Jamais marin


Le visage est mouillé par les perles d’adieu qui débordent des gouttières des iris et qui ne savent rien des courants de la mer porteurs et secrets qui prennent et rendent.

Aux heures tardives, la sécheresse des joues semble déserter les secondes à venir plus longues que les secondes déjà passées. Les étoiles enflent et s’écoulent éblouies par le souvenir d’un soleil abandonné.

C’est parce que l’on croit à notre éternité comme pour vaincre la mort que la tristesse habille les espoirs exilés.

Pourtant, couvre-toi de l’horizon. Tu verras que les distances ne sont rien et que les rêves sont vivants.

Je ne serai jamais marin et c’est ainsi visage sec que je reviendrai.

Silence des étoiles


Toi, si loin, désormais contrainte à la même langueur de patience qui s’écrase ici, j’imagine le soleil, là – bas, s’étaler et s’endormir sur ton visage.

Tu es comme cette caresse du jour sur les promesses des blés : tu es le phare du bonheur.

Avec la force de ton regard vers les cieux flamboyants faisant d’ici l’ailleurs tant recherché, faisant des étendues communes notre paradis exalté.

Chant des couleurs tu fais blêmir la torpeur de la nuit. Même loin, même endormies, tu persistes en apaisement des rêves. J’imagine la lune jalouse de ton sourire. Sa pâleur, semblable à notre solitude partagée, nous lie par nos regards mariés qui la scrutent avec leurs espérances communes.

Le frisson des heures d’un monde alors endormi ne peut que me parler de ton éclat et étale mes souvenirs en ton sein.

Nos songes nous unissent. Notre amour les nourrit comme terre et soleil font vie des étendues ondulées, socle d’horizon inconnu des temps et des échos des regards épris.

Aucun choix pour aucun renoncement et l’allégresse née de nous. Elle se reflète dans les pépites de la nuit que l’aube réchauffera sans jamais nous brûler et nous illuminera sans jamais les aveugler.

Que prédit le silence des étoiles sinon l’aube en renaissance éternelle ?

Intervalle


En sortant du foyer d’espoirs agenouillés et sous le paradis incendié à l’éclat ultime semblable à l’éternité de notre fascination, ce sont nos dernières intervalles de regards avant d’entrer dans le labyrinthe de nos jeunes patiences qui nous sont imposées.

Combien j’aimerais encore et toujours être à la plage et narguer avec toi l’horizon dans son bain de reflets de couchant, main dans la main, et dans le ressac en écho de nos coeurs simplement amoureux.

Viendra le jour où rien ne pourra nous contrarier.

Dans notre grotte, nous regarderons la mer embrasser nos secrets et écouter ses langueurs caressantes.

Les vents d’ailleurs, ne sachant mourir nulle part, nous raconteront leurs torpeur. Blottis l’un contre l’autre notre silence leur dira notre bonheur.

Insomnie de réminiscences


  A l’heure du sommeil des corbeaux que les étoiles guettent, un chien errant s’est introduit par la grille de l’hôtel des espoirs en transit. Il aboie comme aboie ceux de tes jardins désormais lointains et dont je connais le sommeil. Comme si l’animal me parlait de son errance, que puis – je lui raconter de la mienne ? Ou bien vient – il me dire ce que j’entends déjà depuis longtemps sur le bonheur gâché ?  

L’autoroute voisine semble tirer mon âme et mon cœur vers nos désirs sacrifiés. Nul écho pourtant mais un klaxon puissant de ces tombeaux de marchandises semble me crier « oui » à cette pensée d’un instant qui hurle sa volonté de s’étirer vers toi. Mais on ne peut faire qu’un rêve à la fois.  

Au côté de la douce fille verte, je me souviens de ce soleil qui caressait mon visage sur ton chemin. La douce chaleur ne manquait que de mots d’amour comme un secret se fait poison de vérité.  

Enivrante malgré tout, je me souviens avoir fermé les yeux pour ne plus être ébloui. La lumière transperçait pourtant mes paupières et son souvenir déchire aujourd’hui tout mon être. L’heure de l’adieu ne vient qu’au sommeil d’un espoir endormi. Le mien, partagé et divisé, ne peut rêver.  

Je souhaite la plus belle aventure de devenir à la muse que je pourrai froisser comme le brouillon d’un beau poème manqué et, s’ il m’en est possible, je souhaiterais trouver l’écho qu’un hiver trop rigoureux a étouffé et qui, j’espère, ne l’a pas emporté dans son cauchemar des fontes. Je devrais rentrer vers le foyer…  

Sais – tu encore chanter  mieux que ce chien ne sait aboyer ?

bonsoir


Soleil couchant sur sourire levant, je me rends aveugle à vouloir deviner la face cachée de ton reflet nocturne sur l’ovale de ton visage qui, en caresse lumineuse, est telle lune étalée sur l’ombre d’un sommeil retardé.  

Aux yeux de tous, nous voici comme gouttes de bois et de voiles perdus sur l’univers qui semble alors tel l’éclat furtif d’un reflet de l’astre sur une vague passante.  

Il est toujours un lendemain. Mais sous les étoiles aucun rêve ne se perd. Garde ton sourire et l’éclat chaleureux d’un crépuscule qui promet alors l’aube du devenir le plus fort. Lire la suite

Réponse filante sur univers d’amour


D’un sud enchanté à un sud enchanteur,
L’heure sombre qui fait d’un sourire une grimace
Est  un au revoir lancé dans la nuit statique
Injuriée par les phares coupant qui, le long de la route,
Se font par trop de distances pauvre maître du temps.
Sur la ligne de la radio qui s’endort,
La lumière se fait colère de larmes
En se posant sur l’indifférence glissant
Dans le passé qui se dit trop au présent.  

L’unité du cosmos est son explosion.
Comme l’amour morcelé et scintillant dans le temps,
Il est souffle silencieux, fulgurance imperceptible,
Occulté par le sifflement d’une roche du hasard,
Perdue, et filant jusqu’à notre monde de deuils.  

Déjà me manquent les étoiles de ton ciel
Que jamais tu n’as regardées
Et qui observaient nos réponses fuyantes
En absorbant la vérité
En un éclat inutile et mortifère.
De lanternes myopes et voyageuses
Ou de prières de poussières brûlantes,
Rompues, les ténèbres prouvent ce qu’elle sont.

Orage nocturne


Prends ta plume et fais toi l’espoir de l’oiseau figé dans sa patience que la tempête tente d’arracher sous la voûte aux couleurs de trésors dès lors interdites.

Brièvement, le temps d’un clin d’oeil : celui de l’univers, les nuages reflètent des paysages d’ailleurs que nul ne connaît telles vérités fugaces.

Figé et déjà aveugle : obscurité poignardée, béquille fragile de l’avenir, l’orage nocturne s’étire brillant comme des souvenirs emportés étendus dans le temps de l’éternité de l’instant.

N’aie crainte des songes de la nuit qui vont tomber par milliers avant de s’écouler écrasés en ruisseau de l’éclosion céleste dans les crevasses assoiffées, fines et serrées, où seul le mystère tenace s’infiltre et patiente en fainéant lorsque la chaleur du midi panse les excès du moment à venir sous les piaillements de l’oiseau qui narguera alors ses rêves rompus par rien d’autre que la beauté de la vie.