Virgule

Virgule


Calligramme : Boris Sentenac,

tous droits részrvés

La vie est une virgule de temps, tel un souffle pour parfums, pour mots de couleurs à dire à pleurer ou à chanter, une caresse de lecture à prendre et à donner, inscrite en encre noire sur l’ouvrage de l’éternité.

Automne


Sous les rêves devenus froids et secs, l’enfant transparent jouait avec les cadavres de son printemps.

Comme pour profiter des dernières couleurs, de ses doigts verts et inombrables, le jardinier tentait d’ordonner la mort.

Mais ne vivant qu’au présent, le vent se moquait de ce que disait l’instant.

Mathilde CAILLARD en live


Bonjour à tous,

Sur le menu de ce blog, un lien vous envoie vers le blog de mon amie Mathilde Caillard. J’ai quelques projets artistiques avec elle, dont le film « Autoroute » que vous découvrirez le 5 décembre 2020.

En attendant, je vous propose de la découvrir avec deux de ses chansons par le biais de la vidéo suivante :

Et voici les paroles des deux chansons :

Le Rire

 

 

Tu sais que l’éphémère n’est pas fait pour moi

Que l’astre lunaire me prive de toi

Toi tu es le feu, toi tu as le sang chaud

Je t’avoue qu’à mes yeux, nous brûlons de défauts

Toi tu es le rire qui détruit l’espoir

De pouvoir réécrire une belle histoire

 

 

Tu sais que les accusations qui sont tournées vers toi

Ont peut-être une raison – que tu justifieras

Toi, tu lèves les yeux, te mures dans le silence

Qui glisse entre nous deux une glaciale distance

Toi tu es le rire qui détruit l’espoir

De pouvoir réécrire une belle histoire

 

 

Tu sais que nos contradictions nous chuchotent tout bas

Les paroles d’une chanson qui m’émeut chaque fois

Toi, tu sais me plaire, toi tu sais m’attraper

Tantôt tu me serres, tantôt tu me laisses errer

Toi tu es le rire qui détruit l’espoir

De pouvoir réécrire une belle histoire

Paroles et musique : Mathilde Caillard, tous droits réservés.

Point de martyr, point d’apôtre

 

J’ai aimé à ma façon

L’ombre et la douce amertume

Chez les filles et les garçons

Qui s’enferment et qui se fument

 

Une bouffée d’horizon

Quand apparaît la lumière

Nos cœurs battent à l’unisson

Exaucent mille prières

 

Je trouve en chacun de vous

Une perle, une tour d’ivoire

Même sens dessus dessous

Trop précieuse est votre Histoire

Qui ne s’est brûlé les ailes

À trop vouloir sauver l’autre ?

La raison était si belle mais

Point de martyr, point d’apôtre

 

Chacun donne ses conditions

Pour ne pas vivre la guerre

Se protège cherche le bon

Se plie aux bonnes manières

 

Évacuer la pression

Accuser le mauvais sort

Perdre et retrouver la raison

Renouveler ses efforts

 

Je trouve en chacun de vous

Une perle, une tour d’ivoire

Même sens dessus dessous

Trop précieuse est votre Histoire

Qui ne s’est brûlé les ailes

À trop vouloir sauver l’autre ?

La raison était si belle mais

Point de martyr, point d’apôtre

 

J’aime attraper le frisson

Qui caresse mon échine

À l’écoute du sermon

Qui défend de toucher l’épine

 

La corolle, le bouton

De la fleur meurtrie par l’orage

Sont autant de bonnes raisons

De laisser le temps à l’ouvrage

 

Je trouve en chacun de vous

Une perle, une tour d’ivoire

Même sens dessus dessous

Trop précieuse est votre Histoire

Qui ne s’est brûlé les ailes

À trop vouloir sauver l’autre ?

La raison était si belle mais

Point de martyr, point d’apôtre.

Paroles et musique : Mathilde Caillard, tous droits réservés

Son blog :

https://mathildecaillard.wordpress.com/

 

La dame en noir


J’écoutais sa voix en scintillements usés, comme un souvenir que la bougie de l’instant lisait dans les pages de ses minutes qui s’écoulaient en fondant, transparente, avant de se figer définitivement comme un dernier mot à la fumée bleue de ma cigarette pour l’avertir de la fumée grise et diffuse de mon souffle à venir.

