De l’absence au retour


Sur toutes les hautes façades, les fenêtres ont désormais un reflet de nuit, depuis que tu es partie.
Les rues n’ont plus de sens, elles ne sont pas dans ta direction.
Le ciel s’endort en sieste confiant sa lumière au manque, projetée sur les trottoirs écrasés par ton absence.

L’automne s’effondre pour rien, en flamme dans la brise glaciale qui cherche ton regard pour l’illuminer.
Mon sommeil se charge de fatigue à devoir occuper toute la place comme en journée le pavé s’est minéralisé.

Puis, voici le jour de ton retour, celui que chante encore le merle qui n’a, de son bec, que faire de la nuit qu’il porte.
Les rues s’éveillent et sont rapides, s’offrant à gauche, s’étirant tout droit chantant à droite.
L’automne, par sa brise siffle en faisant danser en notes légères les feuilles dans leur dernier salut.
Notre sommeil se charge de nos espoirs en chacun de nos rêves partagés sur la couche comme en journée sur les pavés qui poussent nos pieds.

Les bonnes raisons de l’absence ne sont égales qu’aux nouvelles du monde que l’on a et ne font pas l’essentiel de la présence que nous sommes.

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Sourires de saisons


Le printemps ne fait jamais que sourire.
En fin d’automne, les branches écrivent
Sur les pages blanches de tous les jours,
A l’encre de pluie, les doux souvenirs
De leurs nombreuses heures lumineuses.
Pour se coiffer d’ombres reposantes,
Les si longs doigts tenaient alors jadis,
Leurs lectures de la lumière, que la brise
Semblait croire ponctuer en caresses,
Déniant l’horloge des jours et des nuits.
Ainsi l’avertissement sur l’ultime
Ne se démontre que trop froidement
Qu’à la saison qui découvre le tronc,
Ridé et planté dans l’idée du temps,
Sans jamais un sourire pour nos enfants.

 D’inspirations en expiration


Le vent se réveille et se presse comme s’il avait dormi trop longtemps, écrasé par la chaleur de l’été. Il s’engouffre dans les rues et prend son élan pour rejoindre l’océan. Les arbres tentent de le retenir mais leurs feuilles fatiguées sont arrachées par son souffle vigoureux.

La peur le pousse. Il tire la pluie qu’il fuit, ce rideau qui le dévore en s’écrasant sur l’automne qui traine sur les trottoirs. Le vent reviendra, il reprendra la rue, toujours aussi pressé, en hurlant sur les contrevents ses voyages avec son langage en voyelles soufflées. L’hiver effacera les derniers souvenirs des arbres qui, comme sur nos tombes, n’ont rien d’éternel.

D’inspirations en expiration, de sommeil en rêves éveillés, à l’intérieur des rues comme à l’extérieur du regard de nos fenêtres closes, l’oubli fait partie des saisons qui se répètent. On sait ce que l’on oublie, on retient ce que l’on ressent.

The Wild Law


Il y a deux ans environs, je vous avais présenté sur mon blog le groupe Toulousain : The Wild Law.

Ils sont de retour avec un nouvel opus totalement différent du premier. A découvrir en cliquant ci – dessous. Bonne écoute. 

Écouter Urban Loneliness par Art Melodies #np sur #SoundCloud

De notre amie


A Céline,

 

Terrasse engourdie, place de la Sorbonne, de la vigne de la nuit, il reste un jus chaud dont l’univers de tasse blanche montre ses galaxies de mousse et de bulles comme autant de regards différents se liant.

Soudain, venant de loin, la brise me salue d’une caresse mesurée. La solitude par ses mots de silence, prend la parole du souvenir de ses sourires anisés des chaleureux crépuscules de Marseille d’où vient peut – être ce souffle.

L’instant solitaire de la distance n’est pas lame à couper la corde de l’horizon, il a l’âme du lien. Le bonheur n’a que les conditions qu’on lui donne.

Gravité de l’amour emporté au loin, il nous reste, à nous trois, la gravité de notre amitié gardée. Elles continuent de tournoyer à deux pour une et à une pour nous. Ma cuillère a fait taire la solitude furtive des heures obligées de la journée qui s’est noyée dans mon café avant de l’avoir bu. Il s’écoule maintenant, chargé de tous les instants sur l’univers de ma page blanche en mon poème.