D’Orion à Antarès


La main du phare brasse la nuit sans disperser
Tous les espoirs brillants des cieux, et indique
Sa terre sans parler de ses nombreux amours,
Et au rythme toujours constant du ressac,
En consonnes d’étoiles, lumières sur couleurs
De la fumée de nos voyelles qui s’élèvent
Vers le grand voyage d’Orion à Antarès,
Le nôtre se déclame en toutes saisons,
Peu importe le monde que nous vivons.

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Lumière de l’index


A Xavier Bordes,

 

Scintillantes comme éclat de soleil sur les vagues, les étoiles voyagent sur les flots de chaque nuit. Sur cet océan des heures tardives, navigue la donneuse des pâleurs. La lune témoigne de la lumière de demain mais elle indique en sa transparence projetée que chaque nuit, passant sur tes deux spacieuses secondes de tes jours, t’amène à la mémoire du dernier.

A l’heure de la sortie du port, ne sachant quelle étoile suivre, de son doigt tendu, de sa peau de souvenirs, ton phare t’a indiqué la courbe invisible de l’horizon, le piège des reflets, le mariage secret du temps et de l’espace et ta mémoire en fait toujours l’écho. Un secret n’existe que parce qu’on le sait. On ne le sait que si on le comprend. Il y a trente ans, se hissaient les voiles pour le voyage vers l’invisible.

Aujourd’hui, entre courage et fatigue, comme vagues qui poussent après avoir retenu, les heures te montrent toutes les directions sauf celle de ta boussole. Et tu voyages vers tes lumières en souvenir de l’index qui s’élançait sur la nuit de l’ignorance. Opaque autant que transparente elle sera quand tu la sauras, celle qui se moque du temps pour ne donner qu’un lieu d’oubli sur ta mémoire. En attendant de l’accoster, tu ne cesses de raconter ta lumière sur la lumière que, mieux qu’aiguilles sur les heures, l’index du poète t’a montré.

Riches de différences


Les vagues des mers

Sont paroles d’égalité

Désespoir des terres.

 

Nul voyage en mer

N’est oubli pour un espoir

Trop d’étoiles au ciel.

 

De mer en rivière

De solitude en amour

Les souvenirs naissent.

 

Avant le retour

Face aux vagues des mers

Paroles de nuances.

 

Des îles de montagnes

Sur paroles d’égalité

Tu rêves tes prairies.

 

Le diktat des flots

En mensonge de reflets d’or

L’horizon se tait.

 

Sauf s’il te réduit

Telles les vagues identiques

Tu aimes les écarts

 

Louable qu’aux lois

L’égalité est néant

Dire l’indifférence

 

Comme chacune des joies

Aucune larme n’est commune

Richesse de la vie.

Piano


Les notes graves de la pensée accompagnent les notes légères à peine jouées qui s’élevent déjà comme un écho que seule la subtilité du frappé en fait larme.

Dans la gare, l’arrivée de l’escalator à la hauteur du piano est le début du voyage qui va s’étaler, transparent comme déjà fini, sur la vitre et s’étirer comme retenant l’être qui, en émotion furtive, confondra la nostalgie avec l’espoir.

L’oubli fera de l’instant la réminiscence étendue et floue comme l’horizon vers lequel le train emportera son voyageur.

Nul souvenir encore. Il reste à bâtir sur l’émotion du piano.

Galet


Quelle traversée passée a endormi

Les galets étalés à ciel ouvert,

Vernis de caresses salées de vie,

Sitôt séchés par le phare du savoir

Qui occulte, brûlant tel le divin,

Tous les voyages des murmures de la nuit ?

 

Quel périple manqué a sacrifié

Les galets pétrifiés d’éternité

Que la main des mers ne cesse de polir

Comme effaçant les fissures ancestrales

En s’étalant en unique parole

Sur le voyage du silence de la nuit ?

 

Se jetant à l’abordage du chaos,

Le long souffle de l’horizon s’écrase

Sur le haut mur griffé de ses gifles

En criant l’effroi des rêves des galets

Ressemblant à la vie en la matière,

Transparents comme la patience de la mort.

 

Sur les innombrables cailloux, s’écoule

En son heure, comme les larmes sur les joues,

La pluie : remède de toutes brûlures

Et mon regard voyage à l’origine

De ses substances comme des riens qui font tout

Sachant qu’à mon tour je serai galet.

Perpétuel


Photographie : Jean – Michel MELAT – COUHET, tous droits réservés

 

La mer jaillit

Tel que l’amour

Contre son roc

Sur son destin

Que les vagues

N’ont eu de cesse

De raconter

Pourtant hélas

Jusqu’à présent

Toujours restée

Son inconnu

Et son espoir.

 

Aucune magie :

L’eau se maquille

Contre son roc

Tel un nuage,

Un univers

Qui se saisit

De l’éternel

En son instant

Et s’échappe

Pourtant futile

Comme un sourire

En souvenir.

 

Invisible et

Réel voyage

Contre mon roc,

Courants et vents

Eclaboussés

De nos étoiles,

Nos poussières d’eau

Saluent le ciel,

Embrassent la terre

Tel notre amour

De son ressac

Perpétuel.

 

Il n’y a plus

D’hésitation

Contre nos rocs,

L’essentiel lie

Nos mots jetés

En tourbillons

De tous nos vents

Enfin unis

En don de vie

A nos baisers :

L’amour jaillit

Tel que la mer.

 

Découvrez le regard de Jean – Michel Melat – Couhet :

http://www.j2mc-photographie.fr/

Un instant comme un sourire


photo Delphine Rupp

photo Delphine Rupp

En virgule des jours, au bout de tous les pas, dans un silence de regard, dans la caresse du voyage de l’invisible en partance pour un autre intouchable, nous voici, pour quelques repos de passages et en tous temps du monde, sous quelques faiseurs d’ombres qui s’extasient du reflet éventé des cieux.

En poésie de l’instant, et tout comme elle, l’inutile devient fondamental.