La pluie imposait son modèle, tandis que les larmes tentaient le silence de la pudeur sur les mots de tous les instants qui s’inscrivaient sur le moment suspendu à sa voix en scintillements usés, comme la lumière insensiblement descendante et presque figée qui s’éternisait à s’éteindre coincée sur le bougeoir.

Mes cigarettes se succédaient pour me rappeler le sommeil de mes paupières fatiguées et leurs rêves en scintillements usés par l’oubli faisant mon lit en s’étirant, transparent, avant de se figer définitivement sur sa présence de revenante, en ses mots de lumière et ses chants étendus sur sa si belle éternité.

Sur le même thème de cette immense artiste :

https://borissentenac.wordpress.com/2017/11/24/barbara-video/

Entends-tu ?


Derrière mon rideau, j’entends les mouettes hurlant sur ce bateau de ville qui prend l’eau.

Je reste comme ma fenêtre : ouvert en silence et paupieres closes.

Se vit alors la poésie tels ces cris mais, en ce monde d’absences nous dévorant, entends-tu ?

Manques


Tu ne me manques pas

Tel ces jours de raisons

Qui ont effacé tes mots

Qui faisaient échos

Simples et nus dans le vent

Partagés jusqu’en sourires

Et qui bâtissaient sur le monde.

Tu me manques

Tels ces jours de poésie

Qui inscrivaient le monde

En caresse lucide

Belle et pure sur les êtres

Pour offrande devenue

Prétentieuse et politique.

Vagues journées en journée vague


Tandis qu’elles sont prévisibles,

Chaque vague est imprévisible.

Seul sur l’océan loin des terres,

Le radeau, par tous les vents divers,

Vogue toujours vers l’horizon :

Celui des hommes en leur croyances,

Et le nôtre propre en mensonges,

Délaissant le silence essentiel.

Parler au souffle en langage

Appris du monde : fruits des canons

Lourds telle la raison sur l’amour

Fait du temps fuyant un voyage

Errant vers la seule et pauvre clarté.

De vagues journées en journée vague.

Ciel des nuits d’été


Nous avons cherché du regard notre espoir et nous avons vu un ciel qui semblait promettre la pluie sans jamais s’écrouler.

Nous étions plus fort ensemble en batissant sur les menaces qu’aujourd’hui en larmes de soleil et sourires sincères, en paroles de paix et d’avenir en mots d’interdits que l’on croit en perfection tandis que nos batis ne s’élèvent qu’avec l’effet de l’abandon vers le ciel des nuits d’été qui reste le seul à parler vrai.

Danse !


Danse ! Pose tes chaussures rouges et danse le blues.

Je suis mort aujourd’hui, c’était un autre jour et le temps gagné se grave encore en temps perdu. Je vois la lumière j’entends le bruit sans autre caresse que celle des saisons aussi lourdes que ma stèle et qui se succèdent sur mes épaules. Je suis mort aujourd’hui, c’était un autre jour, et il se peut que tu t’en souviennes. La nuit s’est posée en écho, celui qu’on suggère à la joie avant de se taire.

Danse ! Pose tes chaussures rouges et danse le blues.

La vérité se dit d’abord en faits et non en mots choisis. Un jour la mort m’offrira mon désir, un jour je serai mort d’être jeune.

Danse ! Pose tes chaussures rouges et danse le blues.

Réécriture illisible


Comme le temps, écrire par – dessus mes poèmes d’amour

Pour filtrer les couleurs de sa lumière,

Et dire en religion que l’invisible n’est pas

Tout en habillant de transparence le fantôme

Qui s’envole des pages qu’on ouvre

En seul mouvement désormais bâillonné,

Devenu information d’ignorances d’ombres.

Elles offrent une perle sur l’écho des sourires

Et sur l’actuelle moquerie du vent,

En musique agrippant le spectre effilé des vers

Qui n’a plus pour réalité illisible

Que l’illusion d’un poème écrit par-dessus mes poèmes d’amour.