Fenêtre sur les mondes


Photographie : Boris Sentenac (droits réservés)

Photographie : Boris Sentenac (droits réservés)

 

Bâti comme caverne nécessaire habillé de confort, derrière l’œil des murs absorbant le salut furtif de l’évidence du jour et opposant son arme invisible de silence, se jouant de la couverture de doutes sur le voyages des gouttes des sources évaporées de tous nos jours figés sur l’instant comme marbre et qui engourdi les jardins d’espérances, le temps offre ses secondes et ses heures, vivant de ses intervalles dans l’éternité que chacun définit de sa larme muette et dans la transparence hurlante de tous les regards.

Bien – pensant


Mentir sur ce qui se vit

Pour ne vivre que ce qui se dit…

*

Faible charisme de poussière

Sur humilité de lumière

Que déchire l’injure inutile

D’une mouette à l’encontre

D’un nuage travesti par le vent.

*

Costume du reflet des anges

En traducteur des ombres

Qui ne parle pas la lumière

Et se méfie des étoiles,

Déniant les cieux

Après avoir renié leur ciel

Pour croire, en vulgaires certitudes

Et en leur déception propre,

bien pensant

Lumière des couleurs


 

Photographie : Boris Sentenac

Photographie : Boris Sentenac

 

La brûlure manquée du printemps naissant s’étend sur le jour et prend la parole sur le voile du rêve tandis que son origine, en phare d’évidence, ne s’étale qu’en certitude sur le mystère de la vie avant que les étoiles, telles espoirs sur la mort, en fassent un langage de souvenirs diffus de lumière.

 

Aveuglante, il n’y a qu’à l’annonce du sommeil que la réalité se reflète, ne se disant alors qu’en vérités visibles de couleurs.

Peau d’encre


Elle est caressée par ton poème, saisie par la main infidèle,

Dans son harem figé sur son grammage,

Le tatouage de la plume pour la renaissance de son secret,

Patient comme la mort à s’offrir sous sa couverture,

Patient comme l’oubli jauni d’un souvenir,

S’inscrit toujours, sauf dans la virgule de ses ailes,

Dans les silences pauvres comme l’Eternité qui n’a pas pied

De tous les chemins de poussière, de tous les cimetières.

Journée


Sur l’écran de ma fenêtre,

Mon embaumeur : L’ennui du monde,

A diffusé, céruléen,

Le désert de mon rêve.

 

Quant aux collines,

Sanguines comme honteuses de leur gloire,

Elles témoigneront, en larmes matinales,

De la noyade de la lumière.

Ta vie


Photographie : Jean - Michel Melat - Couhet (droits réservés)

Photographie : J2MC (droits réservés)

 

Quel passé a fait le chemin de ton regard ?

Les certitudes sont tracées en promesses comme langage de mode d’emploi. Ta vie était déjà un produit sans garantie.

 

Quel présent t’étale comme brouillard dans tous les regards ?

La contrainte dissipe ton essence en expérience de laboratoire des rues. Militaire des idées à l’arme de mots affûtés, par la fable d’un ordre passé ta vie tente de s’échapper de l’ordre qui a toujours été.

 

Quel avenir à pulvériser regardes tu ?

Piquant, étouffant, le nuage du chemin est la barrière des chants. Ta vie devra être imposée comme bourdonnements incessants de bavardages sans cri ni silence.

Fête


Couleur liquide au goût doré et piquant de légèreté comme paradoxe de la douceur bruyante du moment sur la force silencieuse de tous tes instants, rêves effilés, fumés puis crachés en souffle d’âme à compenser, sirènes remuantes hurlant sur tes mots jetés sans élan et tes sourires figés comme masque de ta vie, te voici acteur de la scène sur-jouée du théâtre du nécessaire bonheur fêté.

Nuit


Après que l’or du jour ne fonde et coule au fond des mers, le tapis rouge des rues des retours s’étale avant d’être enroulé et rangé par l’horloge qui radote en quotidien.

 

Plus tard, tandis que je veille mon sommeil décédé, la lumière invisible du lendemain étranger caresse le sourire de la nuit.

 

Les étoiles, en vies mystérieuses injuriant la mort infinie, gardent le secret de tous les soupirs d’avenir qui se font, en bel et pur abandon, la parole de leur regard de bulles de réel sur les rêves.

