L’infini s’écoule


Les quelques gravas de saisons oubliées par les temps qui courent me rappellent à la mémoire l’odeur de la pluie furtive dont on s’étonne qu’elle fût et presque sans qu’on ne s’en aperçut.

Il me semble qu’elle est telle ma mémoire vaporeuse en langage étouffé qui déchire le vertige du fossé de la ride.

Et me voilà bavard pour saisir le temps en sens tandis que la lumière sans rien dire continue son voyage.

Je la sais aller loin au-dessus de l’océan qui compte, par chacune de ses vagues et en autant de réminiscences issues de mon odyssée, le temps infini qui pourtant s’écoule.

Du voyage


Comme ta poésie, tes jambes étaient les lattes du pont de mon repos qui, avec l’horizon pour cap, caressait les vagues sous les espoirs des jours.

Comme ma poésie, il reste de cette épopée notre radeau pour berceau sous le bleu à la paupière endormie en son silence du mystère de la nuit.

Comme notre poésie, la terre non promise, ancrage de mon répit avec, pour accueillir le nôtre, son lit de sable pour vestige, s’offre en surprise des jours et des nuits.

Une étoile prend jour


Quand s’endort la patience,

Les rires de la lumière se retiennent

En méfiance au sourire cristallisé

Qu’en paroles de fenêtre offre l’hiver.

Au soir avancé toujours en silence

Telle une larme qui aurait oublié

D’apparaître en éclat par l’encre d’un poème

Une étoile prend jour.

Quiétude griffonée


Avec le souffle pour clocher des messes des rêves et trace de ma conscience, sur ton visage gardien de ses phrases de silence pour secrets des jours, à peine ponctués de mots d’un reel inaudible, en ces heures de quietude, tu m’as offert ton sommeil griffoné comme une rature sur un poème.

Secret de lumière


Tel l’espoir absolu

Qui crierait sa mort

En sommeil de rêve noir,

Tel un songe suprême

Qui tairait sa vie

En rêve de sommeil blanc,

Le poème s’écrit

A l’encre des secrets

Confiés par la lumière.

Elancement de prières


Le vent emporte les fantômes

Dont on entend les prières

Accrochées aux branches des arbres.

Ils abandonnent leurs larmes à la terre

Pour devenir tels nuages de mémoires

Qui offriront toutes leurs eaux

Pour abreuver à satiété

L’avenir qui cherche les étoiles