Suprême majuscule


Il nous semble que le chemin mène à l’espoir.
Cette quête de l’absolu inhérent aux premiers pas,
Aux premiers éclats de l’aube qu’on imagine
Ressemblant aux derniers du crépuscule.
Et dans tous nos mots, on ne cesse jamais
La recherche perpétuelle de la majuscule
Se finissant pourtant par l’abandon suprême.

Courant mystérieux


La poussière des paupières dépose,

Si tard comme s’il n’y avait plus d’heure,
Pour ne surtout pas faire pâlir la lune,
Sur ses yeux qui s’endorment doucement
En vagues grises, le trait d’horizon.

Au matin en une heure chavirée,
La mer s’étale sur le drap de plage,
Éclatante de lumière et l’azur
Et son courant pour la brise d’un songe

Emporte mon rêve noir d’horizon.

La brume


Tel l’amour, la brume est paresseuse et n’a que faire des caresses de la lumière. Elle s’étire en jurant de se lever. Elle ne sait rien des murmures de la nuit et ne devine rien de la jeunesse du jour qu’elle promet pourtant radieux. Puis profitant de l’absence de mon regard, elle disparaît jusqu’à demain et à jamais brumeuse.

Nuit


Il n’y a plus d’heure.
Les immeubles sont les ombres d’hier.
La chaleur s’accroche aux quelques nuages qui bavardent avec les étoiles sur le silence de l’instant.
Vaste sujet pareil au ciel que compliquent emmurés, les hurlements des rêves.

Les entrailles de la fatigue

Les entrailles de la fatigue


Les entrailles de la fatigue. Photographie Boris Sentenac, tous droits réservés.

Les entrailles de la fatigue. Photographie Boris Sentenac, tous droits réservés.

Le chemin facile par sa droite qui s’enfuit est flou et n’offre pour horizon qu’un point de nuit.
La lumière ne sait rien ni du jour, ni des étoiles. Elle brille avec l’expression du silence du sommeil d’un absent tandis qu’elle reste muette à la patience de nos rêves.
La fatigue a dévoré le choix et n’offre que le reflet d’être en reste des mots prononcés à la lumière de la lanterne épuisée.
En respiration du temps, elle est déjà hier en effort d’aujourd’hui et n’offre en compagne qu’une rampe noire.
Au bout de son élan trainant comme tentant de s’agripper à la seconde qui la dépasse, elle sera drap d’épuisement pour demain.

Baisers de brouillard


Découvrez ou redécouvrez le court-métrage (1min 8sec) « Baisers de brouillard » réalisé avec Mathilde Caillard pour la musique.

Simplicité


Alors que la fenêtre ouverte me montre le monde qui s’éveille tandis que la nuit s’écoule et se réchauffe en mon café, un moineau plonge en mon lac de lumière.

Je lui offre quelques mots de bienvenue sur un ton amusé, il me répond en ses mots de regard d’audace.

Je lui offre quelques miettes du pain de la veille qui a nourri mon matin et qui nourri son instant que seule ponctue la nuit dès lors endormie pour tous.

L’espoir ne semble pas faire ses jours, il me démontre du bout de son bec la simplicité du besoin puis s’en va.

Doux souvenir


Les cigales s’éveillaient en mécanique d’horloger.
Elles semblaient tenir quelques heures du jour sans parvenir à faire barrage.
On parlait d’éternité sur la durée de l’instant, on ne parle plus que de l’instant noyé dans l’océan de l’éternité.
Le temps s’écoule sans jamais découvrir son lit. Il me reste la soif pour langage et un sourire pour saler mon souvenir.

Tel un Graal perdu


Pour ne rien gâcher de mille joies pour un bonheur,
Tu en as fait ton silence comme on discute avec la solitude.
Tu vogues sur le temps dans la ronde de l’horizon,
Avec la caresse du vent pour contrer le désarroi,
En quête de ce que tu as déjà vécu, tel un Graal perdu.

Emotions attisées


Toujours en contre-temps,
En reprise de souffle trop furtive,
Les émotions s’écoulent
Comme pour s’enfuir en vain,
L’eau ne restant que transparente.

De l’éternité de l’instant,
De la paresse de paradis
Qu’elles chantent de leurs voix de sirènes,
Il ne reste toujours que l’enfer
Qui brûle de vides passés.

Le brasier des manques à venir
Teint en cendres les heures des sourires.
Sourds à en pleurer, il est si puissant,
Qu’aucune larme essentielle
Ne saurait l’éteindre.

Les chants des troubles deviennent cris
Contre cet avenir
Calciné dans le passé,
Et sanglots pour le passé
Que l’avenir avait passionné.

Unique (être)


La sage brise d’un printemps mûr souffle sur les nuages pour lever le voile posé sur les étoiles.

Il n’est plus temps d’avoir pour être sinon que les regrets de n’avoir pas su plus tôt l’essentiel du ciel.

Tout est multitude simultanée que chacun a sans détenir pour être.

Ghislène Ghouraïb (Photographe)


Capture Ghislène
Entre fin 2019 et début 2020, mon amie Ghislène Ghouraïb avait réalisé une série de portraits de votre présent serviteur. Elle se lance avec son immense talent en tant que photographe et voici son nouveau site Internet. En cliquant sur le lien ci-dessous, découvrez ses magnifiques clichés et n’hésitez surtout pas à la contacter.