 

Avant que le soleil ne se lève de son drap d’horizon, le tapis blanc des rues des départs s’étale avant que je n’enroule et que je ne range mon inutilité forcée pour l’horloge qui radote quand même pour tous jusque dans le néant quotidien.

Pouvoir


« … just another brick in the wall »

Etre le pouvoir serait tellement mieux que de rêver l’avoir.

La schizophrénie de la messe comme honte de la vie en écho de prière silencieuse a fait place à la protestation bruyante de la vie en cri hystérique sans écho.

D’un passé qui se chuchotait au présent comme clé d’un avenir qui par le langage n’était alors plus à craindre, nous sommes désormais dans l’amnésie pour un présent qui gronde l’avenir inconnu. Ce qui reste constant est le jugement, la condamnation de l’être qui fait pouvoir. Peu importe le sens du regard sur ce mur puisque il ne reste toujours que ce mur. Constamment, nous nous abandonnons dans notre propre leurre de liberté en ne songeant que par nos doctrines collectives, incapable d’être pour offrir à tous.

Il ne suffit pas de dire pour être. En se faisant sirène d’excuses de bon sens, on tente de s’étaler sur l’immensité qu’étire l’horizon comme le prêche qui transcende les voûtes d’un faux mystère d’écho. Le chant n’est alors qu’un pouvoir surfait qui n’a jamais de prise sur le temps à qui sait voir l’espace des flots qui se marient aux cieux qui veillent les terres que l’on sait et celles dont on rêve.

Sans prétention de prestige castratrice et sans fausse humilité à vocation de remparts, aux contraintes plus justes, en reconnaissance de nos faiblesses pour en faire une force, être le pouvoir serait tellement mieux que de l’avoir.

Monte !


Ne deviens pas ton propre menteur pour faire de toi un mentor.

 

Aucune tempête ne peut souffler l’éclat scintillant des étoiles.

 

Aucune canicule de basses terres n’évapore le trésor simple de reflets de soleil caché comme gloire d’ascension de montagne.

 

Là – haut, le cri de ton regard sur le monde n’éveillera aucun écho.

 

Le silence de ton regard qui s’écoulera sur ta joue te rappellera à la simplicité de la perle des terres secrètes mère de nuages de toutes les mers caressant les terres et qui toujours, pour toutes les mains, s’offre et s’échappe.

 

Monte !

Elan de paroles


Autant de secrets que de trésors sur le socle de gloire de la nature que sont les montagnes. Trésors simples qui s’expriment en silence de chaleur d’été ou en clapotis de pluies printanières. Secrets des vies couronnées par la haute verdure caressant les nuages naissant, le temps est venu de marcher hors – saison. Peu importe le feu des cieux comme recalé en mensonge par ses propres larmes. C’est toujours de la mort que survient la vie. Je sais sans parole possible que la mienne sera verte. De jeunesse et de peur, elle sera verte.
A vous mes aïeux, au-revoir. Je le dis sans vos certitudes qui m’ont pourtant amené à regarder l’élan des terres et que je préfère franchir pour en connaître quelques de ses secrets plutôt que de me les imaginer tous. Sans vous, jamais je n’aurai eu pareil regard. Vos paroles sont nobles. Mais aujourd’hui sans vous, sans certitude, je vais tenter de faire de vos paroles un chant. Rien de divin, juste faire votre suite. Ni de vous ni de moi il n’est d’erreur. Chacun marque son pas. Je n’oublierai rien car tout, jusque dans vos excès et même dans vos manques, tout est essentiel pour ma propre découverte qui sera un jour une parole comme la votre.

Du secret au mensonge


Le soleil d’orage est semblable au regard d’aveugle. Ne reste qu’un reflet de bulles qui encadre et nourrit les flots des rigoles qui s’étirent sans rien tirer d’aucune rue aux maisons alors silencieuses.

 

Les secrets des larmes de chacun cachés derrière chaque fenêtre comme trésors et hontes à la fois se traduisent sur les différences de tous en masque des nôtres et en modèle des excès du ciel s’effondrant (inutile comme tout excès, ignorance et mépris) sur la terre.

 

Justification en hiérarchie normalisatrice et en silence de nos propres mensonges, d’une grande violence en signature de vulgarité et s’étalant en artifice de force de gouaille, notre identité injurie toute humanité pour n’en faire qu’un outil servant notre excès d’orgueil.