Alphabet de lumière pour phrases de couleurs


La lune, ventre rond du silence, en gestation du jour à venir, cherche le désert sur la ligne d’horizon.

 

Et tandis que les ombres murmurent leur avenir, la bulle de lumière éclot des flots.

 

Des ombres vertes, les comptines pour les vents s’élèvent avec le temps compté par la cloche lointaine qui tinte comme un souvenir.

 

Soudain, passe l’ombre des couleurs papillonnant vers son phare tel un dieu qui a déjà asséché mes paupières.

 

De son divin il lui restera le reflet coloré de sa fugace déesse du jour pour tournoyer en courbe reprenant, ignorant, la promesse de la chrysalide.

 

A ton besoin de t’offrir en ombre, je ne peux te dire que le silence mystérieux des souvenirs en éclat lunaire de mes larmes, en alphabet de lumière, phrases de tes couleurs, de toutes les couleurs.

Du poème


Sur la lumière de papier,

L’instant en encre s’écoule.

 

L’éclat statique prend sens

En ombres fines de mots.

 

En pas de chat, ton regard

Ouvre le temps au hasard.

 

Le poète en traducteur

N’est libre que du poème.

Un matin au café


Un nouveau soleil

Embrase les couleurs

Qui s’étirent en s’éveillant

De leur ombre étalée

Comme un souvenir

Nocturne de mes rêves

Pareil à ceux d’un nuage.

 

La lune en pierre blanche,

En vie par mon regard

Hier endormi trop tard,

A scruté en patience

Et en son silence,

Tel l’oubli de promesses,

L’extase de mes mirages.

 

 

En réminiscence,

Par son éclat blafard

De l’effroi d’un autre jour

Qui reste à revenir,

La voici noyée

En galaxie de mousse,

D’un café de bavardages.

Reluisante vie (2)


Loin des rigoles qui s’esclaffent de leur mystère,

Derrière la vitre d’où défile le temps à gagner,

Loin des gouttières qui se noient de leur regard,

Etirant le matin sur la parallèle du tien,

Tu habilles ta musique de silence de papiers.

.

Le regard sur l’endroit tendu comme tes cordes rangées,

Les notes défilent en poursuivant ton train,

Les mains apposées en derniers soupirs,

Ecoutant ton éveil sur son devenir,

Tu dévêts le bruit de chemin de métal.

.

Loin des rigoles qui se taisent honteuse à la lumière,

Devant les regards assis sur le temps à jouer,

Loin des gouttières qui s’abreuvent de rêves

Installant ton matin sur la croisée des instants,

Tu habilles ta musique de vie de poésie.

Reluisante vie (1)


Ce matin, la pluie bavarde avec la ville. Après s’être excusée de la colère des cieux de la veille, elle offre ses paroles en toilette des poussières qui troublent l’horizon et le souffle.

Elle glisse sur le temps qu’elle rend transparent telle la fenêtre figée en patience. Les minutes s’écoulent comme les souvenirs qui n’ont plus l’éclat des promesses et de leurs sourires pareils à la lumière de ce jour qui écoute.

Dans ce langage sur les matières, dans les rues que les passant étirent jusqu’au pareil lendemain, luit la poésie qui rend vie.

Rêve d’un regret


Là-bas,

Le soleil éclate son silence tandis que les rues se gardent l’ombre comme un chuchotement destiné aux passant qui flânent sur leurs bavardages.

Plus loin, la mer chatouille les galets qui, en se fichant des rêves d’horizon, rient des quelques mouettes hurlant sur la lumière, telle la colère sur un trésor perdu.

 

Ici,

Les oiseux clignotants déchirent l’absence des couleurs et violent le vent en cris d’insultes continues sur ta plume chargée des instants de sourires passés.

Plus loin, les insectes de fer avalent les faces cachées du bonheur qui, en éclipse constante au lointain, taisent leur fantasme d’aller comme un retour, comme tu es soumis au trésor espéré.

 

Partout,

L’élan est tel le rêve d’un regret.

Matin sans parole


La caresse du matin est un sourire qui dessine son réveil sur le rideau de la fenêtre.

Le soleil du matin, sur les étoffes de tous les rêves, éclaire l’instant en douceur simple comme on offre sans parole, l’amour et la quiétude en guise de luxe de temps.