Regards possibles


Semblant jetées dans le désert de la nuit, les étoiles sont devenues lecture de chemins sur océan éteint.

Espoirs de tous les horizons, il n’est aucun parcours définis pour les relier sauf par ceux de la loupe des mers.

Pourtant, de terre en terre, les mêmes sont fidèles en chacune de leur solitude, indéfiniment pour chaque hémisphère.

Carte plane comme la mort, elles sont relief d’infini défiant le temps et nous appelant à conjurer la suffisance de nos regards vers l’espoir.

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Regards divers


Sur l’allée, se croisent des regards divers chargés et amères, sous trois cent soixante degrés glacés et transparents, des toiles d’hiver.

 

Sur le côté, de galaxies de branches en folie de brises fraîches comme le sourire de l’enfant qui, bras levés, sur trois cent soixante degrés,  fait la gourmandise de l’instant, pour tout fourrage, passent les étoiles d’automne.

Un instant de poème


La seine s’écoule comme l’encre du poème.
Ton regard s’étire comme le sens de ton poème.
La vitre fait silence comme la page du poème.
Puis en prunelles furtives croisées nos sourires font mots.

L’instant s’étire en son silence comme s’écoule ce poème.

Soufflé


Après que le vent eut laissé les abeilles faire leurs voltiges,

Après qu’il eut, comme d’une seule main, suspendu les parfums,

Le voici qui se lève comme pour tout emporter,

Eveillant alors la solitude en manteau.

 

En bourrasque, il la secoue et semble la provoquer,

Il dépoussière le silence endormi dans les oreilles

Et gratte les regards qui ont déjà oublié

Le sourire éclairé par la lumière du miel.

Ciel chocolat


Photographie : Jean – Michel MELAT – COUHET, tous droits réservés

 

calligramme : Ciel chocolat, Boris Sentenac, tous droits réservés.

calligramme : Ciel chocolat, Boris Sentenac, tous droits réservés.

 

Tandis qu’en cadavre de pluie

Passent des traces de vie,

 

De chez toi tu ne vois jamais

Que la lumière transparente

 

Et tu ne pourras jamais voir

Le ciel bleu chocolat.

 

Face à face en langage de volets

Dénué de vents, le temps s’est endormi

Au cœur de tous les secrets

 

Ils sont comme l’absence, regards vides

Car trop nombreux pour unifier en un sens

Les vérités de chaque fenêtre bien polie.

 

Découvrez le regard de Jean – Michel Melat – Couhet :

http://www.j2mc-photographie.fr/

Monde à venir


Photographie : Boris Sentenac (droits réservés)

Photographie : Boris Sentenac (droits réservés)

 

Phares endormis d’un temps de mémoire dans un océan du temps aveugle de lumière, l’éclat en silence habille en ombre la flèche s’étirant vers les étoiles invisibles.

 

Sur la lumière se dessine l’hiver où à chaque extrémité se disent toutes les promesses en solitude froide.

 

Le rempart des fenêtres, chacune unique pour le même reflet, fait secret les regards comme autant de vérités qui s’unissent dans le même mensonge, décrié mais consenti, de la cité.

 

Espoir perdu de bâtisseurs, on accuse le temps d’en être le voleur pour continuer la persuasion de la raison.

 

Océan du temps aveugle de lumière sur phares endormis d’un temps de cauchemar à venir, l’éclat en tintement n’habille qu’en nombre l’indice s’écrasant sur nos larmes d’étoiles.

Des bruits (3)


Les jeunes avec les jeunes !

Les vieux avec les vieux !

Les riches avec les riches !

Les pauvres avec les pauvres !

Les noirs avec les noirs !

Les blancs avec les blancs !

Les homosexuels avec les homosexuels !

Les hétérosexuels avec les hétérosexuels !

Les fous avec les fous !

Les malades avec les malades !

Les hommes avec les hommes !

Les femmes avec les femmes !

Et maintenant que chacun est bien au chaud

Dans sa case à choix multiple, coffre de ses secrets,

Parlons du vivre ensemble avec,  pour maître mot,

La tolérance (acceptation par défaut de la différence).

Revendiquons par pluie d’images et de bon sens

A faire frémir toute intelligence.

Nourrissons nos propres images respectives et individuelles,

Derrière nos portes verrouillées et nos lumières blafardes d’écrans

En guise de courage et de gloire.

Passons de fenêtres en murs

Pour crier le silence du virtuel de nos vérités assénées

Et détourner alors, dénués de sens,

A l’exception de nos peurs enfouies,

Tous les regards quotidiens

Vers le mensonge de nos chants de sirènes.