Poussières de nuances


Poussières de pas que les herbes semblent tenir en équilibre bombé se faisant crête sèche et étirée vers l’horizon et simple comme un regard couché vers l’été qui s’envole avec les chants cachés comme résonances de voûtes d’écorces et d’aiguilles qui font du chemin son arrivée de quiétude.

Sur l’évidence, j’avance avec le doute des nuances pour caresse de vie par ta main en brise juste essentiellement apaisante de l’ardeur et du temps.

Careful with that axe…


De la colère sourde s’échappe un rien laissant un tout s’accumuler jusqu’à saturation de l’entonnoir de nos pleurs qui se font cris en force de hache.

Fruit de la brûlure d’un soleil qui frappe le déserté de l’eau jusqu’à la pluie retardataire de soulagements que trop partiellement efficaces, la colère, parfois, voudrait s’échapper pour tendre la main à la tristesse, pareille à un corbeau qui tourne inlassablement autour d’un cyprès sur lequel il ne peut y poser que son regard, en satisfait criard par son chant déjà imprégné de l’abus, sous l’astre du jour en réverbération d’ennui lié à nos échecs éternels.

Le cri tente alors de couper l’immortel revêtu de la lumière en implorations de douleurs tranchantes.

S’en suit du désordre inutile, en guise de pluie salvatrice, les larmes qui ne sèchent jamais et qui s’écoulent comme mirages de rivière en désert.

Inspiré par Careful with that axe Eugene des Pink Floyd

Promesses déchues


A l’inverse des étoiles, les rêves n’ont pas d’âge car ils s’évaporent en secret d’absence.

Quand la lumière écrase la lueur qui resurgira immuablement à la brune de silence telle que paire et impaire de balancier d’horloge, l’espoir se soumet à la chaleur étouffante. Expression du temps qui se promène en roi éphémère du zénith et qui se lit en ombre.

Puisque antagonistes, mon aurore sera ton crépuscule.

Dans mon regard, l’horizon est tel que le filet céleste du pêcheur de l’espoir d’un ailleurs. Mon salut est bien alors ton piège.

Accroché à l’inexistence d’un temps voulu, serment détrôné tu passes révolu pareil à ses phares d’inconnus qui ne savent pas, en rivalité écrasée sur le retour de leur secret et par eux-mêmes aveuglés, assourdis par le ronronnement et chuintant en lame de vent, la plénitude scintillante de la nuit ainsi éteinte et troublée.

Il reste pour ces déçus de promesses déchues (à la vie, à la mort) à briller encore en songes mort-nés et à nouveau en jeunes espoirs.

Ca vous changera (mais éphémère…)


Que peut – on reprocher à une jeunesse persuadée de son potentiel ? Pas même son arrogance ? Son espoir déjà vain ? Nous avons été, depuis plusieurs générations, les mêmes prétendant à la différence. La sensibilité était notre, alors que nous étions les aveugles d’un maigre dollar.

La lecture du monde s’est rangée à la suffisance, même dans les bonnes volontés. L’électricité, et la magie qu’il est capable d’opérer tel sang d’un organisme, endort chacun dans sa simple bonne conscience juste facile. Et la facilité se fait symbole rassurant à la place des symboles. Le sang ne suffit pas : il n’est qu’outil.

Chacun se morfond de ne pas être depuis qu’avoir supplante être. Mais la nature humaine est. Même écrasée quelques vieux réflexes, que certains ont juste en sensiblerie beaucoup en design et en marketing passif, sans même se rendre compte qu’ils sont déjà dans des codes poétiques avalisés, et enfin, plus rares, quelques-uns en merveilles, apparaissent. La facilité, l’arrogance, la suffisance en guise de force brillante par une majorité donne une raison minable (même la majorité n’a pas forcément raison, elle n’est reconnue que comme légitime) mais robuste à l’endormissement d’un monde sur trois ou quatre notes au mieux, d’une mélodie de deux minutes quarante trois. Juste vivre parce que c’est agréable sans jamais aller loin avec l’effort. La pensée se fait alors jugement tandis que le langage se réduit à n’être qu’un moyen. Seuls quelques mots, les sujets abordés, nous donnent l’impression de ne pas faire des discours de comptoirs que l’on jette pourtant avec la certitude d’un néant risible.

La jeunesse m’interpelle. Les autres aussi je vous rassure mais la jeunesse est en devenir, elle ! Et donc le risque est d’autant plus insupportable. Sans globaliser, je n’entre pas dans le jeu du jugement rapide et trop facile (à tout jugement il faut un dossier à charge et un dossier à décharge pour ne pas être méprisé de préjugé), je lui souhaite d’être et de ne jamais se suffire à la terreur de l’incompréhension et pas même à la simple tolérance (compréhension diplomatique) à tout va. Il m’a fallut des années, nombreuses, pour comprendre les limites. Je sais pourtant depuis longtemps que le jugement sur ce qui nous est étranger est la fin de soi. Mais savoir ne suffit pas. Il faut être. L’émotion est trop vaste pour la prétention d’un seul et trop isolé savoir au même titre que posséder n’est pas être, que l’électricité ne nous fait pas, pareil au rouge des joues. Jeunesse, espère mais je t’en prie, lâche l’arrogance même bien fondée, s’il en est une qui soit ainsi, pour ne pas être trop tôt un vieux con en devenir, juste et justement pour être et accepte ce que tu es pour devenir l’individu que nous n’avons pas réussi à faire de toi malgré nous. J’ai perdu l’âge d’être naïf et je sais bien que nombre de jeunes même prometteurs se limiteront par conformisme et simple confort. Mais je garde espoir. Alors jeunesse, fonde ta parole et ouvre la à ce que tu ne sais pas. Demande… L’humilité n’empêche pas la fierté particulièrement bien fondée et quand tu sais, parle bien…

Un pardon bleu pour une espérance verte


La colère est la fille de la peur. Ne l’épouse pas, dragon faiseur de brouillard de cendres ! Tu sais que ta brûlure ne purifie rien.

Calme l’ardeur de ton expression fumante, deviens ta prière, deviens ton poème pareil à la pluie qui noie les larmes de tes excès.

Déployant tes ailes, dragon de rêve aux yeux d’étoiles, comme se déploient les heures tardives qui se veulent l’interdit de l’abus des ombres, fais-toi le poète des herbes des yeux d’éternité encore verte pour partager l’amour sur le tapis recevant l’ardeur de tes nuances.

Les distances aux travers des regards partagés sur la lune feront de toi son secret brûlant.

A ta nymphe telle faste émeraude, tes espoirs offerts ne seront pas que tes souvenirs s’écoulant à l’encre brune puisqu’ils se couchent sur le printemps, troublant le temps, en bonheur vert et bleu.

voir Le poème de Margot : http://ailleurssijysuis.wordpress.com/2013/09/07/bleu-cosmique/

et : https://borissentenac.wordpress.com/2013/08/28/598/

Etonnement du devenir


Il semble que le chêne passe les saisons passif et patient.

De tige à meuble on ne le soupçonne de rien comme l’invisible qu’il caresse.

On est souvent trompé par le mensonge des cyprès tels gardiens des morts comme l’ennui dans les carrés murés de ce qui n’est pas mais qui sera. Alors, parfois et par hasard, on s’étonne de l’hiver ou du printemps en aussi peu de temps qu’il faut pour oublier un rêve.

Pour chacun pourtant, pour devenir, le futur ne doit jamais s’endormir patiemment sur le lit du présent.