Brouillard de lucarne


Pareille aux prédictions des pluies, la faiblesse transparente et nécessaire des pierres taillées voulues infranchissables se fait opaque et sans surprise quand l’hiver, que les hirondelles frileuses désertent, rencontre le réconfort des sédentaires fatigués de leur propre néant.

Me voici prisonnier de mon souffle qui tisse lui aussi le rideau de l’auréole vitrée et qui fait mystérieuses les ombres des passants tandis que le secret, comme le silence, s’empare du jardin sans même y toucher.

A cet instant, le savoir n’est que vapeur. Par ce qui ressemble à une caresse, je tente alors de façonner l’eau. Mais, entre espoir solitaire et fugace et désillusions figées et à venir, le brouillard de ma lucarne finit toujours par s’écouler comme les larmes trop longtemps retenues avant que je n’envisage la poignée capable, à ma volonté retournée, d’aspirer et d’assécher le trouble et ses diamants froids de chaleur semblant hésiter comme un timide mourant de réminiscences et se tarissant ainsi dévastés dans l’oubli imposé.

 

Cris caverneux


Sous les pins, le bonheur se contentait de l’enveloppe de senteurs qui accompagnaient la seule suffisance digne qu’est toujours l’amour partagé au gré de paroles et de caresses soufflées par le vent.

 

Quelques regards se devinent toujours transparents comme absorbés par la fatigue de la lune. Ils retombent en cris caverneux ne pouvant ainsi, que lamentablement, me parler de Mélusine sans connaître le chant de ton nom qui n’a d’autres silences que ceux qu’ils s’imposent.

Pitié de piété


Comme méprisé par les hauts mélèzes à l’arrogance piquante ignorante du hasard de leur vie et recueilli par l’ombre des cyprès chargée de conscience, l’amour écoulé du pavot, comme vigueur éphémère, se confond pour de trop nombreux mal – voyants avec l’insolence du martagon à l’ardeur des secrets condamnés.

Pourtant, en dépit des œillères et de la piété ordonnée, pour tous, du haut de la voûte rendue improbable, lorsque les couleurs s’épousent dans le néant, les insectes d’ivoire des cieux griffent imperceptiblement les ténèbres comme l’amour du poète effleure sa page de solitaire.

Fils de l’éternité


C’est lorsque la nécessité devient fatigue, qu’au loin, arraché à l’éternité et depuis esclave de la linéarité, le temps semble épouser le moteur furieux d’une tondeuse à gazon… On sait déjà qu’ils se font alors ensemble menteurs d’un jardin maquillé en paradis.

 C’est ainsi le bruit du plus beau drame qui soit. Il se propage jusqu’au bout de la corde de l’amour qui résonne et vibre comme le glas que chacun n’entend pas. En final de désamour il se répand, minable, en silence quand il se fond à la découpe devenue obsolète avant de finir, et comme tout, dans la transparence de l’oubli de tous les déchets.

L’après de l’avant


C’est face aux collines faites de tirets d’ombres sur ses lignes de lumière où s’accrochent, jurant sur l’impossibilité des poussières figées, quelques verdures pareilles à quelques amours séchées, que mon regard fend le silence perplexe de l’instant.

C’est lorsque la nuit efface l’aigreur, et qu’il ne reste alors que le reflet de l’espoir, que ta chevelure, désignant l’ailleurs d’ici et là, finit tombante comme mourante d’abus de vie.

Ainsi, c’est lorsque le vent essouffle sa caresse et ses chants d’horizon que nos sourires se font l’astuce de la chaleur obsolète de nos instants éclatants.

Elixir


Abandon du népenthès comme quitus régulier des complaisances : l’aurore voit rouge !

Un élixir de rose s’écoule le long de tes épaules et ton sourire l’enveloppe d’un murmure d’eau des montagnes vertes dont la caresse soupçonnée est à faire blêmir la brûlure étalée d’un crépuscule.

Hymen d’éclats : la nuit y voit – elle déjà la rosée ?