De raconter

Pourtant hélas

Jusqu’à présent

Toujours restée

Son inconnu

Et son espoir.

 

Aucune magie :

L’eau se maquille

Contre son roc

Tel un nuage,

Un univers

Qui se saisit

De l’éternel

En son instant

Et s’échappe

Pourtant futile

Comme un sourire

En souvenir.

 

Invisible et

Réel voyage

Contre mon roc,

Courants et vents

Eclaboussés

De nos étoiles,

Nos poussières d’eau

Saluent le ciel,

Embrassent la terre

Tel notre amour

De son ressac

Perpétuel.

 

Il n’y a plus

D’hésitation

Contre nos rocs,

L’essentiel lie

Nos mots jetés

En tourbillons

De tous nos vents

Enfin unis

En don de vie

A nos baisers :

L’amour jaillit

Tel que la mer.

 

Découvrez le regard de Jean – Michel Melat – Couhet :

http://www.j2mc-photographie.fr/

Lis vers l’hiver


Illustration : Svetlana Sirenko (droits réservés)

Illustration : Svetlana Sirenko (droits réservés)

 

Par quelles amarres, à quel port et de quelle époque s’accrochent les maisons injuriant la transparence du temps en couleurs comme timbre d’un cri de vie ?

 

Tourbillon de l’instant jetant sa force centrifuge sur les murs gardiens des mystères de chacun, en italique inversée, on devine les trésors jaunis des placards du fond des ombres.

 

Tandis que la brise de demain balaye la poussière dans la poubelle d’hier, jouant du ciel et d’un arbre éteint aux feuilles de plumes engourdies, la lune chante sur ces violons. Ces cordes de briques, de bois et de terre jouent en nostalgie.

 

Paradoxe du vent qui souffle dans l’oubli tout ce qui s’accroche sur les larmes qui font la survivance de tout ce qui est mort. En guise de réponse apaisante, c’est au crépuscule qu’on célèbre la lumière pauvre et froide en vernis et en pigments.

 

En robe de silence et de constance tel galet sans autre âge que celui de l’éternité, ton chien te suit en patience guidée par sa confiance sans condition et ne traite ainsi le temps qu’en sa présence.

 

Que regardes – tu dans l’invisible qui te fouette ? Crois – tu que la vie est toujours pour demain ?

Percée


Photo : Margot Roisin (droits réservés)

Photo : Margot Roisin (droits réservés)

 

Voyageuses fantomatiques, au souffle, les vapeurs racontent en de lentes danses leurs secrets de couleurs dévorées.

 

En un regard, le silence impose sa menace et sa peur d’amours défendues.

 

Percée, aveuglée de lumières comme autant de bavardages inutiles, nous t’offrons nos sourires carmins pour grimaces de rides étrangères.

 

Alors, notre terre s’endort sur le lit de l’horizon. Rêves linéaires de lendemain, l’heure est à l’apaisement d’hier

 

Photo extraite du blog :

https://regardsdicietdailleurs.wordpress.com/

Transparence des couleurs


Les pétales de sang, au milieu des herbes qui se faisaient écho du ressac de nos paroles de caresses que seule la brise rappelle, effleurent des brûlures de la saison.

 

A l’heure bleue, les paupières sont rideaux des étoiles et l’absence ne t’enlace que trop mal pour t’empêcher de sombrer dans les abysses d’un mauvais rêve.

 

Loin du temps et de l’espace des couleurs, mon espérance est la boussole de la solitude qui sert de radeau sur l’océan lit de nuit.

 

Rude terre promise, voulue comme horizon, où, en mauvais mariage, se confond volonté et espérance ne donnant que transparence.